Protection des civils et réponses humanitaires fortement menacés par l’escalade critique de la violence armée dans les Kivus

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 19 Nov 2012

(Bukavu/Goma/Kinshasa, 19 novembre 2012) : Des dizaines de milliers de personnes, qui avaient déjà eu à fuir leurs habitations au Nord-Kivu, ont été contraintes de se déplacer à nouveau suite aux violents affrontements qui se déroulent depuis le 15 novembre entre l’armée nationale et des combattants du Mouvement du 23 Mars (M23) autour de la ville de Goma.

Cette dégradation de la situation sécuritaire qui s’étend à la province voisine du Sud-Kivu, menace la vie des milliers de personnes et a conduit à la suspension ou à la réduction des activités de nombreuses organisations humanitaires, privant des milliers de personnes vulnérables de l’assistance humanitaire dont elles ont grandement besoin.

Au Nord-Kivu, le camp de Kanyaruchinya, situé environ 10 km de la ville de Goma et qui abritait plus de 60 000 personnes, s’est vidé en quelques heures de toute sa population. Plus de 20 000 personnes vivant dans la cité abritant le camp ont également déserté leurs maisons. La persistance des affrontements autour de Goma, où se serait dirigé la majorité d’entre elles, entrave de façon significative la réponse humanitaire.

La Province du Sud-Kivu vit également une situation délétère depuis la mi-octobre marquée par des affrontements répétés entre groupes armés ou entre groupes armés et l’armée congolaise. Des dizaines de villages ont été attaqués ces dernières semaines, plus de 300 habitations détruites ou brûlées, poussant plus de 30 000 personnes à fuir leurs habitations. Les violences actuelles, principalement dans les territoires de Kalehe et de Shabunda, auraient entraîné la mort de plus de 160 personnes ces 10 derniers jours et des graves violations des droits humains. Des tensions intercommunautaires récurrentes viennent aggraver la situation. « Je suis profondément préoccupée par la situation dans les provinces de Kivu qui traversent une grave crise de protection, faisant des milliers de victimes innocentes. Des milliers de familles se retrouvent une fois de plus dans le désarroi. Un grand nombre a reçu l’aide des familles d’accueil, mais des milliers d’autres dépendent de l’assistance internationale. Si rien n’est fait pour stopper l’escalade actuelle de la violence et apporter l’assistance nécessaire, la vie et la dignité de toutes ces personnes seraient sérieusement menacées», a déclaré aujourd’hui Mme Barbara Shenstone, la Représentante du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) en RDC.

Au Nord-Kivu, les évaluations qui devaient avoir lieu le 19 novembre ont été suspendues suite à la reprise des combats autour de Goma, retardant ainsi l’assistance aux personnes ayant trouvé refuge dans les sites désignés pour répondre à cette dernière crise. Au Sud-Kivu, les travailleurs humanitaires bravent aussi l’insécurité pour apporter de l’aide à des milliers de victimes des affrontements armés. Depuis le début de l’année, près de 170 incidents sécuritaires contre les travailleurs humanitaires ont été enregistrés dans ces deux provinces. La communauté humanitaire réclame un accès sans entrave aux populations, appelant les autorités congolaises – premiers responsables de la protection des civils – à une implication plus efficace dans la protection des civils et des travailleurs humanitaires.

Les deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu abritent 1,6 millions de personnes déplacées, soit 67% de la population déplacée interne de la RDC estimée à 2,4 millions de personnes. Environ 285 000 personnes se sont déplacées dans ces deux provinces entre juillet et septembre 2012. Pour faire face à une situation humanitaire en dégradation, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu lançaient, il y a quelques semaines, des appels de fond respectivement pour 9 millions et 4,6 millions de dollars afin de venir urgemment en aide à plus 2,9 millions de personnes dont des déplacés et des familles d’accueil. La détérioration actuelle de la situation risque d’aggraver davantage cet important déficit financier que les humanitaires ont déjà du mal à combler.

« Cette dégradation est intenable, aussi bien pour les populations congolaises que pour la communauté humanitaire.
Sans un arrêt immédiat des violences, des milliers de personnes vont en souffrir » a dit Mme Shenstone, ajoutant que « les violences doivent cesser pour sauver des vies et apporter de l’assistance aux victimes. Les humanitaires restent à Goma et ses environs pour apporter la protection aux civils, mais ils ont besoin d’un accès libre et sans entrave aux populations vulnérables».

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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