Bulletin humanitaire provincial : Province du Sud-Kivu, RD Congo - Mai 2014

FAITS SAILLANTS

  • Plus de 16 000 déplacés de Mulungu sont retournés mais11 000 demeurent en situation de déplacement
  • Plus de 37 000 déplacés de Misisi attendent une assistance au Maniema
  • Difficultés d'accès et solutions communautaires.

Retour des déplacés de Mulungu

Après plus de deux ans d’occupation de la Zone de santé de Mulungu, à l’est du Territoire de Shabunda, par les Raïya Mutomboki (RM), les Forces Armées de la RDC (FARDC) ont mené du 2 au 14 avril à Mulungu des opérations contre ce groupe armé. Suite à ces opérations, plus de 27 000 personnes se sont déplacées au courant du mois d'avril vers les 5 axes indiqués sur la carte. La zone n’est accessible que par voie aérienne et une fois sur place, les déplacements ne sont possibles qu’à pied. Malgré ces contraintes, une mission Inter-cluster s’y est rendue du 14 au 19 mai pour évaluer les localités de Kolula et Mulungu centre, un des cinq axes de déplacement, où plus de 14 000 personnes s’étaient déplacées et dont plus de 60% sont retournées. Dans le cadre du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP), l'ONG International Rescue Committee (IRC) et la Fondation AVSI ont évalué trois autres axes par la suite, tel qu'indiqué dans le tableau. La population demeure dans la psychose craignant le retrait des FARDC et la reprise des lieux par les RM qui dans pareilles circonstances répriment la population pour sa prétendue collaboration avec les forces gouvernementales. Lors des affrontements, plus de 40 maisons ont été incendiées par les deux parties au conflit tandis que plus de 30 autres demeurent occupées par les FARDC. Par ailleurs, les articles ménagers essentiels (AME), les récoltes et le bétail des habitants ont été pillés dans la foulée des affrontements. Le principal moyen de subsistance des habitants de Kolula et Mulungu demeure l’agriculture mais, quoique tous aient accès à la terre, l’insécurité causée par l’activisme quasi-permanent des RM n’a pas permis la poursuite des activités agricoles, la population s’étant déplacée plusieurs fois.

Le pillage des récoltes, bétail et la perturbation des activités agricoles font que la population ne mange qu’un seul repas par jour, pauvre du reste. Près de 51% des élèves retournés en âge scolaire n’étudient pas et pourraient perdre cette année scolaire, tandis que 95% des salles de classes sont en mauvais état ou détruites, notamment suite à leur occupation temporaire par les FARDC. Dans le domaine de l’eau, hygiène et assainissement, les ouvrages d’eau aménagés nécessitent une réhabilitation, et les habitants consomment l’eau impropre de deux sources non aménagées. A Kolula, seuls 40% des ménages utilisent des toilettes contre 30% à Mulungu, mais ces dernières ne répondent pas aux normes hygiéniques.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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