Rapport d'Evaluation multisectorielle Kasai et Kasai Central - Republique Democratique du Congo Meal Juin 2017

Report
from Handicap International, Action Contre la Faim France
Published on 30 Jun 2017

Vous trouverez ci-joint les rapports en français et anglais des trois évaluations multisectorielles réalisées dans trois territoires du grand Kasai en mai et juin 2017 : territoires de Tshikapa (Kasai), de Kazumba et de Luiza (Kasai Central). La méthodologie d’évaluation a été élaborée conjointement entre Action contre la Faim et Handicap International, et comprenait des enquêtes ménages, des groupes de discussion et des analyses de marché dans chacun des territoires enquêtés.

Voici les principales conclusions du rapport (en PJ) :

  • Malgré le conflit, les zones affectées restent accessibles à l’aide humanitaire :
    Dans les territoires enquêtés, une grande partie de la population habite en brousse. Les territoires de Kazumba et de Luiza sont les plus touchés parmi les trois territoires étudiés. Le territoire de Tshikapa n’est pas épargné : le territoire a reçu un grand nombre de populations déplacées qui ont trouvé refuge dans des familles d’accueil et des tensions intercommunautaires ont lieu dans de nombreuses zones. L’insécurité a empêché l’équipe d’évaluation d’aller dans deux zones de santé du territoire de Luiza. De nombreux affrontements causant des morts ont lieu entre milices, et entre milices et forces gouvernementales. Néanmoins, le déploiement d’activités humanitaires est possible, notamment dans les zones rurales. L’état des routes est globalement bon, les réseaux téléphoniques fonctionnent et surtout les zones de santé sont généralement accessibles.

  • Du fait des besoins massifs dans tous les secteurs évalués, le ciblage de la réponse humanitaire doit prioritairement se faire par zone.

Sachant que la quasi-totalité des populations est affectée, l’aide humanitaire doit se concentrer sur des zones (plus que des personnes) où les champs et les maisons ont été brûlés, où les récoltes n’ont pas eu lieu lors de la dernière saison ou n’auront pas lieu pour la prochaine. Par ailleurs, l’absence de marché fonctionnel, et l’inflation des prix (parfois jusqu’à 150% depuis le début de la crise) doit également servir de base au ciblage des zones d’intervention et sous-entend la distribution générale de rations alimentaires complètes. Enfin, des interventions d’envergure de réhabilitation d’infrastructures, d’assainissement, de prise en charge médicale et en nutrition sont urgentes.

  • Une grave crise alimentaire est à prévoir dans de nombreux territoires Les champs de nombreux ménages ont été brûlés, empêchant une récolte lors du premier semestre 2017. Dans un grand nombre d’aires de santé, les ménages n’ont actuellement plus accès à leurs champs, du fait de l’insécurité. Or, la période actuelle est la période des semis. Si ces semis ne prennent pas, une grande partie de la population risque de passer une année sans récolte. Il est par ailleurs à noter que les marchés de nombreuses zones de santé n’étant plus fonctionnel, il n’est pas possible pour les populations de subvenir eux-mêmes à leurs besoins.

L’ampleur des besoins mis en avant dans ce rapport témoignent de l’urgente nécessité d’intensifier d’urgence la réponse humanitaire dans le grand Kasai à travers des moyens opérationnels accrus.