R.D. Congo – Nord-Kivu : Note d’informations humanitaires no 23 du 09 décembre 2016

Faits saillants

  • Escalade de violences dans le sud du Lubero : 32 personnes tuées, 11 portées disparues et 15 autres blessées lors de l’attaque d’un site de déplacés à Luhanga par le groupe armé Mai-Mai Mazembe

  • 10 écoles fermées à cause de l’insécurité dans le Territoire de Beni : quelque 1 600 écoliers affectés

  • Besoin d’assistance pour plus de 45 000 personnes déplacées dans le Territoire du Lubero

  • Réduction du financement d’ECHO pour la région des Grands Lacs

Aperçu de la situation

Depuis plusieurs mois, la Province du NordKivu connaît une montée des tensions et des violences intercommunautaires. Ce climat d’insécurité engendre des déplacements (préventifs) de populations dans les territoires de Beni, Lubero et Rutshuru. On observe aussi la formation d’alliances entre différents groupes armés sur la base de considérations ethniques et/ou politiques.

Le 27 novembre, 32 personnes ont été tuées, 11 portées disparues et 15 autres blessées lors de l’attaque du site de déplacés de Luhanga par un groupe se revendiquant d’appartenir aux Mai-Mai Mazembe. Plus de 1 000 ménages habitaient ce nouveau site, créé le 21 novembre après l’arrivée de déplacés (majorité Hutus) en provenance de Kyuto, Butalika, Busekera, Mwavinya et Kalevya. Suite à cette situation, 200 ménages du site se sont réfugiés à côté de la base de la MONUSCO située à 2 km du site de Luhanga. Selon une mission du gouvernement provincial à Kanyabayonga, localité limitrophe avec le Territoire du Rutshuru, environ 2 500 personnes se sont dirigées vers Kanyabayonga. D’autres ont poursuivi leur route et sont désormais signalés à Rutshuru, selon l’Administrateur du Territoire.

Selon la MONUSCO, environ 200 ménages déplacés Hutu, qui avaient trouvé refuge à côté de la base de la MONUSCO à Luhanga, se sont réinstallés à Luhanga centre. Par ailleurs, les casques bleus de la MONUSCO se sont installés sur la colline surplombant Luhanga pour assurer la protection des habitants. Le 1er décembre, environ 200 familles déplacées en provenance de Kanyabayonga sont retournées à Luhanga après des séances de sensibilisation menées par les membres du Barza intercommunautaire du Nord-Kivu. D’autres familles sont restées à Kanyabayonga ou ont continué leur route vers Rutshuru ou d’autres destinations. Sur les 200 familles retournées à Luhanga, des observateurs indiquent que certaines sont rentrées sous pression des autorités. Une mission du Cluster Protection est attendue dans la zone pour une évaluation de la situation de protection, dès que la sécurité sera suffisante pour permettre l’accès aux acteurs humanitaires. Il est possible qu’une mission multisectorielle inter-organisations, soit organisée pour identifier les besoins des déplacés.

Dans la zone de Vurondo (sud-ouest de Beni), l’ONG Norwegian Refugee Council (NRC) rapporte la fermeture de 10 écoles suite à l’insécurité qui caractérise cette zone suite à l’attaque d’un groupe Mai-Mai survenue le 24 novembre. L’éducation de 1 600 écoliers –particulièrement leurs examens du 1er trimestre prévus cette semaine– risque d’être affectée si des mesures de protection ne sont pas prises.

A Goma, le Plan de mise en œuvre humanitaire (HIP) d’ECHO pour 2017 a été présenté lors d’une réunion organisée dans le bureau d’OCHA. Ce plan présente un montant de 35 millions d’euros pour le financement des activités humanitaires dans la région des Grands Lacs (RD Congo, Rwanda, Burundi et autres pays). Comparativement au plan 2016, ce montant représente une réduction de presque 50% du financement alloué par ECHO. La communauté humanitaire du Nord-Kivu reste préoccupée par cette réduction de financement dans cette province fragilisée par une crise qui nécessite plus de ressources financières. De même, le contexte politique incertain risque d’engendrer plus de besoins humanitaires en 2017.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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