République centrafricaine : Rapport de situation No.32 (au 1er juillet 2014)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 01 Jul 2014
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Faits saillants

  • Suite à la flambée de la violence à Bambari (Préfecture de Ouaka) le 23 juin, la situation reste tendue. Après plusieurs jours de violences intercommunautaires, au moins 21 374 personnes (3 617ménages) se sont réfugiées dans des sites de déplacés dans la ville de Bambari.

  • Les derniers chiffres montrent 110 000 PDI à Bangui, soit une baisse de 1,3 pour cent comparée à la semaine passée.

  • Pour le cycle agricole 2014/15, le réseau du système d'alerte rapide en cas de famine prévoit une production agricole inférieure à la moyenne.

Aperçu de la situation

Suite à la flambée de la violence à Bambari (préfec ture de Ouaka) le 23 juin, la situation reste tendue. Après plusieurs jours de violences intercommunautaires, au moins 21 374 personnes (3 617 ménages) se sont ré fugiées sur les sites de PDI dans la ville de Bambari. Ils sont environ 9 646 PDI sur le site Saint-Joseph, 1 886 sur le site «M» (près de la base MISCA), 3 019 sur le site «S» (près de la base Sangaris) et 6 823 sur le site Not re Dame de la Victoire. La présence des anti-Balaka dans la pa rtie ouest de la ville a été renforcée la semaine d ernière. Les forces françaises Sangaris surveillent le pont Ouak a qui sépare la partie ouest de la ville du centre/est. Le 25 juin, un groupe de 10 policiers et de 60 gendarmes non ar més, sont arrivés à Bambari, dans une perspective de rétablissement de la paix.

Selon le CICR, l'hôpital Bambari a été submergé en quelques heures après la flambée de violence. Grâce au soutien de la Croix-Rouge centrafricaine, le CICR a aidé plus de 30 personnes à l'hôpital, en majorité des civils dont certains avec de graves blessures. Le CICR a f ourni 200 litres de carburant permettant à la salle d'opération et la chambre rayon X d’être fonctionnelles. En out re, les médicaments et le matériel stérile de panse ment ont été amenés de Bangui pour les soins des patients. Les c orps des cadavres ont été pris à la morgue de l'hôp ital et remis plus tard à leurs familles.

Du 28 au 30 juin, une évaluation initiale multi-sec torielle du mécanisme de réponses rapide (MRR) réal isée par ACTED sur plusieurs sites de PDI à Bambari a révélé un nombre limité d'abris. 94 pour cent des adultes interrogés ont déclaré qu'ils mangeaient une fois par jour. Les PDI nécessitent également une assistance en non v ivres et des latrines. Avec la baisse de la violence dans la vil le, le mouvement est désormais possible. Plusieurs magasins ont rouvert, mais la tension reste vive à cause de la présence de groupes armés. Toutes les écoles restent fermées depuis le début de cette crise récente. Depuis le d ébut des violences le 23 juin, des sources à l’hôpi tal de Bambari signalent 62 personnes tuées et 37 blessées. À Bangui, la commission mouvement de la population (CMP) rapporte 110 000 PDI à Bangui, soit une baiss e de 1,3 pour cent des 111 500 de la semaine passée. La baisse du nombre continue depuis la récente hausse de 132 000 PDI suite à l’attaque du site des PDI de Fatima le 28 mai. Le site de l'aéroport M'Poko abrite to ujours le plus grand nombre de PDI dans la ville (38 400), en atte ndant l'ouverture de nouveaux sites.

Depuis le 23 juin, la situation sécuritaire reste t endue dans la ville de Batangafo (préfecture de Ouh am), où les résidents craignent l'arrivée de groupes armés con duisant à des mouvements de population. Selon la Cr oix-Rouge centrafricaine à Batangafo, le nombre de PDI dans l a ville a augmenté à 11 875 suite à une attaque pro che du village Mabongo, qui a fait cinq morts.

