La MONUSCO fait un travail remarquable aux côtés des FARDC pour combattre le M 23

Kinshasa, 27 novembre 2012 – Au cours d’une rencontre ce mardi matin avec la presse locale et internationale au Quartier général de la Mission de l’ONU pour la Stabilisation en République du Congo (MONUSCO) à Kinshasa, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Roger Meece, a dit que la mission dont il a la charge fait un travail remarquable à la lumière des derniers événements politico-militaires survenus à l’Est de la RDC avec, notamment, l’offensive du M 23. « Nos soldats font un travail remarquable et dans des conditions souvent difficiles, » a dit le chef de la MONUSCO

Suite à la prise de Goma le 20 novembre 2012 par le M 23, la MONUSCO s’est vue reprochée, par une frange de la population congolaise, son échec à assurer son mandat de protection de la population civile en dépit des 95% de ses éléments déployés à l’Est.

Selon les responsables de la MONUSCO, les casques bleus ont durement combattu aux côtés des FARDC qui ont tenu l’espace de quelques jours avant de reculer face à la forte pression du M 23, laissant ainsi la MONUSCO seule sur le champ de bataille. « Pendant toute la journée du 17 novembre, nos hélicoptères ont déversé un déluge de feu sur le M 23, » a dit le Chef d’Etat-major de la Force de la MONUSCO, le Général de Brigade Patrick de Grammont. Cette bataille pour la mission onusienne a consisté à faire dix sorties, lancer plus de 100 roquettes, tirer 200 coups de canons et 1.500 coups de mitrailleuses. « Lorsque les FARDC ont reculé, nous nous sommes retrouvés seuls à Kibati, » a expliqué le Général Grammont. Les combats auraient pu se poursuivre à Goma, mais « nous avons décidé de ne pas engager de combats à l’intérieur de la ville pour éviter des dommages collatéraux, » a-t-il ajouté.

Au plan humanitaire, la prise de Goma par les forces rebelles a engendré d’énormes difficultés pour les populations locales. Selon le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies, également Coordonnateur humanitaire en RDC, Moustapha Soumaré, 330.000 personnes déplacées ont été forcées hors de leurs sites d’accueil autour de Goma. Ces mouvements de populations se font dans différentes directions, compliquant davantage l’assistance humanitaire à apporter. Face à cette situation, une stratégie en trois points a été mise en place consistant à : apporter une réponse immédiate aux besoins des populations dans les sites spontanés ; donner un appui aux déplacés volontaires ; et identifier de nouveaux sites.

Concernant la ville de Goma qui est depuis plusieurs jours sans eau ni électricité en raison des récentes hostilités, le chef de la MONUSCO a rassuré que de gros moyens ont été déployés pour rétablir ces services au plus vite et éviter une aggravation de la situation humanitaire.

Aux éléments du M 23 qui seraient tentés de commettre des exactions contre les populations civiles, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies a tenu à rappeler que ces derniers portent une lourde responsabilité face aux différentes lois du droit international humanitaire. « Nous rappelons aux responsables du M 23 qu’ils portent une responsabilité dans les cas de violations des droits de l’Homme, et s’exposent ainsi à des poursuites judiciaires, » a dit Monsieur Meece.

Penangnini Toure/ MONUSCO