Tchad : Impact de la crise nigériane dans la région du Lac Rapport de Situation n° 20 (22/12/2016)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 22 Dec 2016

Ce rapport a été produit par OCHA en collaboration avec les partenaires humanitaires et concerne les vagues de déplacements internes depuis le 21 juillet 2015. Il est publié par OCHA Tchad et couvre la période du 1 er au 30 novembre 2016. Le prochain rapport sera publié vers le 10 janvier 2017.

Faits saillants

  • La situation sécuritaire est restée calme en novembre, aucun incident n’ayant été rapporté.

  • L’accès humanitaire est limité dans certaines zones par la montée des eaux du lac.

  • Les déplacements secondaires continuent : près de 122 000 personnes sont déplacées dans la région du Lac, auxquelles s’ajoutent plus de 8 200 réfugiés.

  • Plusieurs incendies d’origine involontaire ont affecté 560 personnes dans la région du Lac

  • La grève des fonctionnaires liée au non-paiement d’arriérés de salaires continue d’affecter l’accès à la santé et à l’éducation.

  • Un dépistage organisé par l’UNICEF et la Délégation sanitaire régionale auprès de 27 000 enfants de moins de cinq ans a permis de dépister 17% d’enfants souffrant de malnutrition aigüe globale dont 5% de malnutrition aigüe sévère.

Aperçu de la situation

La situation sécuritaire est restée calme en novembre, aucun incident n’ayant été rapporté.

En ce qui concerne les personnes en situation de reddition, plus de 300 hommes y compris potentiellement des enfants sont toujours retenus au lycée de Baga Sola, sans clarification de leur statut. 714 femmes et enfants ont été transférés le 24 novembre par les autorités tchadiennes à leurs chefs de cantons d’origine.

L’accès humanitaire est limité dans certaines zones du fait de la montée des eaux du lac. Ce phénomène est récurrent : chaque année en novembre, les eaux montent et inondent les bras du lac.
Les partenaires humanitaires doivent trouver des solutions alternatives afin de fournir une assistance dans les zones de Ngouboua, Kaiga Ngouboua, Tchoukoutalia et Fourkouloum.

La grève des fonctionnaires à cause du non-paiement d’arriérés de salaires continue d’affecter l’accès à la santé et à l’éducation. Dans la région du Lac, le personnel de l’hôpital de Baga-Sola a débuté une grève sèche le 1 er décembre, n’assurant plus le service minimum. Sur 450 écoles de la région, une vingtaine est actuellement fonctionnelle, principalement des écoles privées et confessionnelles.

Plusieurs incendies d’origine involontaire ont affecté 560 personnes dans la région du Lac en novembre. Le 14 novembre, selon l’ONG Help-Tchad, environ 400 personnes ont été affectées par des incendies à Kaiga Kinjiria, qui auraient détruit 86 cases, ainsi que des biens matériels et des vivres. De plus, 161 personnes ont été affectées par des incendies qui ont détruit 55 cases ainsi que des biens et des vivres les 27, 29 et 1 er décembre dans la zone de Tchoukoutalia, selon l’ONG ACHUDE. Deux incendies ont également affecté les marchés de Baga Sola et Selia les 11 et 16 novembre. En l’absence de stocks de contingence, les capacités des acteurs humanitaires sur place sont insuffisantes pour répondre à ces besoins en abris, articles ménagers essentiels (AME) et vivres.

Les inondations et les pachydermes auraient détruits plusieurs milliers d’hectares de champs.
Selon les autorités, 5 469 hectares de champs auraient été inondés vers Baga Sola, Doum Doum et Bol début novembre. Par ailleurs, 222 hectares auraient été détruits par les éléphants. Une évaluation de l’ampleur des dommages et de l’impact sur la sécurité alimentaire des ménages affectés est en cours de préparation.

Les évaluations de sites se poursuivent. Du 29 novembre au 1 er décembre, l’ONG Help-Tchad a réalisé une évaluation rapide sur sept sites dans la zone de Ngouboua (Kaya, N’Gacha, Boud 1 et 2,
Kangalia, Kola 1 et 2), où l’ONG estime à 37 200 le nombre de personnes déplacées qui auraient fui les îles du lac suite aux violences de groupes armés ou sur demande des autorités à cause d’opérations militaires. Par ailleurs, cinq sites non-évalués (Lolia 1, 2, 3 et 4, Boloua, Wadrarom,
Tchoukou Keina, village Kodja) seraient également présents dans la zone et rassembleraient 8 400 personnes, selon des estimations fournies par les chefs communautaires. Des besoins en vivres, en eau, en santé et nutrition, et en articles ménagers essentiels sont rapportés. Il est cependant nécessaire d’organiser une mission d’enregistrement afin de confirmer ces chiffres. En effet, les derniers chiffres du cluster Abris/AME/CCCM rapportent 7 388 personnes déplacées dans la souspréfecture de Ngouboua, et les populations hôtes seraient au nombre de 29 058 personnes.

Par ailleurs, l’ONG ACF a réalisé une évaluation multisectorielle rapide sur le site de Kékédine (axe Liwa-Kiskawa) le 4 novembre, où sont estimées 454 personnes dont 82% de déplacés et 18% de retournés tchadiens. Leur déplacement serait lié à l’insécurité dans leur zone d’origine, il y a près de huit mois. Les besoins prioritaires sont en eau, AME, santé et sécurité alimentaire. Enfin, l’OIM a fait une évaluation rapide dans six lieux de déplacement (sites de Toukoul, Aliga-Koulboua,
Tchoukoubarka, Taflinga, Moundi, et village Kanirom) dans la sous-préfecture de Daboua du 25 au 27 octobre, où 4 250 personnes sont estimées déplacées. Sur cinq de ces lieux de déplacement, l’ONG OXFAM fournit une assistance en transferts monétaires, cependant d’autres besoins dans les secteurs de la santé et de l’eau et l’assainissement ont été rapportés.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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