Le BCNUDH outille 35 Magistrats et Commandants des FARDC dans la lutte contre les violences sexuelles

Bunia 16 juin 2017 : Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et ses partenaires en Ituri ont organisé du 13 au 14 juin à l’hôtel Gold Star de Bunia, 2 jours d’atelier de formation sur le rôle et les bonnes pratiques des autorités judiciaires et militaires dans la protection des témoins, des victimes et du personnel judiciaire en matière de violences sexuelles dans les zones de conflit armé.

En Ituri, la protection des victimes, des témoins et du personnel judiciaire dans le cadre des violences sexuelles constitue encore un grand défi dans cette province qui est une zone post conflit. Cette déclaration a été faite le mardi 13 juin par certains acteurs judiciaires, civils et militaires qui participent à cet atelier de formation qui a concerné 35 Magistrats et Commandants d’unité des juridictions et Garnisons de Kisangani et de l’Ituri.

Le Ministre provincial de l’Intérieur, Etienne Ege a fustigé les menaces et des actes d’intimidation de la part des auteurs de violences sexuelles pour faire obstruction à la justice. Ce qui a comme conséquence la résignation des victimes et le désintéressement des magistrats des dossiers relatifs aux violences sexuelles et le recours à la justice populaire. Il plaide pour des mesures efficaces pour la prévention et la répression de ces cas. Pour Etienne Ege, «des mesures préventives et coercitives qui visent à prévenir et à réprimer toute tentative d’obstruction par intimidations, des menaces et des représailles de la part des auteurs présumés de violences et de leur entourage doivent être mises en place de façon prioritaire et urgente.»

Selon Jean Marc Mazio, le point focal du bureau genre famille et enfant en matière de violences sexuelles, qui note que «certains militaires indisciplinés et des miliciens sont cités parmi les auteurs présumés de ces actes», ce genre de problème se pose plus dans des milieux ruraux.

Mais pour certains participants cette lutte contre lesviolences sexuelles dans les zones postes conflits est un sacerdoce à cause des risques de représailles qui sont encourus par les défenseurs du droit des victimes. C’est pourquoi Mazio estime que «la lutte contre les violences, ça expose. Si tu veux t’engager dans ce travail, tu dois t’assurer que tu as une bonne dose de formation.»

La formation de ces 35 Magistrats et Commandants d’unités des juridictions et Garnisons de Kisangani et d’Ituri a donc tourné entre autres autour du cadre légal national et international définissant les violences sexuelles ; du rôle du Conseil Supérieur de la Magistrature en soutien des juridictions civiles et militaires quant à la problématique de la protection des victimes et témoins ; Les droits et rôles des victimes, témoins et auteurs des infractions des violences sexuelles sur le plan national et international ; Des mesures de protection pour les victimes et témoins des crimes internationaux en général ; La responsabilité pénale individuelle et du commandant et/ou supérieur hiérarchique en matière des violences sexuelles et crimes internationaux.

Le commandant de la 32e région militaire Le général Jean Pierre Bongwangela espère que cette formation va contribuer à améliorer la réputation des forces armées en matière de violences sexuelles et leur éradication de la liste noire.

Laurent Sam OUSSOU