Tchad: UNHCR Flash Info : De nouveaux réfugiés centrafricains arrivent au Tchad

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 20 Apr 2017

Goré, 20 avril 2017 (UNHCR) – Depuis le début de ce mois d’avril plusieurs vagues de réfugiés centrafricains totalisant 1.209 personnes sont arrivés au Tchad notamment dans la localité frontalière de Sourou où ils sont accueillis par la population locale et les autorités malgré la fermeture officielle de frontière avec la Centrafrique.

En début de semaine, un nouveau groupe de Centrafricains fuyant la tension dans le nord-ouest de leur pays a trouvé refuge au Tchad où l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR, et ses partenaires ont organisé leur transfert loin de la frontière.
Les nouveaux réfugiés disent fuir la situation sécuritaire volatile, qui selon eux, sont causées par la présence et les agissements de combattants Anti-Balaka et ex-Seleka qui rivalisent pour le contrôle des villages frontaliers.

Au début du mois, suite à l’attaque du village de Ngaoundaye à une dizaine de km de la frontière avec le Tchad, un millier de Centrafricains ont afflué vers le Tchad. Entre le 4 et le 8 avril 2017, le HCR et ses partenaires ont transféré 351 d’entre eux sur le site de Diba, à 45 km de la frontière. Les autres avaient alors décidé de rester à la frontière pour observer la situation ou repartir chez en RCA suite à la reprise du contrôle de la situation à Ngaoundaye par les casques bleus de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine).
Certains des nouveaux réfugiés, arrivés cette semaine, viennent des mêmes villages que ceux de la précédente vague (Bang, Ngaoundaye, Bilé et Bolélé) tandis que d’autres, d’ethnie peulh (Bororo) notamment, sont venus du village de Ndim, situé entre Ngaoundaye et la ville de Bocaranga, dans le nord-ouest de la RCA.

Suite à une évaluation effectuée par une équipe multifonctionnelle, 366 nouveaux réfugiés dont plus de 90% de femmes et d’enfants ont été transférés de Sourou aux sites de Diba et Vom les 18 et 19 avril 2017.

L’accès par véhicule à Sourou, situé aux confins de la frontière entre le Tchad, la RCA et le Cameroun, commence à être difficile suite aux premières pluies de l’année.
Le HCR, son partenaire gouvernemental CNARR, le PAM et les ONG partenaires vont poursuivre les activités de vérification, de contrôle médical, de transfert et d’enregistrement. 227 nouveaux arrivants sont en attente de transfert au niveau de la frontière tandis que 265 autres se sont spontanément à Diba.

A leur arrivée à Diba, les réfugiés sont enregistrés, reçoivent des repas chauds et les articles ménagers essentiels. En attendant leur installation sur un nouveau site, certains sont accueillis dans les familles d’anciens réfugiés et d’autres logent sous les hangars communautaires.

Ce nouveau site appelé Diba 2 d’environ 5 hectares se trouve à proximité d’un village et à 2 km des sites de Diba 1 et Vom où vivent déjà quelques 2000 réfugiés y compris plus de 1700 qui ont des violences similaires juin et juillet 2016 et les 351 qui ont été transférés au début de ce mois d’avril.
Le HCR et ses partenaires vont effectuer les travaux de construction d’abris, des latrines et des points d’eaux pour rendre viable ce site alloué par les autorités administratives et traditionnelles de la sous-préfecture de Mbaibokoum. Ce qui va nécessiter des ressources additionnelles.

Parmi les nouveaux arrivants de cette semaine, se trouvent quatre femmes qui ont accouché dans des conditions difficiles à leur arrivée à la frontière. 49 enfants non-accompagnés et séparés ont été enregistrés. Pour les enfants en âge de scolarité, le HCR et ses partenaires travaillent avec l’IPEP (inspection pédagogique de l’enseignement primaire) et l’IDEN (inspection départementale de l’éducation nationale) pour leur intégration scolaire.

Le HCR salue la compréhension et la solidarité manifestées par les autorités et les populations tchadiennes à l’endroit de ces nouveaux réfugiés malgré la fermeture de la frontière avec la Centrafrique. Pour le Chef de la Sous-Délégation du HCR à Gore,
Mbili Ambaoumba, cet acte « illustre l’engagement des autorités tchadiennes pour la protection des demandeurs d’asile et des réfugiés ». Il a, aussi, souligné le travail fourni sur le terrain par les autorités civiles et militaires pour l’accueil, l’enregistrement et le transfert des nouveaux arrivants.
Avec près de 400.000 réfugiés sur son territoire dont plus de 71.000 Centrafricains, le Tchad est l’un des principaux pays d’asile en Afrique et au monde.