LRA Crisis Tracker | Rapport Semestriel 2017

Report
from Invisible Children
Published on 17 Jul 2017 View Original

Résumé

Les tensions sectaires ont progressivement augmenté dans l’est de la République Centrafricaine (RCA) au cours des six premiers mois de 2017. En Juin, la violence s’est propagée des préfectures de la Haute Kotto et du Mbomou, dans les communautés de Zemio et Mboki dans la préfecture voisine du Haut Mbomou. Les attaques des ex-Séléka, anti-balaka et Peuhl armés ont tué au moins 346 civils dans les trois préfectures depuis Janvier 2017, dont 177 seulement en Juin. Les forces de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) ont enlevé 264 personnes au cours des six premiers mois de l’année 2017, principalement ciblant les adultes Congolais utilisés pour transporter des provisions pillées avant leur libération. En Juin, les attaques de la LRA sont restées concentrées près du Parc National de la Garamba dans le nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC). En Juin, un groupe de la LRA mené par les commandants Owila et Ladere a attaqué des communautés près du Parc National de la Garamba dans le nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC). Le groupe rebelle a commis 14 attaques à moins de 25 km du parc et des réserves de chasse environnantes depuis son retour dans la région en Mai 2017.

La violence en RCA fait un pic à Bria, se répand à Zemio

La violence sectaire a englouti les préfectures de la Haute Kotto et du Mbomou depuis Mars 2017, avec des groupes armés s’efforçant de contrôler les villes telles que Bria, Bangassou, Bakouma et Nzako, ainsi que les principales routes commerciales et les sites miniers. En Juin, les combats les plus lourds ont eu lieu à Bria, avec 136 civils tués dans la troisième semaine du mois. Des affrontements supplémentaires ont eu lieu à Nzako et Bangassou. Dans de nombreux incidents, les civils ont été ciblés en fonction de leur identité ethnique et religieuse.

La violence sectaire s’est également répandue dans la préfecture voisine du Haut Mbomou, où les tensions sectaires étaient restées relativement limitées jusqu’en Mai 2017. Les membres armés de la communauté minoritaire Peuhl auraient ciblé les civils non-Peuhl à Tabane et Zemio en Juin, se heurtant souvent à des milices anti-balakas. Au moins 11 civils ont été tués et 20 000 personnes ont été déplacées, y compris plusieurs milliers qui ont fui vers la frontière dans la province du Bas-Uélé en RDC. De brefs affrontements ont également éclaté plus à l’est, à Mboki, mais ont depuis diminué. Les troupes Américaines et les militaires Ougandais ont commencé à se retirer du Haut Mbomou en Avril, laissant un vide sécuritaire que l’armée Centrafricaine (FACA) et les casques bleus de la mission des Nations Unies en RCA (MINUSCA) n’ont jusqu’à présent pas réussi à gérer.

La LRA continue de viser les communautés autour du Parc National de la Garamba

Après une absence de neuf mois, la LRA est retournée dans la région de Garamba en Mai 2017, commettant 17 attaques contre des communautés Congolaises en chemin vers le Parc depuis la frontière avec la RCA. La violence de la LRA près du parc s’est poursuivie en juin, avec dix attaques supplémentaires et 26 enlèvements. Au cours de deux attaques en Juin au sud du parc près de Gangala na Bodio, les forces de la LRA ont attaqué les sites miniers artisanaux, pillant de l’or, des diamants et de l’argent. Les attaques de la LRA contre les communautés proches du parc corrèlent historiquement avec les combattants de la LRA qui ont braconné des éléphants dans le parc. Au début du mois de Juillet, des civils Congolais ont déclaré avoir vu des groupes de la LRA transportant de l’ivoire à trois reprises.

Des témoignages de deux Centrafricains qui se sont échappés de la LRA à Gangala na Bodio au mois de Juin indiquent que le groupe opérant proche de Garamba serait mené par les commandants Owila et Ladere. Owila a souvent été chargé de transporter de l’ivoire de Garamba, et il a été promu fin 2014 pour avoir délivré 40 pointes d’ivoires à Joseph Kony dans l’enclave de Kafia Kingi.

