Bulletin d'Information Humanitaire - Province du Nord-Kivu N° 16/13, 07 mai 2013

Faits saillants

• Près de 60 incidents sécuritaires contre les humanitaires enregistrés depuis janvier 2013
• Environ 20 000 personnes déplacées, retournées et familles d’accueil assistées en articles ménagers essentiels et en vivres au sud Lubero
• De nombreux besoins urgents rapportés sur le site de déplacés de Kizimba, dans la zone de Kitchanga.

Contexte général

Malgré une situation sécuritaire et humanitaire précaire sur l’ensemble de la province, plusieurs zones des territoires de Beni, Masisi, Rutshuru et Walikale sont sujettes, depuis plusieurs semaines, à une insécurité accrue poussant des milliers de personnes à fuir vers des zones plus sécurisées. Ainsi, à Bukombo, à l’ouest du Territoire de Rutshuru, des accrochages opposant des groupes armés locaux ont contraint, depuis le 1er mai, plus de 10 000 personnes à trouver refuge dans la zone de Kitchanga où elles ont établi un site spontané à Kizimba (cf. Besoins non couverts). Au nord du Territoire de Beni, l’insécurité provoquée par des affrontements réguliers entre les FARDC et les différents groupes armés d’une part et, d’autre part, les nombreux cas d’enlèvements régulièrement rapportés, inquiètent la population et ont provoqué le déplacement de près de 1 300 ménages depuis le mois d’avril. Dans le Territoire de Walikale, la course pour le contrôle de la localité de Pinga lancée depuis plusieurs semaines par les différents groupes armés a poussé près de 15 000 personnes à fuir sur l’axe Ndurumo – Kibua – Kalonge. Ces personnes profitent des courtes accalmies pour regagner leurs habitations et trouver des moyens de subsistance.

Par ailleurs, le reste de la province demeure également perturbé par de nombreux incidents de protection perpétrés contre les populations civiles et les partenaires humanitaires. Au cours de la semaine passée, trois partenaires humanitaires ont été la cible d’hommes armés dans le Territoire de Masisi. Depuis le début de l’année, le nombre d’incidents contre les humanitaires s’élève à 59, ce qui représente déjà près de la moitié des 124 incidents enregistrés au cours de l’année 2012. A la même période l’année passée, 32 incidents seulement avaient été rapportés. Malgré les incidents sécuritaires et de nombreuses autres contraintes opérationnelles, l’assistance humanitaire à des milliers de personnes vulnérables dont plus de 900 000 personnes déplacées internes continue sur l’ensemble de la province.

Mouvements de population
• Les partenaires locaux ont enregistré plus de 1 300 ménages qui ont fui Kambi ya miba, Mamundioma et Totolito (nord-est du Territoire de Beni) du 19 avril au 2 mai, dont 545 ménages sont arrivés à Oicha, 495 à Kamango et 265 à Mbau. En outre, à la suite de l’insécurité qui sévit dans la région de Samboko, au nord de Beni dans la zone d’Eringeti, depuis janvier 2013, 424 ménages ont été enregistrés à ce jour dans la localité d’Eringeti.

Besoins et réponses humanitaires

Multisectoriel
• À Kasingiri et à Mbingi (sud Lubero), l’ONG Programme d’appui aux pygmées (PAP RDC) a organisé, du 30 avril au 3 mai, la distribution d’articles ménagers essentiels à 4 000 ménages déplacés, retournés ainsi qu’à des familles d’accueil. Cette assistance a été réalisée avec le financement de la Diakonie et du Ministère allemand des Affaires étrangères. PAP RDC a également organisé, pendant la même période, des foires aux vivres en faveur de 3 136 ménages déplacés, retournés et familles d’accueil vulnérables dans huit aires de santé de la Zone de santé d’Alimbongo (sud Lubero). Cette activité a été réalisée grâce au financement d’ECHO et de la Diakonie Katastrophenhilfe.

Besoins non couverts

Multisectoriel
• Dans le Bulletin hebdomadaire No 15 du 30 avril, il avait été rapporté la création d’un nouveau site spontané à Kizimba (6 km de Kitchanga) où se sont installées plusieurs milliers de personnes fuyant les affrontements opposants, depuis le 10 avril, deux milices armées dans le groupement de Bukumbo (ouest du Territoire de Rutshuru). Selon une évaluation menée par l’ONG Environment Action and Emergency For Development (EAED), à la date du 3 mai, le site, où les infrastructures sanitaires sont quasiment inexistantes, compte plus de 11 200 personnes déplacées. L’ONG a procédé à des actions de promotion de l’hygiène et de l’assainissement. Par ailleurs, sur 14 cas de violences sexuelles répertoriés par EAED, seulement 7 ont bénéficié de soins au centre de santé de Kizimba. Hormis la santé et l’eau, hygiène et assainissement, des besoins en vivres et abris ont également été identifiés. L’ONG Solidarités International procède actuellement à une évaluation plus approfondie dans le cadre du programme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP)
• Au sud du Territoire de Lubero, suite à une violente pluie qui s’est abattue le 17 avril, l’évaluation menée par les ONG ZOA et PAD RDC signale la destruction de 892 champs (dont 170 avaient bénéficié de l’appui de ZOA), de petit bétails et d’environ 250 maisons dans les localités de Kitsombiro, Mutundu, Kasima / Kitovo, Katondi / Vukovi et Kishabeba / Vukovi.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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