R.D. Congo – Bas-Uele, Haut-Uele, Ituri & Tshopo : Note d’informations humanitaires no 2 (15/2/2017)

Faits saillants

  • 2 600 personnes sinistrées de Ngilima en attente d’assistance, trois semaines après la tempête.

  • La région du Sud Irumu toujours en urgence alimentaire.

  • 60 000 déplacés signalés entre novembre 2016 et janvier 2017 dans les régions du Sud Irumu et de Mambasa.

Aperçu de la situation

Plus de trois semaines après une tempête qui a détruit leurs habitations dans la localité de Ngilima (45 km au nordouest de Dungu) dans la Province du Haut-Uele, 2 600 personnes n’ont toujours bénéficié d’aucune assistance humanitaire, selon Caritas Dungu. Cette organisation humanitaire ne possède que de l’aide pouvant servir 250 personnes ; les autorités locales ne disposent d’aucune capacité pour répondre à cette catastrophe naturelle. Ces personnes sinistrées bénéficient pour le moment de la solidarité communautaire. Elles vivent toutes dans les familles d’accueil, qui elles-mêmes vivent déjà dans la précarité. Selon Caritas, ces ménages sinistrés ont besoin, entre autres, d’abris d’urgence, de matériels scolaires et la réhabilitation des écoles et de produits pharmaceutiques. Aucune organisation humanitaire n'est présente dans la localité de Ngilima, à l'exception de quelques organisations, partenaires du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui sont dans la région de Doruma à la frontière avec le Soudan du Sud pour la prise en charge des réfugiés sud soudanais. Le désengagement des organisations humanitaires du Haut-Uele remonte à 2013.

Près de 60 000 personnes déplacées internes sont présentes sur les axes Irumu – Komanda – Luna, Tchabi – Bwakadi (Territoire d’Irumu) et Biakato – Bela – Makeke (Territoire de Mambasa) depuis novembre 2016, selon une équipe de mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP). L’insécurité causée par des miliciens de Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) et surtout la crise d’ADF dans la Province du NordKivu sont à l’origine de cette récente vague de déplacement. Le RRMP est en train d’organiser une assistance en Eau, hygiène et assainissement (EHA) et Articles ménagers essentiels(AME). De nombreux autres besoins restent encore à couvrir, notamment la sécurité alimentaire, l’éducation, les soins de santé. Plus de 80 000 personnes ont trouvé refuge en Ituri entre 2014 et octobre 2016 fuyant des exactions des éléments d’ADF dans le Nord-Kivu. Une assistance multisectorielle a été financée en novembre 2016 pour la prise en charge de ces PDI.

Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) a classé le Sud du Territoire d'Irumu (Province de l’Ituri), notamment les zones de santé de Boga (111 km au sud de Bunia) et Gety (60km au sud de Bunia) en Phase (4) d'urgence. Dans cette phase, même avec l’aide humanitaire, au moins un ménage sur cinq dans la zone a des déficits alimentaires extrêmes, ce qui résulte en une malnutrition aiguë très élevée ou une mortalité excessive. On peut aussi observer une perte extrême des avoirs relatifs aux moyens d’existence, ce qui entrainera des déficits de consommation alimentaire à court terme. Les résultats du 14ème Cycle de cet IPC incluent la période allant de juin 2016 à janvier 2017. La situation de sécurité alimentaire est restée identique à celle du cycle précédent, où plus de 150 000 personnes étaient affectées dans les zones susmentionnées, qui comptent un total de 272 178 habitants. L'insécurité chronique, les exactions, les opérations militaires, les déplacements forcés de population, ... sont les principaux facteurs à la base de cette insécurité alimentaire. De plus, ces deux zones de santé subissent la pression de personnes déplacées, notamment celles venues du Nord-Kivu. Des actions en urgence sont requises pour sauver des vies et éviter l'effondrement des moyens d'existence dans ces zones.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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