RDC : "pas de solution militaire" contre le M23 (Conseil de sécurité de l'ONU)

Report
from Agence France-Presse
Published on 05 Oct 2013

10/05/2013 20:51 GMT

KINSHASA, 5 octobre 2013 (AFP) - La crise provoquée par l'irruption de la rébellion du M23 dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) n'a "pas de solution militaire" et ne sera surmontée que par voie "politique", a estimé samedi le Conseil de sécurité de l'ONU lors d'une visite à Kinshasa.

"Il n'y a pas de solution autre que politique pour sortir de cette situation", a déclaré à la presse au nom de cet organe des Nations unies le représentant permanent adjoint de la France à l'ONU, Alexis Lamek, à l'occasion de la visite d'une délégation des quinze pays du Conseil dans la région des Grands Lacs.

"Il n'y a pas de solution militaire", a insisté le représentant permanent du Maroc à l'ONU, Mohammed Loulichki, parlant lui aussi au nom du Conseil.

"Il y a indéniablement une dynamique de paix en RDC et dans la région", a ajouté M. Loulichki, "nous n'avons pas le droit de rater cette opportunité".

Les deux diplomates ont fait référence aux négociations de Kampala (Ouganda) qui ont repris en septembre entre Kinshasa et le Mouvement du 23 Mars (M23) mais qui sont au point mort.

Un des principaux négociateurs pour le gouvernement congolais, François Muamba, avait indiqué mercredi à l'AFP que ces négociation butaient sur trois points : l'amnistie et l'intégration dans l'armée nationale des rebelles responsables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de violations graves des droits de l'homme, et le "devenir politique" des dirigeants du M23.

Les autorités congolaises ont publié fin septembre une liste d'environ 70 noms, parmi lesquels figurent les principaux dirigeants du M23, qui ne pourront être ni amnistiés ni intégrés dans l'armée dans le cadre d'un accord de paix et répètent qu'elles ne transigeront pas sur ce point.

"Il y a des questions sur lesquelles il est difficile de transiger", a reconnu M. Lamek.

L'armée congolaise combat le M23 depuis mai 2012 au Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda. L'ONU accuse régulièrement ces deux pays de soutenir la rébellion, ce que Kigali et Kampala ont toujours démenti.

Le M23 (Mouvement du 23 Mars) est né de la mutinerie d'anciens rebelles -essentiellement tutsi - qui avaient été réintégrés dans l'armée.

Après avoir rencontré samedi le président de la RDC, Joseph Kabila, et plusieurs membres du gouvernement, la délégation du Conseil de sécurité doit se rendre dimanche soir au Rwanda, et lundi en Ouganda.

mj/jeb

© 1994-2013 Agence France-Presse

Agence France-Presse:

©AFP: The information provided in this product is for personal use only. None of it may be reproduced in any form whatsoever without the express permission of Agence France-Presse.