Bangui assure "négocier" avec le rebelle ougandais Kony dans un but humanitaire

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from Agence France-Presse
Published on 22 Nov 2013

11/22/2013 15:18 GMT

Par Christian PANIKA

BANGUI, 22 novembre 2013 (AFP) - La présidence centrafricaine a assuré vendredi négocier avec le chef rebelle ougandais, Joseph Kony, recherché depuis des années pour crimes contre l'humanité, afin d'aider les "femmes et les enfants" qui vivent, selon Bangui, avec les combattants dans une région isolée du pays.

M. Djotodia appelle cependant la communauté internationale à se saisir de cette situation parce que, estime-t-il,son pays est déjà confronté à beaucoup de problèmes.

Malgré les très forts doutes exprimés dès jeudi par les Etats-Unis sur le fait que Djotodia soit en contact avec le chef de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), le porte-parole de la présidence centrafricaine, Guy-Simplice Kodégué, a réaffirmé vendredi à l'AFP qu'il y avait des "négociations" en cours.

L'armée ougandaise, appuyée par une centaine de soldats américains, mène depuis 2008 une chasse à l'homme pour retrouver Joseph Kony dans le cadre d'une opération de l'Union africaine. Washington a offert cinq millions de dollars pour sa capture.

Forces américaines et ougandaises sont basées dans l'extrême sud-est de la Centrafrique, à Obo, dans une région où des pillages et des enlèvements attribués à la LRA sont signalés depuis plusieurs années, comme également dans des régions voisines de République démocratique du Congo et du Soudan du sud.

Avec le chef rebelle - premier suspect à avoir été inculpé, en 2005, par la Cour pénale internationale (CPI) - et ses combattants, "il y a des enfants, des femmes, des vieillards, qui sont des apatrides: tout cela a amené les autorités centrafricaines, et le chef de l'Etat en premier lieu, à envisager une phase de négociations", a assuré M. Kodégué.

Bangui évalue leur nombre à 7.000. En septembre des rumeurs avaient déjà couru dans la capitale centrafricaine sur des hommes armés, accompagnés de civils, se prétendant membres de la LRA et voulant se rendre dans la région d'Obo. Ces rumeurs n'ont jamais été confirmées.

"Aujourd'hui, la question est de trouver un statut à toute cette équipe là", a ajouté le porte-parole: "Joseph Kony avec ses hommes veulent se rendre, déposer les armes et renoncer à la lutte armée, à leur folle entreprise criminelle".

"Déjà trop de problèmes"

M. Djotodia avait affirmé jeudi que Joseph Kony voulait "sortir de la clandestinité". "Nous sommes en train de négocier avec lui. Il a demandé à être fourni en nourriture, le gouvernement s'est occupé de cela.

Dès jeudi soir, un haut responsable américain avait estimé que les déclarations de Bangui sur des négociations directes avec Joseph Kony n'étaient pas "crédibles". Ce responsable croit que seulement 12 à 13 combattants, ainsi que quelques membres de la famille de Kony, seraient en pourparlers avec le président Djodotia.

La LRA était active dans le nord de l'Ouganda depuis 1988, mais ses combattants ont essaimé depuis 2005 dans le nord-est de la RDC, en Centrafrique et au Soudan du Sud.

"Les Etats-Unis ont mis beaucoup de moyens, notamment de l'argent, du matériel et des hommes pour traquer Kony. Cela dure encore. C'est une position qu'ils défendent, mais nous pensons qu'il faut donner tout son sens à la démarche du chef de l'Etat, afin d'éviter à la Centrafrique de sombrer dans un autre cycle de violences", a répliqué le porte-parole de la présidence.

Quoiqu'il en soit, désormais, M. Djotodia "appelle le communauté internationale à se saisir de cette situation parce que la Centrafrique a déjà trop de problèmes", a souligné M. Kodégué.

Le pays connait une insécurité généralisée depuis le renversement, le 24 mars, du régime de François Bozizé par Michel Djotodia, à la tête de la coalition rebelle Séléka qu'il a ensuite dissoute, et la communauté internationale s'alarme désormais d'un risque de "génocide" dans un pays à l'économie en ruine et confronté à une crise humanitaire d'ampleur.

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