Bulletin humanitaire R.D. Congo - Numéro 1 | 30 avril 2016

Au sommaire

  • Des sites de déplacés menacés de fermeture P.1

  • El Nino et ses conséquences P.3

  • Beni, symbole de la protection des civils P.4

  • Technologie et sécurité alimentaire P.5

FAITS SAILLANTS

• 45 000 personnes déplacées affectées par la situation sécuritaire dans la zone de Mpati

• Inondations et sécheresse, la double conséquence d’El Nino affecte des centaines de milliers de Congolais

• Depuis 2014, le PAM utilise les nouvelles technologies pour suivre les données sur la sécurité alimentaire.

Nord-Kivu : Plus de 45 000 personnes déplacées vivent sous la menace de fermeture des sites

Depuis un peu plus d’un mois, plus de 45 000 personnes déplacées dans les sites de déplacement situés dans la zone de Mpati, en Territoire de Masisi, subissent les conséquences des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les groupes armés.
Sept sites de déplacement de la zone de Mpati (Bweru, Bibwe, Kitso, Nyange, Kivuye, Mpati et Kalengera) sont directement touchés. Au cours des dernières semaines, ces sites ont été soit : vidés de leur population, partiellement vandalisés, accueillent de nouveaux déplacés ou encore sont sujets à une interdiction de retour décidée par les forces gouvernementales. Au total, ce sont 45 410 personnes déplacées – environ 20% de la population totale de personnes déplacées vivant dans les sites au Nord-Kivu – qui sont affectées.

La situation entraîne de graves problèmes de protection, notamment pour les personnes empêchées de retourner dans les sites et qui pour la plupart n’ont nulle part où aller. Certains sont en famille d’accueil alors que d’autres, ont trouvé refuge dans les lieux publics. «Les conditions difficiles à Goriba [5km sud-est de Mpati] m’ont obligée à retourner à Mpati, raconte une déplacée mère de cinq enfants. Je vis de la mendicité à Mpati. Mon mari est agriculteur et ne peut pas se rendre au champ en raison de l’insécurité».
De nombreux besoins, notamment en vivres et articles ménagers essentiels (AME), ont été constatés lors d’une mission inter-agence du 11 au 15 avril. La faisabilité de l'assistance en vivres et AME est toujours à l’étude (au moment de la publication).

Entretemps, les humanitaires se focalisent l’assistance communautaire en soins de santé et approvisionnement en eau et assainissement.

La communauté humanitaire inquiète Les humanitaires en appellent également à une amélioration des conditions sécuritaires dans la zone, en conformité avec les cadres juridiques internationaux et en respectant la dignité des personnes vulnérables. En effet, l’interdiction pour les personnes déplacées de retourner dans les sites, émise par les forces gouvernementales, soulève de grandes inquiétudes quant à la protection des civils. Cette situation fait craindre une fermeture forcée et définitive des sites concernés, ce qui mettrait à risque des milliers de personnes déplacées. En plus des sept sites déjà partiellement ou entièrement vidés, trois autres sites (Kashuga 1 et 2 et Mweso) accueillant plus de 19 000 déplacés risquent aussi d’être brusquement fermés.

Le sujet fait l'objet d'un engagement de haut niveau, y compris par le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors d'une récente mission en RDC. Dans un communiqué de presse émis le 13 avril, le Coordonnateur humanitaire, Dr Mamadou Diallo, a appelé les autorités à respecter les standards internationaux sur les personnes déplacées en rappelant que ces fermetures doivent être en conformité avec les obligations internationales de la RDC. Le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les Droits des Personnes déplacées internes, Dr Chaloka Beyani, en visite au Nord-Kivu le 21 avril, a également réitéré le plaidoyer pour une fermeture ordonnée des sites, respectueuse des droits inscrits dans la Convention de Kampala et encrée sur une approche stratégique propice aux solutions durables.
La question de la fermeture et regroupement des sites de déplacement au Nord-Kivu est sur la table depuis 2014. A plusieurs reprises le Gouvernement a exprimé son intention de fermer tous les sites de déplacements au Nord-Kivu. Une stratégie visant à réduire progressivement le nombre de sites a été mise en place par la Commission nationale des réfugiés (CNR) et la communauté humanitaire – à travers les acteurs du groupe de travail sur la coordination et gestion des sites de déplacement (CCCM). Ce processus, basé sur une réduction significative des effectifs des sites et sur le désengagement des acteurs humanitaires de certains sites, a conduit à la fermeture de cinq sites au cours de l’année 2015 : Nzulo et Buhimba en mai 2015 ; Shasha, Lac Vert et Lusuli en septembre 2015. Ces fermetures se sont déroulées de façon coordonnée, en s’assurant que les personnes pouvaient retourner dans leur zone d’origine de façon sécuritaire ou se réinstaller ailleurs.

Toutefois, en janvier 2016, les autorités ont fermé abruptement le site de Mokoto, qui abritait plus de 4 200 déplacés, pour des raisons de sécurité nationale. La crainte est que la même situation ne se reproduise pour les sept sites de la zone de Mpati.

La province compte présentement un total de 53 sites de déplacements, incluant ceux de la zone de Mpati sous menace de fermeture.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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