République Démocratique du Congo - Analyse globale de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité

Report
from World Food Programme
Published on 20 Mar 2008 View Original
Résumé

La République Démocratique du Congo (RDC) est situé au coeur de l'Afrique où elle figure parmi les géants du continent, avec une superficie de 2,345,000 Km², soit 4 fois la France. Ce pays continent s'étend de l'océan Atlantique au plateau de l'est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo. Le nord du pays est un des plus grands domaines de forêt équatoriale au monde, l'est du pays borde le grand rift est-africain, domaine des montagnes, des collines, des grands lacs mais aussi des volcans. Le sud et le centre, domaine des savanes arborées, forment un haut plateau riche en minerai. À l'extrême ouest, une quarantaine de kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve Congo s'étale une côte sur l'océan Atlantique.

Sa population et sa densité démographique sont estimées respectivement à environ 65,256,000 habitants et 26 hab/km². Il faut noter que le dernier recensement général de la population de la RDC date de 1984.

La RDC possède un important potentiel de ressources naturelles et minérales. Son économie est fortement tournée vers l'exportation des produits miniers (diamant, or, cuivre, coltan, bauxite, fer, manganèse, charbon, pétrole, gaz méthane, schistes bitumeux, cobalt, ...). Aucune industrie de pointe n'a été développée. L'agriculture reste la principale activité en milieu rural, mais souffre d'un manque total de mécanisation. Les principales ressources agricoles sont les cultures céréalières, les tubercules, le café, le bois et le caoutchouc. Le tourisme a été freiné par les guerres civiles. Les voies de communication sont presque inexistantes.

Enfin signalons que la RDC est classée parmi les Pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) et Pays les moins avancés (PMA). Le Rapport sur le développement humain 2007 du PNUD classe la RDC 168ème sur 177. Le PIB était de 119 $ US en 2005 ; la proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté est estimée à 70% dont 52% extrêmement pauvre.

Le manque d'informations sur la situation socio-économique des populations en zone rurale en RDC et le manque de connaissance de leur situation alimentaire rend difficile une intervention humanitaire visant à améliorer celle-ci. Afin de combler cette lacune, le PAM, en collaboration avec l'Institut National de la Statistique (INS) a organisé une évaluation globale de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité par le biais de la collecte de données primaires. Les données primaires acquises ont permis une meilleure évaluation de la situation alimentaire des personnes en milieu rural.

Les résultats de l'enquête révèlent qu'en moyenne 6% des ménages ont une consommation alimentaire pauvre. La majorité d'entre eux est localisé dans le Katanga (11%), et le Sud Kivu (12%). Ces ménages constituent en quelque sorte le socle de l'insécurité alimentaire. D'autres provinces affichent des taux supérieurs ou égaux à la moyenne: Le Bandundu et Nord Kivu 6%, le Kasai Oriental et le Bas Congo 7%. Les ménages ayant une consommation alimentaire limite représentent 30% de l'échantillon. Ils sont très représentatifs dans l'Est du pays : 52% dans le Maniema, 35% dans le Katanga, 33% dans le Sud Kivu, 31% dans le Nord Kivu et enfin 32% dans la province Orientale. Ces ménages sont vulnérables à des périodes données de l'année, au cours de laquelle des chocs endogènes ou exogènes peuvent affecter leur capacité à s'approvisionner en denrées alimentaires.

La prévalence de la malnutrition aiguë globale est de 11% variant de 7.5% dans la province orientale à 17.6% dans le Katanga, tandis que la malnutrition aiguë sévère est de 4% variant entre 1.7% dans le Kasai Oriental à 6.7% dans le Katanga. Comparée à l'EDS (Enquête sur la Démographie et la Santé) RDC 2007, les taux de malnutrition aiguë sévère sont pratiquement les mêmes sauf dans les deux Kasai où ceux de l'EDS sont largement supérieurs (3.7% contre 5.5% dans le Kasai Occidental et 1.7% contre 7.5% dans le Kasai Oriental).

L'agriculture est l'activité principale de 92.6% des ménages ruraux (cela varie de 83.3% dans le Sud- Kivu à 97,1% dans le Bas Congo) et contribue à hauteur de 64.4% dans la consommation alimentaire des ménages dans le monde rural. La pêche constitue la seconde activité, suivi du commerce de produit agricole, du petit commerce et enfin de l'artisanat et du travail journalier.

Si l'on examine la structure des dépenses pour chacun des groupes de consommation alimentaire, certaines différences clés sont observées. Les ménages ayant la consommation la plus pauvre ont généralement les dépenses en espèces par habitant les plus faibles. Les ménages avec une meilleure consommation ont tendance à avoir des dépenses en espèces par habitant plus élevées, ainsi qu'un plus grand pourcentage de dépenses alimentaires pour les aliments plus riches en protéines et plus chers tel que la viande ou le poisson.

Dans les zones enquêtées, les taux de scolarisation étaient plus faibles chez les enfants de 6-11 ans (61%) que pour ceux de 12-17 ans (76%). Ce taux augmente à mesure que l'âge augmente, et atteint un maximum parmi les enfants de 11 à 14 ans. "Le Manque d'argent pour les frais scolaires" est la principale raison empêchant les enfants d'aller à l'école (58% des enfants non scolarisés ou déscolarisés de 6 à 17 ans). Près de 10% sont cependant privés d'école en raison d'un manque d'intérêt pour l'éducation de la part des parents.

Les résultats de cette étude montrent que, malgré les différences dans les niveaux d'insécurité alimentaire entre les provinces, la situation reste globalement préoccupante pour l'ensemble du pays. Bien que le pays dispose d'énormes potentialités agricoles, les populations demeurent largement exposées aux risques d'insécurité alimentaire.

L'analyse croisée des données a permis de classer les ménages en fonction de la disponibilité, de l'accès et de la consommation alimentaires dans le but de déterminer leur vulnérabilité à l'insécurité alimentaire en répondant aux cinq questions essentielles suivantes:

1. Quels sont les ménages en insécurité alimentaire?

2. Combien sont-ils?

3. Où se trouvent-ils?

4. Pourquoi sont-ils en insécurité alimentaire?

5. De quels types d'assistance ont-ils besoin?