Manono - Kanteba: Rapport d'évaluation multisectorielle - Territoire de Manono, Province du Tanganyika (novembre 2016)

Report
from European Commission, ACTED
Published on 13 Dec 2016 View Original

I. Contexte et méthodologie

A partir du 12 juillet 2016, le conflit intercommunautaire opposant la population twa aux Bantous, dont les Luba en particulier, s’est ranimé dans plusieurs zones au sud du territoire de Nyunzu, dans la province du Tanganyika. Cette situation a provoqué d’importants mouvements de déplacements de populations versles territoires voisins, à savoir : Manono, Kalemie et Kabalo. Bien que la résolution pacifique du conflit a depuis connu des avancées significatives, les déplacés n’ont pas l’intention de retourner dans leurs villages d’origine tant que la sécurité n’est pas totalement garantie.

La Commission Mouvement de Populations (CMP) du Tanganyika avait rapporté la présence de 1 122 personnes déplacées à Manono centre, lors de sa réunion tenue fin septembre 2016. L’information avait été confirmée par plusieurs sources, dont la société civile de Manono, le service de la Division Générale de Migration (DGM), et l’équipe d’ACTED basée à Manono. Les déplacés seraient venus de plus d’une vingtaine de localités situées sur le territoire de Nyunzu et seraient progressivement arrivés à Manono à partir du mois de septembre 2016.

Avec le soutien de la Commission européenne (ECHO), l’unité indépendante de suivi et évaluation d’ACTED a alors mené du 12 au 14 octobre 2016 une évaluation multisectorielle des besoins des populations du quartier de Luvua, situé dans Manono-centre, et de celui de Kanteba, situé à sept kilomètres plus à l’est (cf carte en annexe). Celleci a permis de dresser un portrait actualisé et approfondi de la situation humanitaire des populations déplacées. Deux groupes de discussion rassemblant les ménages déplacés, les ménages hôtes et les autorités locales y ont été conduits. De plus, un questionnaire individuel a été administré à 99 ménages aléatoirement sélectionnés au sein de deux zones ciblées. Enfin, des observations directes ont permis de trianguler les informations récoltées.