La violence de la LRA a réduit en 2017 en comparaison avec les années précédentes

La LRA a commis un total de 83 attaques et 264 enlèvements dans le premier semestre de 2017, une réduction significative par rapport aux niveaux de violence au milieu de l’année 2014 à 2016. La baisse de la violence de la LRA a été particulièrement dramatique dans l’est de la RCA, où le groupe rebelle n’a enlevé que 78 civils au premier semestre de 2017, contre 341 au premier semestre de 2016. En comparaison, les enlèvements de la LRA en RDC au premier semestre de 2017 (186) étaient supérieurs à ceux du milieu de l’année 2016 (160). Le changement dans les activités de la LRA de l’est de la RCA vers le nord de la RDC en 2017 est peut-être lié à l’insécurité due aux groupes des ex-Séléka et anti-balaka dans l’est de la RCA en 2017, car la LRA a cherché à minimiser les affrontements avec les autres groupes armés. Même si la LRA a coopéré quelques temps avec les leaders des ex-Séléka de la fin 2013 à mi-2015, les groupes des ex-Séléka et anti-balaka se sont montrés plus hostiles à la LRA depuis 2016.

Une grande majorité des 264 personnes enlevées par la LRA au premier semestre de 2017 étaient des adultes que la LRA a obligé à porter des provisions pillées puis a libéré après plusieurs jours. La LRA a enlevé huit enfants dans le premier semestre de 2017, contre 63 dans le premier semestre de 2016, lorsque la LRA a lancé une campagne de recrutement d’enfants dans l’est de la RCA. Cependant, le 11 Juillet, les forces de la LRA ont enlevé quatre garçons et ont déclaré à un chasseur qu’ils cherchaient à enlever davantage, ce qui pourrait signaler un changement de recrutement dans les prochaines semaines.

La stratégie de la LRA, si elle envisage d’essayer de profiter du retrait des forces militaires Américaines et Ougandaises pour se reconstruire, reste incertaine. Les processus internes de prise de décision de la LRA sont notoirement opaques, les rescapés de la LRA ayant historiquement la meilleure vision des plans et de la stratégie du leadership. Cependant, aucun combattant Ougandais masculin adulte ne s’est échappé de la LRA depuis Février 2017 avant que le retrait Américain et Ougandais ne soit annoncé.

Mise à jour des programmes

À Obo, RCA, l’équipe de Invisible Children a travaillé avec le bureau des Affaires Civiles de la MINUSCA pour organiser un atelier sur la prévention et la gestion des conflits intercommunaux avec le soutien des leaders religieux et politiques. L’atelier visait à favoriser le dialogue sur la façon d’atténuer les tensions sectaires et à élargir le rôle des leaders communautaires dans la prévention des conflits intercommunautaires. 31 membres de la communauté, y compris les représentants des Comités de Paix soutenus par Invisible Children, ont participé à l’atelier. Le personnel de Invisible Children a également participé à un atelier d’apprentissage régional mené par Peace Direct dans lequel les participants ont examiné et comparé les outils d’alerte précoce déployés en Afrique centrale et Afrique de l’est et ont cherché à développer des idées sur la façon dont ces outils pourraient être appliqués dans la province du Nord-Kivu, région de Beni.

En coopération avec des agences internationales humanitaires et AFASVR (l’un de nos partenaires locaux), l’équipe de Invisible Children a facilité la réunification de huit rescapés de la LRA avec leurs familles à Bria et Bangassou. Les rescapés ont passé entre un et six ans dans la LRA, y compris une jeune fille de 14 ans qui a passé un an en captivité.

De plus, Invisible Children a financé une formation médicale menée par des médecins et des infirmiers locaux à Obo, dans laquelle 16 rescapés de la LRA ont reçu un certificat pour devenir agents de santé. Les 16 participants à la formation étaient membres des Associations de Victimes de la LRA locales de Mboki et Obo, qui comprennent les rescapés de la LRA.