République centrafricaine : Rapport de situation No.31 (au 24 juin 2014)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 24 Jun 2014

Faits saillants

· Une nouvelle violence intercommunautaire à Bambari déplace plus de 10.000 personnes, dont au moins 50 auraient été tuées.

· Les derniers chiffres montrent 111 500 PDI à Bangui, soit une baisse de 5 pour cent comparée à la semaine passée.

· 300 personnes nouvellement déplacées sont arrivées à Kabo avec peu de nourriture et d’abris disponibles.

· L’appel de fonds humanitaire pour la RCA de 565 millions de dollars n’est financé qu’à hauteur de 36 pour cent, 6 mois après son lancement.

536 500 PDI en RCA, dont :

111 500 PDI à Bangui (soit une baisse par rapport aux 117 400 de la semaine dernière)

36% Financement reçu (environ 203,6 millions de dollars) dans le cadre du financement du SRP révisé d’un montant total de 565 millions de dollars

4,6 millions Population de la RCA

2,5 millions Personnes ayant besoin d’une assistance

Aperçu de la situation

Une nouvelle explosion de violence dans le centre-ville de Bambari (préfecture Ouaka) aurait tué 50 personnes et déplacé des milliers de personnes vers les sites religieux et les bases des forces internationales. Le 23 juin, une attaque aurait été perpétrée par des anti-Balaka sur une communauté peuhle à Ardo Ndjobdi (9km de Bambari) à proximité du village de Liwa, qui aurait tué au moins 18 personnes et déclenché une série de représailles dans la ville de Bambari par des ex-eléments Séléka et des jeunes. Les violences et les tensions se sont poursuivies, en particulier après les funérailles des personnes tuées à Ardo Ndjobdi, avec des meurtres signalés dans les quartiers Wangaie et Baepou de Bambari. La force Sangaris effectue des patrouilles par hélicoptère, mais l'accès des véhicules dans les zones musulmanes a été bloqué par des jeunes hostiles aux forces internationales et aux humanitaires. Les hôpitaux signalent l'arrivée de blessés par balle et machette, et plusieurs cadavres ont été retrouvés mutilés.

La violence de ces derniers jours a contraint les habitants des régions est et nord-est de Bambari à fuir leurs maisons. Le 24 juin, une mission conjointe des agences des Nations Unies et des ONG rapporte environ 7 000 personnes nouvellement déplacées (PDI) sur le site de l'Évêché St Joseph, s'ajoutant aux 1 023 personnes déplacées qui y vivent déjà, depuis l’attaque de Liwa le 9 juin dernier. Les autres principaux sites qui continuent à enregistrer l’arrivée de PDI sont la base MISCA (environ 600 PDI), les zones avoisinant la base Sangaris (environ 1 800 PDI) et Notre-Dame de la Victoire, qui en compte environ 2500. Certains PDI sont aussi arrivés à la base MINUSCA. Dans un communiqué de presse, la Coordonnatrice humanitaire principale, Claire Bourgeois, a appelé à la fin du cycle de violence.

Depuis le 23 juin, la situation est tendue dans la ville de Batangafo (préfecture Ouham), où les résidents craignent l'arrivée de groupes armés. Les ex-Séléka et les jeunes ont bloqué l'accès au marché principal. Selon un recensement effectué le 25 juin par le Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et la Croix-Rouge centrafricaine, il y a actuellement, 5 426 PDI à Batangafo, dont la majorité se trouvent à la mission catholique (5 326) et le reste (100) au Centre Bercail. Un récent incident sécuritaire sur l'axe Ouandago-Batangafo a engendré une forte augmentation de PDI ces deux derniers jours, avec près de 2 000 nouveaux déplacés qui sont arrivés au bureau du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et de la MISCA. Ceux-ci ont été relocalisés à la Mission catholique en raison de fortes pluies. Comme réponse immédiate, 14 latrines ont été réhabilitées et six latrines d’urgence installées ainsi que 22 douches d’urgence.

Le 23 juin à Boda (préfecture de la Lobaye), des éléments anti-Balaka ont aussi attaqué les forces de MISCA, provoquant la panique dans la ville.

Des rapports d’attaques conduites par l'Armée de résistance du seigneur (LRA) dans la sous-préfecture de Bakouma (sud-ouest) ont conduit les villageois à fuir leurs maisons pour se réfugier dans la forêt et dans la ville de Bakouma. Le 16 juin, trois personnes ont été tuées dans le village de Wagou, à 10km de Zabe, et 25 autres enlevées. Le 17 juin, cinq personnes ont été enlevées dans la mine d'or de Kono, dont les villages voisins ont été pillés.

À Bangui, la nouvelle estimation de la Commission Mouvement de la Population (CMP) rapporte 111 500 PDI à Bangui, soit une baisse de 5 pour cent par rapport aux 117 400 déplacés identifiés la semaine passée. Ceci confirme la tendance à la baisse observée depuis l’augmentation brutale du nombre de PDI (132 000), suite l’attaque du site de Fatima qui abritait des déplacés le 28 mai dernier. Le site de l'aéroport M'Poko compte toujours le plus grand nombre de PDI dans la capitale (38 400), en attendant l'ouverture de nouveaux sites alternatifs.

Le 16 juin, une évaluation rapide menée par Solidarités International / Mécanisme de réponses rapides (MRR) auprès de 300 personnes nouvellement déplacées à Kabo (site C) et 79 nouveaux PDI à Moyen Sido, deux localités frontalières du Tchad, ont mis en lumière des conditions de logement déplorables et de surpeuplement.

Les refuges existants ne peuvent abriter que 8 pour cent des nouveaux arrivants sur le site de Kabo. La sécurité alimentaire est aussi un souci, certains déplacés ayant signalé avoir voyagé pendant trois mois pour atteindre le site. Aucun ménage ne dispose d’approvisionnement alimentaire au-delà d’une semaine et 96 pour cent des enfants ne mangent qu'une seule fois par jour.

Les 14 et 15 juin, une équipe de MRR a effectué une évaluation multisectorielle sur le site Saint-Joseph de Bambari, et a recommandé la mise en place d’interventions en eau, hygiène et assainissement, en vivres et en non vivres, dès que la situation sécuritaire s'améliore.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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