L’accès humanitaire en péril en Centrafrique

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 04 May 2017

Bangui, le 4 mai 2017 – La flambée de violence qui a caractérisé le premier trimestre de l’année 2017 en République centrafricaine affecte désormais directement les acteurs humanitaires. Depuis mars 2017, dans la seule préfecture de l’Ouham, au Nord de la RCA, 16 attaques les ont ciblés. A l’échelle du pays, depuis le début de l’année, 33 incidents ont été enregistrés. Ce chiffre place la Centrafrique parmi les pays à haut risque pour les humanitaires.

Devant cette violence ciblée, quatre organisations humanitaires majeures ont pris la décision de suspendre temporairement leurs activités dans les régions où les menaces à leur égard ont atteint leur paroxysme. Leurs employés seront redéployés à Bangui en attendant que leur sécurité soit de nouveau assurée. Dans le même temps, d’autres organisations ont décidé de réduire leur présence aux activités strictement destinées à sauver des vies. Elles n’excluent cependant pas de se retirer complétement si les attaques dont elles sont la cible venaient à persister.

La violence à l’égard des humanitaires est inquiétante à plusieurs égards. La suspension même temporaire des activités humanitaires aura, à n’en point douter, un impact négatif sur les conditions de vie des personnes qui comptent sur cette aide. De même, un retrait permanent accroitrait la vulnérabilité des personnes dont la survie dépend exclusivement de l’aide humanitaire. «Ce retrait constituent un recul dans l’accès humanitaire pour la Centrafrique dans la mesure où elle met dans le désarroi des personnes qui ont déjà subi plusieurs violences et ont vécu plusieurs déplacements successifs » s’est indigné le Coordonnateur humanitaire, a.i, Michel Yao. «Je condamne ces actes avec la dernière énergie et rappelle qu‘en RCA la moitié de la population est dépendante de l’aide humanitaire eu égard à la difficulté de restaurer les services vitaux de base. La suspension de cette aide mettrait en péril la stabilité sociale et hypothéquerait la résilience encore si fragile des communautés » a-t-il martelé.

Michel Yao a d’autre part rappelé que la Centrafrique traverse toujours une crise humanitaire. Les activités des groupes armés ne devraient en aucun cas empêcher les partenaires humanitaires d’accéder aux populations vulnérables et vice versa.

Ces attaques interviennent dans un contexte marqué par un sous-financement aigue de l’action humanitaire. La communauté humanitaire aux côtés des autorités centrafricaines a entrepris un plaidoyer intense visant à alerter les bailleurs sur l’augmentation des besoins alors que les ressources restent maigres. A ce jour, le Plan de réponse humanitaire d’un montant de 399,5 millions de dollars n’est financé qu’à hauteur de 11%.

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Yaye Nabo Séne, Cheffe, Information publique, + 236 70 08 75 65, seney@un.org

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