RDC : Lutter contre la faim et développer l’économie locale avec les bons d’achat alimentaire

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from World Food Programme
Published on 19 Jun 2013 View Original

D’un côté, des milliers de déplacés isolés au fin fond du Maniema sans aucun moyen d’assurer leur subsistance. De l’autre, des organisations de producteurs et de commerçants qui n’arrivent pas à écouler leur production. Grâce aux bons d’achat alimentaire du PAM, et au soutien financier du Département britannique pour le développement international (DFID), les premiers ont pu être ravitaillés et les seconds ont pu enfin écouler leurs marchandises.

par Djaounsede Pardon

KAMPENE- Quinze tonnes de riz vendues en une journée! Jamais le pasteur Atibu, 55 ans, n’avait fait une si bonne affaire. Arrivé avec sa production à Kampene, en territoire de Pangi, ce producteur a vendu son stock sur le marché organisé depuis le 15 juin par le PAM et son partenaire CARITAS. Ses clients : des milliers de personnes déplacées qui grâce aux bons d’achat alimentaire peuvent faire leurs achats comme n’importe quel consommateur.

Pour la première fois, et malgré des contraintes logistiques énormes, le PAM a pu organiser cet échange entre bons d’achats et vivres dans la province enclavée du Maniema, qui accueille actuellement plus de 163 000 déplacés.

Chaque ménage, soit environ 10 000 déplacés, recevra des coupons alimentaires pendant deux mois, de quoi acheter environ 80 kilos de nourriture par mois sur les marchés organisés avec les commerçants venus de Kindu, le chef-lieu de province et de Kasongo.

Kasongo, le grenier du Maniema

Pasteur Atibu est vice-président de l’Action d’Appui à la Commercialisation des Produits Agricoles et à la Promotion de l’Elevage dans le Maniema (ACOPAPEM) et travaille avec les associations paysannes dans le territoire de Kasongo, à 230 km au sud-est de Kindu.

Jamais depuis qu’il a commencé à travailler avec les petits producteurs locaux il y a deux ans, le pasteur Atibu n’avait réalisé un tel chiffre d’affaire. «Sur les marchés ordinaires, nous vendons à peine cinq sacs de 100 kg de riz par jour», explique-t-il.

Au cours de la saison agricole 2012, l’ACOPAPEM avait récolté plus de 200 tonnes de riz à Kasongo avec le soutien financier et technique de la Food and Agriculture Organisation des Nations Unies (FAO) et du Fonds international de développement agricole (FIDA). Mais les paysans ont vite déchanté. «Seuls quelques commerçants véreux venaient de Kindu avec une étoffe ou une casserole qu’ils échangeaient contre un cabri ou un sac de 100 kg de riz», se souvient Pasteur Atibu.

«Ce genre d’opportunité nous permet de survivre et de redonner au territoire de Kasongo sa vraie identité, celle de grenier agricole du Maniema», estime Pasteur Atibu. Pour cette foire de Kampene, son association a mis sur le marché 60 tonnes de riz et plus de 1000 litres d’huile de palme.

Adresser l’insécurité alimentaire chronique

Les routes sont défoncées et les moyens de transport rudimentaires sont un réel problème : Kampene est à seulement 150 km de Kindu mais il faut jusqu’à sept heures pour relier les deux localités.

En dépit de son énorme potentiel agricole, la province du Maniema fait face à un problème d’insécurité alimentaire chronique, et 42% des ménages de cette province ne sont pas en mesure de se procurer de la nourriture en qualité et en quantité suffisante pour leur consommation.

Pour faire face au problème d’insécurité alimentaire, le PAM nourrit, dans toute la province, plus de 150 000 personnes vulnérables à travers ses programmes de distributions générales de vivres, de nutrition, d’alimentation scolaire, de vivres pour le travail ou vivres pour la formation.