Tchad Bulletin Humanitaire N° 05 | Mai 2017

FAITS SAILLANTS

• La communauté humanitaire est vivement préoccupée par la résurgence des violences et attaques au Lac.

• Environ 73 000 retournés tchadiens vivant au sud du pays font face à un risque de détérioration de la situation humanitaire.

• Pour faire face à la période de soudure, les partenaires humanitaires envisagent de fournir une assistance alimentaire et prévenir la malnutrition chez les personnes vulnérables.

Résurgence des attaques dans la région du Lac

La protection des civils à risque

Ces derniers mois, la région du Lac a enregistré une recrudescence des cas de violence et d’attaques touchant les civils. La zone frontalière de Kaiga Kindjiria à Ngouboua, où vivent plus de 15 000 personnes déplacées et 30 000 personnes dans la population locale, est régulièrement touchée par les attaques. Le 5 mai, lors d'une attaque de Kaiga Kindjiria attribuée aux éléments de groupes armés, au moins cinq civils ont été tués et 50 maisons brûlées, 700 personnes auraient dû fuir. Le 30 mai, une femme a été enlevée par des présumés membres d’un groupe armé à quelque 4 km de Kaiga Kindjiria. Plus récemment, les 26 et 27 mai, plusieurs attaques ont été signalées dans la zone de Tchoukoutalia, dans les villages de Konguia, Wangui et Kagrerom. Des attaques semblables ont été signalées régulièrement au cours des dernières semaines et incluent le meurtre et l'enlèvement de civils, la destruction de maisons et le pillage de bétail. Des attaques sont aussi signalées dans d’autres zones, par exemple à Bodou-Doloum dans le canton Nguéléa 1, sous-préfecture de Baga-Sola (trois morts et trois enlèvements).

Ces violences s’inscrivent dans le contexte des opérations militaires en cours dans la région du bassin nord-ouest du Lac Tchad et ont un impact sur l’accès humanitaire. De plus, les redéploiements des forces armées vers les zones opérationnelles ont créé des vides sécuritaires dans les zones insulaires du bassin sud (zone de Koulfoua et Blarigui) où les forces de sécurité et de défense avaient été redéployées. Ce sont les zones insulaires le long des frontières du Niger et du Nigéria qui ont connu le plus grand nombre d’attaques et d’incursions d'éléments armés, entraînant une série d'incidents de protection. Ainsi, une aggravation du nombre de cas de violences basées sur le genre a été observée entre le mois de mars (67 cas rapportés) et mai (134 cas rapportés dont 91% sur des personnes déplacées). Il convient de noter que 36% des incidents de protection sont attribués aux hommes en uniformes.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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