Accompagner le retour des personnes déplacées à Bangui

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from ACTED
Published on 17 Mar 2017 View Original

La crise de 2013 a contraint de nombreuses familles à fuir la capitale, Bangui, et beaucoup se sont réfugiées dans le camp de déplacés de M’Poko, aux abords de l’aéroport de Bangui, qui accueillait jusqu’à peu plus de 40 000 personnes. En ce début d’année 2017, de plus en plus de personnes ont amorcé un mouvement de retour vers leurs quartiers d’origine, et, depuis la fermeture définitive en février dernier du site de M'Poko, la dynamique des retours s’accentue. Mais, dans des quartiers où les infrastructures sont déjà peu disponibles, ces mouvements de retour créent une pression importante, tout en affectant la cohésion sociale. Avec l’accélération de ces mouvements de retour, ACTED s’est mobilisée pour apporter un appui aux personnes retournées, notamment dans le 3ème arrondissement de Bangui, particulièrement concerné par la situation. En janvier 2017, ACTED a lancé un nouveau projet pour soutenir les quelque 17 500 personnes de retour dans le 3ème arrondissement, de la reconstruction de maisons détruites à l’amélioration des conditions d’accès à l’eau et à l’assainissement, tout en favorisant la cohésion sociale dans les quartiers.

Récemment, en mars 2017, l’équipe d’ACTED a rencontré les représentants locaux (conseillers du Maire, chefs de quartiers, chefferies, associations locales) du 3ème arrondissement pour leur présenter les principaux objectifs du projet, les critères sur lesquels seront sélectionnés les bénéficiaires et le calendrier de mise en œuvre. Pour ACTED, rencontrer les autorités locales et les leaders communautaires est une première étape nécessaire avant de démarrer les activités. Ce type de discussion permet d’assurer la compréhension et le soutien des autorités, qui facilitera les interventions d’ACTED sur le terrain. Tous ont témoigné de leur volonté de retrouver la paix et la sécurité et soutiennent activement ce projet de reconstruction.

Répondre aux besoins croissants des personnes retournées

Plusieurs niveaux d’intervention seront nécessaires pour permettre aux familles retournées de retrouver une vie stable dans leur quartier d’origine : beaucoup de familles ont perdu leur maison, détruite lors des conflits, ou endommagées et non habitables en l’état. Quelque 600 familles parmi les plus vulnérables pourront bénéficier de formations à la réparation et à la reconstruction d’abris ainsi que de coupons qui leur permettront d’acquérir des matériaux de construction ou de réparation. Au-delà des maisons individuelles, les infrastructures communes ont également été endommagées ou détruites, compromettant ainsi l’accès à l’eau et à l’assainissement. Au-delà d’un toit sur leur tête, les familles auront besoin d’un accès à de l’eau saine pour boire, se laver et faire la cuisine. ACTED a d’ores et déjà identifié les puits à réparer, pour permettre aux habitants de retrouver un accès à l’eau. Puis, les caniveaux pour l’évacuation des eaux usées seront nettoyés, afin d’éviter la prolifération de maladies comme le paludisme, le choléra ou la typhoïdes, et empêcher la survenance d’inondations pendant la prochaine saison des pluies. Pour mener tous ces travaux à bien, ACTED embauchera des jeunes et des femmes sans emploi dans le cadre d’activités d’argent contre travail. Le revenu temporaire perçu leur permettra de nourrir leur famille ou d’investir dans des activités génératrices de revenus.

Un enjeu majeur du retour est aussi la cohésion sociale des populations, de différentes communautés et ethnies. ACTED entend mettre en place des séances de dialogue dans les quartiers pour gérer les éventuels conflits susceptibles de survenir entre les nombreuses familles retournées au sein d’un même quartier. Des interventions pour réparer des infrastructures socio communautaires, installations communes profitables à la communauté dans son entier, permettront également de contribuer à limiter les éventuels conflits et à renforcer la cohésion sociale.

Depuis 2014, ACTED reçoit le soutien du Service d’aide humanitaire de l’Union européenne (ECHO) pour soutenir les familles déplacées désireuses de rentrer chez elles, et participe à l’amélioration des conditions de vie des populations dans les principaux quartiers de retour tout en limitant les risques de tensions intercommunautaires.