Le Katanga s’enlise - avril 2014

Note d’information sur la province du Katanga qui en l’espace de trois ans s’est muée en une crise humanitaire inquiétante

La spirale katangaise continue…

Après une année 2013 difficile, des milliers de Katangais s’attendaient à une année 2014 plus paisible et prospère : nous en sommes loin ! Il ne se passe pas une seule semaine sans que les Mayi-Mayi n’attaquent des villages. Du 1er janvier et 31 mars, plus de 35 attaques des Mayi-Mayi ont été rapportées dans les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto dit « Triangle de la mort », Kalemie, Kipushi, Malemba-Nkulu et Moba. Ainsi ce sont plus de 1 500 habitations qui ont été incendiées dont 875 dans le Territoire de Pweto. Outre les Mayi-Mayi, les mouvements dits « Forces d’auto-défense populaire » (FAP) et les conflits communautaires viennent exacerber l’insécurité ambiante. Cette situation continue malheureusement à provoquer de nouveaux déplacements de population avec plusieurs cas d’enfants séparés de leurs familles. Dans ce climat marqué par de graves violations des droits de l’homme, les infrastructures de base – écoles, centres de santé- sont aussi ciblées. Au 14 avril 2014, 500 000 personnes étaient déplacées à l’intérieur du Katanga : 68% dans les territoires du « Triangle de la mort »- Manono, Mitwaba et Pweto- - ainsi que dans ceux de Malemba-Nkulu et Moba ; et 32% dans les territoires de Pweto et Kalemie. En décembre 2011, ce chiffre se situait à près de 50 000.

Au cours des trois premiers mois de l’année, près de 100 000 ont fui leurs habitations : plus de 35 000 personnes déplacées à Malemba-Nkulu; 23 774 personnes à Pweto et près de 33 000 à Manono et Mitwaba. Pweto reste toujours le territoire qui regorge plus de personnes déplacées internes, soit 36 % du nombre global de la province. Contrairement aux autres provinces de l’est du pays, il n’existe pas de camp de déplacés au Katanga : 86% des déplacés se trouvent dans des familles d’accueil- elles mêmes souvent démunies- ; 14% autres se trouvent dans les sites spontanés de Kalemie, Manono, Moba et Pweto.

Aujourd’hui, plus de 80% des ménages déplacés souffrent de l’'insécurité alimentaire faute d'accès à leurs champs et d'approvisionnement des marchés locaux en produits de première nécessité. Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes et allaitantes souffrent de la malnutrition.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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