Bulletin d'Information Humanitaire - Province de Maniema N° 03/13, 12 mars 2013

Faits saillants

  • Des localités de l’extrême Nord –Est du territoire de Pangi vidées de leurs habitants
  • 23 000 personnes en besoin d’assistance à Kasese

Contexte général

Les offensives des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) contre le groupe armé Raïa Mutomboki en territoires de Punia et Shabunda ont crée la panique et le déplacement des populations civiles dans différentes localités éloignées des zones de combat. A cela s’ajoute les tracasseries, raquettes et violences dont sont victimes les populations civiles accusés régulièrement d’être proche des groupes rebelles. Selon plusieurs sources en territoire de Punia, l’armée nationale a affronté le 09 mars 2013 le groupe armé Raïa Mutomboki à 6 kms de Kasese, sur l’axe Kasese-Shabunda. Les rebelles auraient été repoussés à 14kms et le bilan non confirmé serait de 1 mort parmi les rebelles. Des mouvements de populations civiles non encore précisés ont été signalés en direction des villages proches du territoire de Shabunda. Le groupe armé Raïa Mutomboki serait basé dans les carrières des villages Sukisa, Kananga et Nkumwa à plus de 45 kms à l’Est de la cité de Kasese. Une autre équipe serait localisée dans les carrières minières de Kitamuna/Punia au Nord des territoires de Kaïlo et Pangi.

Malgré les escalades de violences, 23 000 personnes seraient retournées dans la cité de Kasese et sont sans assistance. En revanche, les villages de Misoke et environs situés à 35 kms de Kalima/Pangi se sont vidé de leurs habitants à cause de la panique et des tracasseries, violences et exactions de la part des groupes armés. Ces personnes localisées dans un rayon de 10 kms autour de la cité de Kalima seraient évalués à plus de 2 000 ménages. Ils sont sans assistance et vivent dans des familles d’accueil, dans une promiscuité indicible.

Selon le Comité de crise humanitaire à Punia, un ouragan s’est abattu sur la ville de Punia le 18 février 2013. Au total 463 maisons sont sans toiture. Par ailleurs, les engins explosifs ont encore été signalés par la population civile à certains endroits de la cité de Punia. Une information non encore confirmée indique que 20 objets ressemblant à des minutions auraient été vus dans les quartiers de la cité de Punia.

Mouvements de populations

  • Près de 3 semaines après la reprise de la cité de Kasese par l’armée régulière les populations civiles ayant fui les combats en janvier 2013 ont commencé à retourner. Selon l’ONG ADSPA 23 000 personnes seraient retournées dans la cité de Kasese malgré les préoccupations liées à la protection des civils. Compte tenu des affrontements du 09 mars autour de Kasese, d’autres civils ne seraient pas enclins à arriver à Kasese. Les civils ayant fui en direction de la cité de Punia ne sont pas encore retournés à Kasese. Les Personnes Déplacée Internes venus de Kasese vivant dans la cité de Punia sont actuellement au nombre de 37 515 (7 503 ménages), après un exercice d’actualisation par l’équipe chargée du mouvement de population que dirige l’ONG ADSPA.

  • En territoire de Pangi, les villages de Kinkungwa, Kamundala, Pension, Division Mikons et la cité de Kalima reçoivent depuis le début du mois de mars les personnes déplacées de Misoke, Moga, et Kitamuna. A cause de la présence des rebelles Raïa Mutomboki signalée à Misoke au mois de février, un détachement de l’armée régulière est allé en offensive dans cette zone située à 35kms au Nord-Est de Kalima. Suite aux tracasseries, violences, raquettes, extorsions et la peur d’éventuels affrontements, les populations de Misoke, Moga et Ngongomeka se seraient tous déplacées vers Kinkungwa, Kalima, Kamunda, Pension et Division. Les villages précités se seraient vidés de leurs habitants. Tous les éléments de l’armée régulière auraient quitté Misoke dès le 06 mars 2013.

Accès humanitaire

  • Selon les sources locales, l’armée a remis la barrière à 7kms de la cité de Punia, à la bifurcation vers Kasese. Cet point de contrôle empêcherait le mouvement des personnes qui viennent des villages de l’axe Cité de Punia – Kasese notamment pour les soins de santé dans la cité de Punia. A noter que toutes les structures sanitaires de l’axe précité ne sont toujours pas approvisionnées en médicaments et autres intrants depuis près d’un trimestre. Les populations restées dans ces villages n’accèdent pas aux soins de santé. Certains acteurs comme Médecins Sans Frontières qui est en activité dans la cité de Punia tenterait d’entamer des activités dans cet axe.

Besoins et réponses humanitaires

Articles Ménagers Essentiels (NFI/AME)

  • L’équipe du mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de populations (RRMP) a terminé sa mission d’évaluation dans la cité de Punia. La réponse humanitaire en articles ménagers essentiels (AME) pourrait être disponible à travers les foires qui seront exécutées par Caritas Kindu avec le financement de l’Unicef. Cependant les plaidoyers et le suivi des questions de protection civile seront indispensables à l’acheminement et distribution de l’aide dans la zone.

Eau, hygiène et assainissement (WASH)

  • L’ONG IEDA Relief (Financement Unicef) a poursuivi les activités de chloration d’eau couplées à des spots radiodiffusées et des rassemblements de masse pour la sensibilisation de la population en faveur de la promotion de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. A travers un plaidoyer, les autorités locales ont été sensibilisées sur la nécessité de leur implication dans ces activités de promotion d’eau, hygiène et assainissement. Ces 2 autorités participent et interviennent désormais dans des séances de sensibilisation.

Sécurité alimentaire

  • La FAO en partenariat avec l’ONG Socodev a acheminé 15MT de semences à Kalima et Lubile en faveur de 2 600 ménages des déplacés internes. Il s’agit des semences de Riz, Niébé et maïs. La même quantité a été acheminée, en partenariat avec l’ONG Musaf, à Wamaza en faveur de 1 400 ménages sur le même projet financé par le Pooled Fund.

Besoins non couverts/Alerte précoces

Protection

  • Besoin d’un plaidoyer permanent en faveur des déplacés et familles d’accueil de ces zones. Les populations civiles sont en déplacement et en mouvement pendulaires à cause des poursuites, tracasseries et exactions dans les zones de Punia cité, Ferekeni, Kasese et Misoke. Le plaidoyer est à orienter principalement vers l’autorité de l’armée régulière.

  • Les engins explosifs demeurent un danger dans la cité de Punia. Ces objets seraient toujours perceptibles dans les 6 quartiers de la cité. Un besoin urgent d’évaluation et possibilité de désamorçage seraient un salut pour les habitants de la cité de Punia.

Multisectoriel

A l’instar des populations déplacées internes et familles d’accueil, 23 000 personnes seraient en besoin urgent d’assistance dans la cité de Kasese. Cette zone a connu plusieurs cas de rougeole dès le début des hostilités et aucune riposte n’a été organisée depuis près d’un trimestre. Les autres besoins seraient les soins de santé primaire, l’eau, l’aide alimentaire et nutritionnelle ainsi que les articles ménagers essentiels.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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