RD Congo : Bulletin d'informations No. 01, Mars 2008

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 31 Mar 2008 View Original
Brèves

Rapatriement des réfugiés congolais

- Depuis le début de cette année, le HCR a organisé le rapatriement de réfugiés Congolais. Les retours ont essentiellement eu lieu dans la province de l'Equateur et au Sud Kivu.

- Le numéro des personnes déplaces a augmente de 60,000 additionnelle. Des affrontements du fin de la semaine du 19 Avril entre FARDC et FDLR a cause un deplacement de 1,700 personnes in Rutshuru, Nord Kivu.

- Sur invitation du gouvernement de la Rep. Dem. du Congo, il s'est tenue a Lumumbashi du 25 au 17 avril, la 4eme réunion de la Commission Tripartite en vue du rapatriement volontaire des réfugies congolais vivant en Zambie. La reprise de l'opération a été convenue pour le 2 mai, avec un objectif de rapatries pour la fin de l'année 19,336 personnes

- En RDC, plusieurs cas d'abus contre les déplacées sont regulierement rapportés, dont les violence physiques, les enlèvements, l'esclavage sexuel, la mutilation et le viol. Les statistiques du Fond de l'ONU pour la Population montrent que 3,060 cas de violence sexuelle, principalement contre les femmes, ont été rapportes au Nord Kivu en 2007 et 515 dans la province du Sud Kivu

Un retour et une reintegration durable

GOMA, République démocratique du Congo, 25 mars (UNHCR) - Il y a un an et demi, des soldats rebelles ont attaqué et pillé le petit village très peuplé de Ngungu, faisant fuir hommes, femmes et enfants. L'école du village, sa pharmacie, un centre de santé et des maisons en torchis ont été pillés, les cadres de portes et de fenêtres arrachés.

Une habitante de Ngungu effrayée, Rose Tchaba, se rappelle de ce pillage de la fin de 2006. Employée de pharmacie à l'époque, elle explique que Ngungu était un des premiers villages à tomber dans les mains du général rebelle Laurant Nkunda lors des affrontements ethniques dans la province du Nord Kivu en République démocratique du Congo (RDC), ravagée par la guerre. Vidé de ses habitants, le village de Ngungu présente la même image de destruction que d'autres villages ayant subi des attaques de rebelles.

« Je veux rentrer chez moi » dit Rose, qui est âgée de 30 ans, « mais les rebelles doivent partir d'abord ». Veuve, Rose a fui en décembre 2006, et fait partie des déplacés ayant trouvé refuge à Mugunga. Kataya Katire (61 ans) qui a fui les hostilités en novembre 2006, se fait l'écho des craintes de Rose. Rentré depuis à peine un mois, Kataya a du s'enfuir de nouveau en mars 2007. Cet homme âgé a donc juré qu'il ne retournera plus jamais à Ngungu.

Cependant, ces derniers temps, les turbulences ayant caractérisé cette province ravagée par la guerre semblent céder la place à la stabilité politique. Pendant les trois derniers mois, la province était remarquablement calme, un changement apprécié par les personnes déplacées internes (PDI) vivant dans des sites assistés.

Mais la paix reste toujours un rêve distant, car malgré l'accord formel de cessez-le-feu, des extorsions, violences sexuelles, pillages, enlèvements, travaux forcés, meurtres et - d'après certaines allégations - même des massacres continuent à être commis par des éléments armés, parmi lesquels certains signataires de l'accord de Goma. Seize mois après son départ forcé du village, Rose est préoccupée à l'idée de trouver sa maison et ses terres vendues ou occupées. Elle est consciente que, même si les fusils se sont tus à Ngungu, les groupes armés n'ont pas répondu à l'appel de se rendre.

Les causes du conflit résident dans un amalgame de divisions ethniques historiques, d'anciens conflits fonciers, de pillages de ressources naturelles, et de groupes armés illégaux créant l'insécurité. Ainsi, les populations ont été enfermées dans un cycle de violences depuis 1993. Entre temps, le Gouvernement de la RDC, les agences humanitaires et les pays donateurs s'efforcent de fournir de l'assistance tout en cherchant à faire cesser la guerre.