Tchad : Aperçu des besoins humanitaires 2017

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 30 Nov 2016

PERSONNES DANS LE BESOIN 4,7M

BESOINS HUMANITAIRES ET CHIFFRES CLÉS

L'insécurité alimentaire, les déplacements de population et les urgences sanitaires, exacerbés par les risques climatiques et le faible développement humain, précipitent environ 8,1 millions de personnes, presque les deux tiers de la population tchadienne, dans une vulnérabilité aigüe ou chronique. Plus de 4,7 millions de personnes, dont 52 % de femmes, ont besoin d'une assistance humanitaire et de soutien pour renforcer leurs moyens d'existence.

BESOINS HUMANITAIRES

4,3 millions de personnes (dont 52% de femmes) souffrent d'insécurité alimentaire au Tchad, dont plus d'un million sont en situation d'insécurité alimentaire sévère, soit une hausse de plus de 108 000 personnes par rapport à la même période en 2016.
Bien que la campagne agricole 2016/2017 soit annoncée globalement bonne par rapport à la campagne précédente avec une production céréalière en hausse de 14% par rapport à l'année dernière et de 11% par rapport à la moyenne quinquennale, il est à prévoir que de nombreux ménages n'auront ni les moyens ni les capacités pour faire face à la période de soudure (juin-août) en 2017. La situation nutritionnelle reste préoccupante avec près de 438 101 cas de malnutrition attendus en 2017 (une détérioration par rapport aux 410 314 cas attendus en 2016), dont 237 807 cas de malnutrition aigüe modérée et 200 294 cas de malnutrition aigüe sévère touchant les enfants de moins de cinq ans qui auront besoin d'une prise en charge nutritionnelle urgente.

Le Tchad compte 581 000 personnes en situation de déplacement, dont 52% de femmes et 57% d'enfants.
Parmi ces personnes figurent 389 000 réfugiés en provenance du Nigeria, Soudan et RCA, 87 000 retournés et 322 ressortissants de pays tiers.

Depuis deux ans, la crise du bassin du lac Tchad a aussi entrainé des déplacements internes de 105 000 personnes et le retour de 12 000 Tchadiens du Nigeria et du Niger dans la région du Lac qui nécessitent une assistance multisectorielle urgente pour les plus vulnérables. Pour toutes ces personnes en situation de déplacement, il est nécessaire d'envisager des solutions durables pour faciliter leur réinsertion vu l'absence de perspectives immédiates de retour. De même, ces déplacements ont fragilisé la situation des communautés hôtes estimées à 734 000 personnes pour lesquelles un appui multisectoriel est nécessaire pour améliorer leurs moyens d'existence.

Le faible développement du pays et la pauvreté généralisée rendent difficile l’accès aux services essentiels, notamment l’accès aux services de santé pour plus de 1,9 million de personnes et l'accès à l'eau potable pour deux millions de personnes. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes sont les plus affectés.
Le paludisme est la principale cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans dont le taux de mortalité est parmi les plus élevés au monde (133 pour 1 000). Seulement 27% des femmes reçoivent une assistance qualifiée à l'accouchement alors que le Tchad est le troisième pays au monde avec le plus fort taux de mortalité maternelle (860 pour 100 000). Aucun cas de choléra n'a été rapporté de janvier à septembre 2016 mais la proximité du Tchad avec le Cameroun, la RCA et le Nigeria rend les zones frontalières à risque. La prévalence du SIDA parmi les adultes de 15-49 ans de 1,6% affecte le capital humain et les capacités productives des populations, particulièrement les femmes pour lesquelles la prévalence est plus élevée (1,8%). La faiblesse de la couverture vaccinale au niveau national explique la persistance du risque épidémique, tout particulièrement pour les communautés déplacées qui ont un faible accès aux soins de santé et à l’eau et l’assainissement.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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