Tchad : Impact de la crise nigériane dans la région du Lac Rapport de Situation n° 25 (10/07/2017)

Faits saillants

  • La situation est marquée par une détérioration de la protection des civils dans les zones frontalières de Kaiga Kindjiria et Tchoukoutalia, où ont été rapportées plusieurs attaques contre des villages.

  • De nouveaux déplacements ont été observés suite à des incidents sécuritaires.

  • En parallèle, les dynamiques de retour continuent : 11 000 personnes dans le besoin retournées dans leurs villages d’origine ont été identifiées suite à une mission d’évaluation multisectorielle dans la souspréfecture de Kangalom.

  • 160 incidents de protection et 134 cas de violences basées sur le genre ont été rapportés en mai.

  • 19 nouvelles unités nutritionnelles ambulatoires ont été ouvertes, permettant de prendre en charge plus de 3 000 cas de malnutrition aigüe sévère en mai, soit 20% de plus que le mois précédent.

  • A la moitié de l’année, le plan de réponse 2017 pour la crise dans la région du Lac au Tchad n’a reçu que 18% des fonds nécessaires pour sa mise en œuvre.

Aperçu de la situation

La situation sécuritaire est marquée par une détérioration de la protection des civils dans les zones frontalières de Kaiga Kindjiria et Tchoukoutalia, en lien avec les opérations militaires en cours au Niger et au Nigeria et les multiples attaques et incursions d’éléments armés dans la région du Lac. Ainsi, depuis l’attaque du 5 mai à Kaiga Kindjiria, une dizaine d’attaques contre des villages ont été rapportées, particulièrement dans les zones de Kaiga Kindjiria et Tchoukoutalia, qui auraient entrainé la mort d’une quinzaine de civils. Les attaques incluent de multiples violations des droits de l’homme, y compris le meurtre et enlèvement de civils, mais aussi la destruction de biens matériels, et le vol de bétail. Dans ce contexte, il est nécessaire d’assurer la protection des civils et de renforcer la sécurité, notamment dans les zones où le redéploiement de militaires a créé un vide sécuritaire, et dans les zones de retour. Par ailleurs, la résurgence d’attaques a un impact négatif sur l’accès humanitaire, réduisant la possibilité d’interventions humanitaires dans les zones de Kaiga Kindjiria et Tchoukoutalia, où environ 15 000 personnes seraient en situation de déplacement, selon la mise à jour du cluster Abris/AME/CCCM de janvier 2017.

En juin, plus de 100 personnes en situation de reddition, en large majorité des femmes et des enfants, se seraient présentées aux autorités des zones frontalières, en majorité à Tchoukoutalia. Parmi ces personnes, deux étaient armées et ont remis leurs armes aux autorités lors de leur reddition début juin. Trois vagues importantes de personnes en situation de reddition ont ensuite suivi : 23 personnes le 14 juin (parmi lesquelles 6 femmes et 9 enfants), 23 personnes le 21 juin (parmi lesquelles 14 femmes et enfants), et la vague la plus importante le 22 juin, avec 57 personnes dont 10 femmes et 38 enfants accompagnés de têtes de bétail et animaux. Ces personnes seraient originaires des sous-préfectures de Ngouboua et Liwa. La gestion des personnes en situation de reddition serait tout d’abord effectuée par les autorités militaires, qui transfèrent ensuite ces personnes aux autorités administratives pour qu’elles soient placées sous la responsabilité de leurs chefs de village d’origine.

Suite à l’attaque du 5 mai à Kaiga Kindjiria, qui avait causé la mort de cinq civils, une mission d’évaluation humanitaire a été réalisée par le cluster Abris/AME/CCCM du 23 au 25 mai. Sur les douze sites couverts par la mission, cinq accueilleraient de nouvelles personnes déplacées suite à l’attaque (Diamerom, Magui, Taboua, Djilkori et Kiskawa). Aux plus de 8 000 personnes déjà déplacées et enregistrées ou estimées dans ces sites, s’ajoutent plus de 700 personnes (169 ménages), dont 124 venus de Kaiga Kindjiria et 45 venus du Niger.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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