En juin, une évaluation multisectorielle de la MRR réalisée par IRC dans les villages entre Bouar (pré fecture de Nana Mambéré) et Bocaranga (préfecture de Ouham Pen dé) a révélé que, bien que la majorité de la popula tion soit revenue, presque tous les musulmans ont fui la zone. Sur dix villages enquêtés, 183 maisons ont é té détruites. 80 pour cent des ménages vivent dans des maisons en état de délabrement avancé. Un tiers des enfants d e moins de cinq ont souffert de la diarrhée les deux derniè res semaines. La majorité des maisons et des stocks de vivres ont été pillés. Les évaluateurs recommandent une as sistance en non vivres, des rations alimentaires po ur les retournés et les personnes vulnérables, la rénovati on du point d'eau, et une évaluation de la protecti on.

Après la fin de la première phase de la vérificatio n à Bangui, les chiffres des réfugiés en RCA s'élèv ent à 7 827: à ce jour, 1 771 personnes ont été vérifiées et enreg istrées à Bangui dont la plupart provient de la RDC (1 367 personnes) et du Rwanda (182). Ceci inclut 1 394 ré fugiés urbains (403 ménages) et 307 demandeurs d'as ile (87 ménages). Une deuxième phase de l’exercice visera l es réfugiés confinés dans les zones entourant la ca pitale. Cet exercice permet au HCR de déterminer des solutions durables et de mieux cibler l’assistance, en consid érant l'impact de la crise sur les réfugiés.

Le réseau du système d'alerte rapide en cas de fami ne (FEWS NET) a confirmé les résultats de l’analyse de la phase de classification intégrée (PCI), effectuée p ar le cluster sécurité alimentaire en avril. Pour l e cycle agricole 2014/15, FEWSNET prévoit une production agricole in férieure à la moyenne. Les précipitations entre av ril et juin ont été plus faibles par rapport à la normale, ains i que dans les principales zones agricoles de l'Ouh am, l’Ouham Pendé et le nord de Bangui. La crise de la sécurité alimentaire devrait donc se poursuivre dans la plu part des régions du pays jusqu'à la récolte en juillet dans le sud et en octobre dans le nord.

Malgré les récentes tensions entre les forces afric aines et les éléments anti-Balaka à Boda (préfectur e de Lobaye), l’assistance humanitaire a récemment repris. Une fo rmation sur " la médiation et de la cohésion social e" a commencé, ciblant le comité local des anciens; et c iblera bientôt les délégués des communautés des ant i-Balaka et des musulmans. 1 000 kits scolaires ont été dist ribués. Une unité de traitement nutritionnel a été ouverte à l'hôpital préfectoral, avec déjà la prise en charge de 13 enfants souffrant de la malnutrition. Un pos te de santé a été ouvert. 500 ménages de l’enclave et 500 sur le site Cotonaf, ont reçu de kits en non vivres, une autre phase de la distribution est prévue les prochaines semaines. Se ize cas de violence basés sur le genre ont été enre gistrés et ont été pris en charge.

Une mission conjointe d'évaluation multisectorielle menée par l'UNICEF, le HCR et OCHA à Berberati, à Nassolé et à Carnot (préfecture Mambere Kadei) a constaté q ue les personnes qui fuient vers le Cameroun manque nt d’accès à l’assistance. Les forces de sécurité offi cielles sont absentes de la région. Depuis le début de l'année, Berberati n’est pas approvisionné en eau.

A Kabo (préfecture de l'Ouham), les écoles ont repr is grâce à un projet de DRC. Quatre des douze école s sont déjà fonctionnelles. Néanmoins, presque tous les en seignants réguliers sont absents. En raison du manq ue d'infrastructures, les enfants des familles déplacé es de Bangui n'ont pas encore été intégrés. La plus grande école dans le quartier est occupée par les forces Misca.
Dans le Moyen Sido, aucune école n’est ouverte. A c ause des crises successives, les enfants de la région ont pr atiquement perdu trois ans de scolarité.

Le 26 juin, l'OIM a finalisé l'enregistrement de 2 200 éléments ex-Séléka dans les trois sites de cant onnement de Bangui. Environ 21 pour cent sont des femmes et 180 , des enfants et des jeunes de moins de 18 ans. L'O IM, la MINUSCA, les forces militaires et le Ministère de la Défense préparent le plan d’assistance pour leur réinstallation et leur réinsertion.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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