Le Cameroun a besoin de plus de soutien pour faire face aux crises multiples [EN/FR]

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 18 Jul 2014

Yaoundé, le 18 juillet 2014: Robert Piper, le Coordonnateur humanitaire régional des Nations-Unies pour le Sahel, termine une mission de quatre jours à Yaoundé et dans l’Est du Cameroun pour évaluer les besoins humanitaires croissants. Durant sa visite, il a notamment rencontré les autorités nationales et locales, les acteurs humanitaires ainsi que les membres du corps diplomatique.

Le Cameroun fait actuellement face à de multiples urgences, notamment dans la ceinture sahélienne au Nord du pays où la malnutrition, les épidémies et l’insécurité alimentaire menacent des millions de camerounais. A cela s’ajoute le fardeau supplémentaire résultant de l’arrivée de 230 000 réfugiés de République Centrafricaine et du Nigéria que le pays accueille.

« A travers toute la région du Sahel, des millions de ménages souffrent des aléas du climat, d’un accès limité aux services de base et d’une insécurité grandissante », note M. Piper en ajoutant que « la région sahélienne du nord du Cameroun et ses 7 millions d’habitants sont touchés de la même façon par cet environnement de plus en plus hostile.»

Robert Piper s’est rendu dans la Région de l’Est du Cameroun où plus de 200 000 personnes ont fui la crise en République Centrafricaine -la moitié d’entre eux depuis janvier- pour trouver refuge dans les sites et les villages des Régions de l’Est et de l’Adamaoua. Au village frontalier de Gbiti et dans le site de réfugiés de Timangolo, il a rencontré des familles déplacées, les équipes humanitaires ainsi que des représentants du Gouvernement.

Un enfant refugié centrafricain sur trois souffre de malnutrition aigüe. Ils arrivent dans un état d’épuisement dramatique et nombre d’entre eux sont gravement blessés et malades. Bien que le flux de réfugiés ait fortement baissé depuis le rythme qui culminait à 5 000 nouveaux arrivés par semaine entre mars et mai, de nouvelles arrivées continuent d’être enregistrées chaque jour. »

« Les réfugiés centrafricains ont vécu un cauchemar sans commune mesure. Nos équipes humanitaires travaillent d’arrache-pied pour stabiliser leur situation. Les villages avoisinants les ont aussi accueillis les bras ouverts. La collaboration avec le Gouvernment du Cameroun a également été excellente, tant au niveau central que local », note M. Piper après sa visite. Néanmoins, le financement actuel de la réponse humanitaire au Cameroun n’atteint à peine que 30 pourcent des besoins, ce qui menace sérieusement la viabilité des opérations pour les mois à venir. « Il faut un changement radical dans la manière de financer cette réponse pour maintenir l’élan impulsé», a-t-il ajouté, en apellant les bailleurs de fonds « à ne pas négliger les crises multiples auxquelles le Cameroun fait face et pour lesquelles le Gouverement nécessite -et mérite- plus de soutien international. »

Dans la région sahélienne du Cameroun, les problèmes chroniques de santé, de nutrition et d’alimentation sont aujourd’hui aggravés par l’afflux de presque 19 000 réfugiés qui ont fui la violence au Nigeria.

« Les sècheresses et les inondations récurrentes, couplées aux épidémies actuelles de choléra et de rougeole rendent les personnes toujours plus vulnérables à la malnutrition et à l’insécurité alimentaire, surtout les jeunes enfants et les femmes », explique Najat Rochdi, Coordonnateur Résident du système des Nations Unies au Cameroun. « Les partenaires de l’aide sont engagés à poursuivre leurs efforts, avec le Gouvernement, pour s’attaquer aux causes sous-jacentes de ces vulnérabilités, tout en répondant à l’augmentation récente des besoins humanitaires déclenchés par les crises régionales actuelles.»

M. Cyprien Fabre, le gestionnaire régional du service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission Européenne (ECHO) a également accompagné la visite. M. Fabre a noté le sérieux de la situation humanitaire à travers le Cameroun où « les réfugiés ajoutent aux difficultés d’une population hôte déjà vulnérable. » Au vu de l’amplitude des défis, ECHO va augmenter ses opérations dans les semaines à venir.

A ce jour, les Nations-Unies et les partenaires humanitaires ont reçu 22 millions US$, soit 19 pourcent des 117 millions US$ requis en soutien à l’opération humanitaire en cours, ainsi que 11.7 millions (10 pourcent) US$ en promesses de don. 8.6 millions US$ supplémentaires ont été fourni en dehors de l’appel humanitaire. Les contributions de l’Union Européenne, des Etats-Unis et du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) représentent actuellement 80 pourcent des fonds reçus.

Pour obtenir des informations supplémentaires, veuillez contacter :
Ivo Brandau, OCHA Afrique de l’Ouest et du Centre, brandaui@un.org, +221 77 450 6232,
Bérénice Van Den Driessche, Bureau du Coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel, OCHA Afrique de l’Ouest et du Centre, vandendriessche@un.org, +221 77 333 91 95
Bibiane Ndah, UNDP Yaoundé, bibiane.ndah@undp.org, +237 71 050 660

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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