Réponse aux violences basées sur le genre en situation humanitaire - République Démocratique du Congo (RDC)

Report
from UN Population Fund, Protection Cluster
Published on 09 Aug 2017 View Original

Au cours du 1er semestre 2017, 4763 cas de violences basées sur le genre ont été assistés dans les structures de prise en charge de la RDC, selon la base de données nationale. Avec 55% des cas, on note que c’est au Nord-Kivu que les incidents sont les plus rapportés. En effet, les acteurs de terrain qui contribuent au système national de collecte des données sont nombreux dans cette province. A cela, il faut ajouter les informations récoltées lors des évaluations du Sous-cluster sur les violences basées sur le genre (VBG) entre mai et juillet 2017 au Kasaï, Kasaï Central et Kasaï Oriental. Cette évaluation a pu répertorier 1429 cas assistés entre aout 2016 et juillet 2017 mais les données sont en cours d’intégration dans la base de données.

Le viol est le type d’incident le plus rapporté dans les points de prestation de service, avec 56% des cas. L’incidence très élevée des viols par rapport aux autres types des VBG est sûrement liée à la cartographie des intervenants qui compte nombreux acteurs médicaux mais aussi de la faible connaissance au sein des communautés sur les autres formes de VBG comme montré dans un étude inédite conduite en 2016 par l’UNFPA. Les agressions physiques et les violences psychologiques constituent les autres types les plus fréquents des incidents rapportés au cours de cette première partie de l’année.

Dans toutes les provinces, les femmes et les filles constituent la majorité des cas rapportés représentant plus de 96% de l’ensemble. Les adultes âgés de 18 à 60 ans ont été particulièrement touchés par les actes de violences avec 48% des cas. Les personnes de moins de 18 ans représentent aussi une proportion non négligeable, de 37%.

Les auteurs demeurent en quasi-totalité les hommes de toutes catégories sociales et ayant des liens très variés avec les survivants. Les civils, y compris des personnes de l’entourage proche des survivants, continuent à constituer le groupe le plus important des auteurs présumés de violences. Cependant, Les hommes en arme, y compris des membres des forces armées, police et milices, sont indiqués comme auteurs présumées des 15% des incidents VBG, en particulier dans les zones des combats où instables par rapport à la situation sécuritaire.

En analysant la prestation des services offerts à ces survivants, l’on note que 77% des survivants ont reçu une prise en charge psychosociale, 47 % une prise en charge médicale, 20 % ont bénéficié de l’accompagnement juridique et judiciaire et 2 % d’aide à la réinsertion. La prise en charge ainsi paraît loin d’être suffisamment holistique car, en dépit d’une amélioration par rapport au semestre précédent, 23 % des survivants n’ont pas reçu un accompagnement psychosocial, alors que c’est cela qui assure l’aspect holistique de la gestion des cas. A noter aussi que la performance de chaque secteur varie. Par rapport au dernier semestre de 2016, la performance du volet psychosocial s’est amélioré, celle du volet médical reste stationnaire, celle du volet juridique et judiciaire bénéficie d’une légère amélioration et celle de la réinsertion continue à diminuer, surement en raison de la diminution des intervenants relevant de ce secteur. A noter que les services offerts dans les différentes provinces reflètent leur disponibilité. Finalement, en analysant les activités de prévention répertoriées, on constate qu’elles sont plus nombreuses sur trois types d’action : la prévention communautaire, la mise à disposition des espaces sécurisants et l’autonomisation de la femme.