Le Coordonnateur humanitaire visite l’est de la RDC pendant que la crise humanitaire s’aggrave

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 14 May 2012

(Kinshasa, 14 mai 2012): Le Coordonnateur de l’action humanitaire Fidèle Sarassoro a terminé le 11 mai dernier une visite de cinq jours à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), qui fait face à une aggravation de la crise humanitaire. La reprise des hostilités a poussé des milliers de personnes à se déplacer et a mis en mal la capacité de la communauté humanitaire à pourvoir l’assistance pour sauver des vies.

Le nombre de personnes déplacées internes (PDI) en RDC a dépassé les 2 millions au 31 mars. De 1,7 million à la fin de l’année dernière, les mouvements de populations pour des raisons de sûreté ou d’assistance ont eu lieu principalement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces déplacements sont liés aux récentes opérations militaires contre les groupes armés dans ces deux provinces, aux représailles des groupes armés contre des civils, et aux violations des droits humains par toutes les parties impliquées dans le conflit. Suite à l’insécurité croissante et à l’augmentation des besoins en termes de nourriture, d’abris et besoins non alimentaires, d’eau, d’assainissement et de soins de santé ; la communauté humanitaire a du mal à faire face aux défis de cette dernière crise. « Nous sommes confrontés à une situation de plus en plus complexe et inquiétante dans laquelle plusieurs milliers de personnes sont contraintes à fuir leurs maisons pour se cacher dans la forêt ou trouver un abri dans des camps ou familles d’accueil.

Malheureusement, à cause de l’insécurité, les acteurs humanitaires sont confrontés à de plus en plus des difficultés pour atteindre les PDI. J’en appelle à toutes les parties de garantir aux humanitaires un accès illimité aux populations vulnérables, pour qu’on réponde à leurs besoins fondamentaux. », a dit M. Sarassoro, Coordonnateur Humanitaire en RDC.

La Province du Sud-Kivu a enregistré la plus grande augmentation – 35% – allant de 635 000 à plus de 856 000 PDI entre janvier et mars 2012, pendant que d’autres 70 000 PDI ont fui dans la province voisine de Maniema.

Au Nord-Kivu, plus de 547 000 personnes étaient déplacées au 31 mars, alors que plus de 6 000 autres se sont réfugiées au Rwanda. Au Nord-Kivu, les organisations humanitaires ont dit au Coordonnateur humanitaire que le nombre de PDI peut encore augmenter étant donné la situation sécuritaire volatile dans la province.

En Province Orientale, 466 000 personnes sont déplacées dont environ 350 000 à cause des attaques de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) et par peur d’attaques dans les Districts du Bas et Haut Uélé. Tout en restant reconnaissant pour l’assistance reçue pour leur survie, les leaders communautaires qui se sont entretenus avec M. Sarassoro le 10 mai, estiment que beaucoup de PDI ne retourneront pas chez eux aussi longtemps que la menace de la LRA persistera. A Dungu, les PDI ont dit au Coordonnateur humanitaire qu’ils veulent une présence plus marquée des forces nationales et internationales pour les protéger contre la LRA. Ils ont également plaidé pour des projets d’autosuffisance, particulièrement en termes de nourriture et sécurité, pour leur permettre de s’auto-suffire en l’absence de l’assistance en moyen terme.

Ces derniers mois, le Programme de réponse rapide aux mouvements de populations (RRMP), cogéré par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et OCHA à travers des ONG internationales partenaires, a multiplié ses interventions dans les deux Kivu pour pourvoir une assistance critique en termes de nourriture, d’abris d’urgence, d’eau, d’hygiène et assainissement, ainsi qu’en termes d’éducation d’urgence. Le Hautcommissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) – à travers des ONG partenaires – ont également donné aux PDI l’assistance de courte durée dont la protection, l’abri et la nourriture.

Cependant, au regard de la volatilité de la situation actuelle et de sa détérioration éventuelle, on craint que des ressources additionnelles soient nécessaires pour apporter l’assistance nécessaire.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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