Bulletin d'Information Humanitaire - Province Orientale N° 08/14, 5 mars 2014

Faits saillants

  • Près de 2 500 cas de violences sexuelles en Ituri en 2013.
  • 47 femmes violées par des membres d’une milice.
  • Plus de 2 200 Congolais, réfugiés au Sud Soudan, sont rentrés depuis novembre 2013.

Contexte général

L’Equipe conjointe de Protection (JPT) - comprenant la MONUSCO et OCHA - a confirmé le viol de 47 femmes, 115 personnes enlevées, 75 pillages et plusieurs autres violations des droits humains perpétrés à Zalanambangu, en Ituri par les miliciens de Morgan entre le 7 au 10 février dernier. Les spécialistes en protection ont exprimé leur inquiétude face à la récurrence des exactions de ces miliciens notamment dans l’Est de Mambasa. Ils plaident auprès de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) et des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) pour un déploiement dans la localité d’Epulu et dans les sites d’exploitation minière. Cette nouvelle survient alors que le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et ses partenaires viennent de publier leurs statistiques concernant les violences sexuelles en Ituri pour l’année 2013. Ce sont ainsi 2 447 cas de violences sexuelles basées sur le genre qui ont été répertoriés dans ce district instable de la province. En 2012, les organisations avaient enregistré 2 819 cas. Selon le rapport, 33,5% des victimes ont bénéficié de la prise en charge médicale ; 66,4 % de l’appui psychosocial ; 0,5 % de l’accompagnement juridique, alors que 0,7 % des victimes a été réinsérée économiquement. Le rapport note que 77 % des présumés auteurs de viols sont des civils. Les miliciens arrivent en seconde position (16 %) tandis que l’armée nationale et la police représentent 7 %.

La vie reprend progressivement son cours normal dans certaines localités de la région du Sud Irumu, en Territoire d’Irumu (District de l’Ituri). Ainsi, dans les zones de santé de Geti et Boga, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pu observer un retour de population. Les structures de santé enregistrent 15 à 20 consultations par jour. Un autre partenaire humanitaire a noté que les activités scolaires ont repris à 60 % sur l’axe Bogoro – Boga. Cette relative embellie de la situation sécuritaire résulte de la reddition d’une centaine de miliciens du groupe armé Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI). Depuis fin août dernier, le sud Irumu est en proie aux affrontements entre l’armée congolaise et les miliciens ainsi qu’aux nombreuses exactions de la part des belligérants. Cette situation avait poussé plus de 200 000 personnes à fuir leurs milieux d’origine. Les partenaires humanitaires avaient apporté de l’assistance aux personnes autant que possible. Par ailleurs, le désarmement total des miliciens favoriserait le retour de la stabilité et l’élargissement de l’espace humanitaire.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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