République centrafricaine: Bulletin du Cluster Santé, 1er Trimestre 2017

Report
from World Health Organization, Health Cluster
Published on 10 May 2017 View Original

POINTS SAILLANTS

  • Regain de violence dans le centre, l’est et le nord-ouest du pays sous le fond de rivalités entre les factions de groupes armés.

  • Le gouverment et l’équipe humanitaire pays ont officiellement lancé le Plan de réponse humanitaire 2017-2019.

  • Le Secteur santé sollicite 28 millions de Dollars américains pour répondre aux besoins urgents des populations les plus vulnérables affectées par les conflits armés en 2017.

  • Persistance des flambées de maladies évitables par la vaccination dans le pays.

SITUATION SECURITAIRE ET SOCIO-POLITIQUE

Depuis le début de cette année, le Centre et le NordOuest du pays sont le théâtre de scènes de violence opposant les groupes armés qui n’épargnent pas les populations civiles dont certaines minorités. Selon des motivations diverses, souvent liées au contrôle des ressources (or, diamant, bétail, le racket routier), les groupes armés s’affrontent de manière récurrente.

Depuis septembre 2016, des affrontements récurrents sont observés entre les éléments de la coalition FRPC –MPC -RPRC-Antibalaka et ceux de l’UPC dans les sous-préfectures de Bria, Ippy, Bakala, Bakouma, et sur les axes autour de Bambari.

Dans la partie Nord-Ouest du Pays, les tensions persistent entre la coalition anti-Balaka-RJ et les éléments du 3R avec de temps à autres des affrontements violents notamment à Koui, Bocaranga et Ngaoundaye.

La capitale Bangui est demeurée relativement calme en dehors des actes de criminalité observés pour la plupart dans le quartier de PK 5 à majorité musulmane. Le dernier incident majeur remonte au mardi 7 février lorsque le chef d’une milice a été tué lors d’une opération conjointe des forces de sécurité intérieure et de la MINUSCA. La mort de ce chef de milice a été suivie d’actes de représailles dans la zone (incendies de maisons dont une église et l’assassinat d’un pasteur de l’église apostolique avec intrusion d’hommes en arme dans un centre de santé géré par un partenaire).

Face au regain de violence à l’intérieur du pays, la MINUSCA a renforcé ses capacités et multiplié ses patrouilles aériennes et terrestres. Au courant du mois de février, des frappes aériennes de la MINUSCA ont stoppé une offensive des éléments de la Coalition FPRC sur les villes d’Ippy et de Bambari. Au cours de la frappe sur l’axe Bria-Ippy l’un des chefs influent de la coalition a été tué et certains de ses lieutenants arrêtés.

Après Kaga Bandoro en Août 2016, le chef de l’Etat centrafricain a effectué une visite à Bambari le 12 mars suivi du déploiement d’une trentaine de gendarmes et policiers dans cette ville. Ces visites marquent la volonté de rétablir progressivement l’autorité de l’Etat dans les zones sous contrôle des groupes armés.

SITUATION HUMANITAIRE

La crise socio-politique et sécuritaire en RCA continue à entraîner des conséquences importantes sur le plan humanitaire en termes de déplacement des populations, de réduction de l’accès aux services sociaux de base, de viols, d’augmentation de la mortalité, de violation des droits humains, d’insécurité alimentaire, de perte des moyens de subsistance des populations, etc.

  • Les déplacés se comptent toujours par centaines de milliers. Au 31 mars 2017, la Commission des Mouvements de Population a dénombré 426 100 personnes déplacées dans le pays dont 115 094 en sites, 306000 dans les familles d’accueil et 5000 en brousse dans la préfecture de Mbomou, soit une augmentation de 6% par rapport à février 2017. Ceci la conséquence de nouveaux déplacements de populations enregistrés en mars dans plusieurs points chauds du nord-Ouest (Bocaranga, Ngaoundaye et Koui), du centre (Bambari, Maloum, Alindao) et de l’Est (Bria, Nzako, Bakouma, Bangassou). L’insécurité et le mauvais état des routes continuent à limiter l’accès des humanitaires dans les zones où se trouvent certains déplacés.

  • La crise de ces derniers mois dans centre du pays a suscité l’attention de la communauté humanitaire. Le 4 mars 2017, une mission humanitaire conduite par Madame La Ministre des Affaires Sociales accompagnée du Représentant de l’OMS qui assure l’intérim Coordonnateur humanitaire et du Représentant spéciale (a.i) du Secretaire Général des Nations Unies en République Centrafricaine s’est rendue à Bambari auprès des personnes déplacées.