Bulletin d'Information Humanitaire - Province du Katanga N° 19/14, 11 juin 2014

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 11 Jun 2014

Faits saillants

  • Manono, toujours en proie à l’insécurité
  • 49 écoles incendiées entre juillet 2013 et mai 2014 dans les zones en conflits
  • Lancement du nouveau cycle RRMP, toujours « sans les soins médicaux, ni l’éducation »

Dans le Territoire de Manono, trois facteurs principaux concourent à aggraver la triste situation sécuritaire des populations, selon une mission du Bureau des Nations Unies pour les Affaires humanitaires (OCHA) effectué du 03 au 06 juin dans ce territoire qui fait partie du « Triangle de la mort ».

Le premier facteur reste la crise créée par les Mayi Mayi « Bakata Katanga ». Cette situation est plus visible dans la partie sud-est du territoire (Kahongo, Kishale, Mpiana et Shamwana), zone la plus touchée par les incendies des maisons, tueries et autres exactions.

Le second facteur est le conflit communautaire, notamment entre les pygmées et les Luba dans le nord-est de Manono. A l’origine de ce conflit, l’incendie suivie de l’attaque par les Mayi Mayi « Bakata Katanga », en fin mai 2013, de deux localités voisines situées sur l’axe Kiambi – Nyunzu, dans le Territoire de Manono. Plusieurs violations graves des droits de l’homme ont été commises lors de ces deux attaques. A Lwela, par exemple, 18 femmes enceintes et un enfant auraient été brulés vifs par ces combattants et environ 200 maisons ont été incendiées. Selon certains humanitaires œuvrant dans la zone, cette attaque avait ciblé particulièrement les pygmées pour les « punir » de leur appartenance à des groupes d’autodéfense. Plusieurs autres habitants de la communauté Luba ont été également blessés par balles et flèches.

Pendant que des efforts sont consentis par le gouvernement congolais et les acteurs de protection pour mettre en place des mesures de pacification, ce conflit ne cesse de prendre des ampleurs inquiétantes. Depuis avril 2014, une recrudescence de violence s’observe entre ces deux peuples, surtout sur l’axe Lwaba -Mukebo (environ 185 km de Manono). Le récent incident date du 03 juin dernier où des affrontements ont opposé les pygmées au Luba à Lwaba, à près de 150 km de Manono. 18 personnes ont trouvé la mort lors de cette attaque, et plusieurs autres se sont déplacées dans les villages environnants.

Le dernier facteur, qui se greffe aux deux précités, demeure les tracasseries commises par les éléments des Forces armées congolaises (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC) à l’endroit des populations civiles. Les exemples de tels cas sont légions, fréquemment rapportés par les organisations spécialisées dans la protection.

Cette insécurité grandissante observée accroit les besoins des populations, contraintes de se déplacer de façon cyclique. Ainsi, au 31 mai, plus de 74 300 personnes étaient déplacées dans le territoire, il y a six mois, ce chiffre se situait à 46 000.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

To learn more about OCHA's activities, please visit http://unocha.org/.