Cameroun: Weekly Notes #76 06 - 11 Fév 2017

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 11 Feb 2017

Sécurité

La situation sécuritaire dans la région de l’Extrême-Nord demeure précaire, et plus particulièrement dans les départements frontaliers du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Sava et du Logone et Chari. Après la reconquête de la forêt de Sambissa par l’armée nigériane, les combattants de Boko Haram se sont dispersés et évoluent en petits groupes, perpétrant des attaques dans les localités frontalières côté Cameroun. Le 06 Février, six militaires camerounais ont été blessés dans des combats contre Boko Haram à Gakaram dans le Mayo Sava. Les populations de Bakaresse près de Kolofata ont été dépouillées de tous leurs biens lors d’une incursion de Boko Haram dans la nuit du 07 au 08 Février.

Développements majeurs

Dans le cadre de la stratégie de soutien aux communes et d’autonomisation multi annuelle aux réfugiés centrafricains dont la stratégie de moyens de subsistance 2017 – 2020 est l’un des piliers, le HCR a mené, à travers l’Institut de Formation et de Recherche Démographiques (IFORD), une étude de base portant sur la cartographie des zones de moyens de subsistance et l’analyse de l’économie des ménages dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord.
Le rapport final de cette étude a été présenté le 09 février à Yaoundé aux partenaires, donateurs et administrations publiques concernées. L’étude avait pour objectif d’évaluer d’une part le niveau de vie socio-économique et l’autosuffisance actuelle des réfugiés centrafricains vivant dans ces régions, ainsi que de leurs populations hôtes, et d’identifier d’autre part leur potentiel dans une perspective d’accroissement de leur résilience pour leur autonomisation.
L’ambassadeur de France au Cameroun, Son Excellence Gilles Thibault, a effectué une visite de terrain sur le site de Gado le 08 Février. Il a, à l’occasion, visité les infrastructures installées : poste de santé, réservoir d’eau, magasins Cash Based Transfert, activités d’autonomisation, centre de prise en charge des femmes et des filles. L’ambassadeur a également rencontré les réfugiés centrafricains, avec lesquels il a échangé sur l’accès aux soins de santé, l’aide alimentaire et les perspectives de retour dans le pays d’origine. Il a exprimé l’engagement de la France en faveur de la sécurité alimentaire des réfugiés vivant au Cameroun en déclarant que « la France a obtenu un financement afin de soutenir le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et que Paris fera le plaidoyer nécessaire auprès des autres donateurs pour soutenir davantage le PAM ». La veille, l’ambassadeur a visité les réfugiés installés dans le village de Lokoti, après avoir inauguré des salles de classe à Meidougou, aux côtés du Gouverneur de la Région de l’Adamaoua et de toutes les autorités administratives de Meiganga.

Région de l’Extrême-Nord

Statistiques

Le camp de Minawao compte un total de 61 344 individus (16 499 ménages) enregistrés au 11 Février.

Protection Un total de 51 individus (34 ménages) est arrivé spontanément au centre de transit de Gourounguel au cours de la période sous revue. La majorité de ces nouveaux arrivés proviennent des villages camerounais de Meme, Zelevet, Mora, Bogo, Kashimri, Double, Tchakarmari, Guider et Yagoua où ils vivaient depuis le début de la crise et arrivent vers le camp pour des besoins de regroupement familial. Une minorité arrive directement de Mubi, de Maidugouri et de Lagos au Nigéria où ils fuient les conditions de vie rendues difficiles par les exactions des combattants de Boko Haram.
Par ailleurs, un total de128 individus (92 ménages) ont été screenés et transférés du centre de transit vers le camp de Minawao.
Un rapport de protection menée auprès de la frontière fait état de 204 demandeurs d’asile nigérians interpellés à Kolofata et renvoyés à Banki au Nigéria le 10 février. Le HCR, conscient des défis sécuritaires dans la zone, ne cesse de déployer des efforts de plaidoyer auprès des autorités camerounaises en vue de maintenir l’accès à l’asile et de respecter ainsi le principe international de non refoulement.

