Bulletin d'Information Humanitaire - Province du Sud-Kivu N°22/14, 17 juin 2014

Faits saillants

  • Plus de 8 000 personnes déplacées suite aux violences intercommunautaires à Mutarule, dans le Territoire d'Uvira

  • Hausse des exactions des Raïa Mutomboki dans le Territoire de Shabunda

  • Plus de 800 enfants ciblés par un projet d'éducation en situation d'urgence dans le Territoire de Fizi.

Mouvements de population

Selon plusieurs sources, plus de 8 000 personnes ont fui l'insécurité dans leurs villages liée à l'attaque de Mutarule du 7 juin et se sont réfugiées dans les localités de Sange, Nyakabere et Luvungi (Territoire d'Uvira). Dans le cadre du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP), l'ONG International Rescue Committee (IRC) s'est rendue dans la zone du 11 au 15 juin (axe Sange-Luvungi) afin d'évaluer la situation humanitaire. Les personnes déplacées sont hébergées dans des familles d'accueil, elles n'ont pas accès à des latrines hygiéniques et ont une consommation alimentaire pauvre. De plus, les familles déplacées n'ont pas accès à leurs champs. Ces familles hésiteraient encore à regagner leur localité d'origine par crainte d'éventuelles nouvelles attaques. Certaines d'entre elles auraient également été victimes d'incendies de maisons. La situation de protection des civils reste très précaire et elle demeure la priorité humanitaire dans la Plaine de la Ruzizi.

Selon des sources locales, plus de 200 personnes qui avaient fui l'insécurité dans les moyens plateaux de Kalungwe (Territoire d'Uvira) seraient retournées chez elles. Ces personnes avaient trouvé refuge au sud de la Cité d'Uvira (Kabimba, Kakenge, Kamongola et Kagore) durant les affrontements entre l'armée congolaise (FARDC) et un groupe armé Mayi Mayi les 10 et 11 juin.

Les habitants des localités de Wankenge, Nyakavunga et Kipembwe, situées à environ 100 km de Shabunda centre sur l'axe Byangama-Kigulube (Territoire de Shabunda) se sont déplacés dans la forêt suite à une attaque d'un groupe armé Raïya Mutomboki (RM) à Wankenge le 10 juin. Dans la foulée, la population a été victime de plusieurs exactions : des biens ont été pillés, 11 personnes auraient été prises en otage pour les transporter et quatre cas de viols ont également été rapportés. Faute d’accès sécuritaire dans cette zone, la situation n'a pas encore été évaluée pour avoir une idée précise des besoins humanitaires. Le Territoire de Shabunda fait état de nombreux déplacements liés au contexte d'insécurité causé par l’activisme des groupes RM et à l'expiration de l'ultimatum lancé par l'armée pour la démobilisation volontaire des différents groupes armés. La population fait constamment face aux risques d'attaques et de représailles de toutes les parties au conflit. De plus, l'accès physique et sécuritaire dans cette région demeure très difficile pour les acteurs humanitaires.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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