Protection de l’enfance

Dans le but d’améliorer l’environnement de protection des enfants, une réunion s’est tenue avec les enfants non accompagnés, les enfants séparés adolescents et leurs familles d’accueil en vue de sensibiliser les familles d’accueil des enfants non accompagnés (ENA) et des réfugiés sur les conséquences de la sortie non autorisée du camp de Minawao. A l’issue de cette réunion, il a été recommandé entre autres de dénoncer systématiquement toute tentative ou intention cachée de retour au Nigeria de familles ayant des ENA à leur charge, d’améliorer les relations parents-enfants afin de limiter les risques de fuite, de traiter les enfants avec dignité et humanité et d’assurer la scolarité de ces enfants.

Education

En vue d’améliorer l’éducation des enfants en âge préscolaire, une supervision conjointe a été conduite le 09 Février dans les centres préscolaires du camp avec le Ministère de l’Education de Base. Il s’est agi de recycler et de renforcer les capacités de 21 animateurs pédagogiques du camp afin de leur permettre d’améliorer les méthodes de tenue des cahiers de préparation des leçons, de préparation des cours et des enseignements.
Les élèves du camp ont par ailleurs activement pris part aux activités de célébration de la 51ème fête nationale de la jeunesse à travers des activités culturelles, récréatives et sportives, activités clôturées par le défilé au camp sous le regard des partenaires et autorités traditionnelles.
Dans le cadre de l’alphabétisation fonctionnelle, un total de 437 apprenants (233 femmes et 204 hommes) a été entretenu sur « l’hygiène et la salubrité » au cours d’une causerie éducative. Ces apprenants seront des porte-paroles chargés de sensibiliser la communauté sur l’importance de l’hygiène et de la salubrité afin de garder leur environ et leur espace de vie propres et sains, et de réduire de ce fait les risques de maladies.

Régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord

Protection

Une mission du HCR a effectué un monitoring des frontières le 07 Février à Yamba et à Ngaoui dans la région de l’Adamaoua, suite aux violences survenues le week-end du 28 au 30 janvier dans des villages centrafricains non loin de la frontière. La mission a rencontré les éléments de la police des frontières, et a recensé 85 nouveaux arrivants. Ces derniers ont été enregistrés et il leur sera apporté assistance et protection. Suite à l’arrivée continue des demandeurs d’asile centrafricains ces dernières semaines, le HCR prête une attention particulière à cette situation dans un contexte où les fonds d’assistance humanitaire sont en constante baisse et où une perspective de retour est incertain compte tenu de la situation sécuritaire en RCA.
Dans le cadre de la stratégie durable du Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) concernant la gestion des réfugiés, un consultant de ce département ministériel s’est rendu dans les sites organisés de Lolo, Mbile, Timangolo et Ngarisingo, ainsi qu’à Mandjou en vue de mener une étude, initiée par le Gouvernement camerounais, qui porte sur les conditions de retour des réfugiés centrafricains. Le consultant a rencontré les réfugiés et a échangé avec eux sur le rapatriement volontaire, la situation sécuritaire dans leur pays d’origine, et la possibilité de leur intégration au Cameroun. Cette étude permettra au MINEPAT de prendre en compte les réfugiés dans la planification de ses activités de développement.

Biométrie

L’opération de vérification/enrôlement des réfugiés à la biométrie dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord se poursuit. Un total de 3 186 individus (1 729 femmes et 1 457 hommes) a été enrôlé au cours de la semaine sous rubrique dans les centres de Libongo à l’Est et de Boforo dans l’Adamaoua. Ceci porte à 132 091 individus (69 847 femmes et 62 244 hommes) le nombre de personnes vérifiées depuis le début de l’opération en Février 2016.
L’opération se poursuivra dans les localités de Yola à l’Est et de Bindiba dans l’Adamaoua.

Moyens de subsistance

Dans le souci de mieux gérer l’environnement et l’écosystème d’une part, et de résoudre les difficultés d’accès au bois de chauffe par les réfugiés d’autre part, 100 femmes réfugiées sont formées depuis le 08 Février en fabrication de foyers améliorés et production de briquettes sur le site de Mbile. Chaque femme ainsi formée dans le cadre de ce projet aura la charge de former en retour 40 autres femmes réfugiées afin de multiplier les résultats de cette activité. La disponibilité de l’espace reste la difficulté majeure pour la réalisation de ces activités.