Bulletin hebdomadaire d'information No. 130 pour l'Afrique de l'Ouest
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA)
Réseaux d'Information Régionaux Intégré (IRIN)
(du 22 au 28 juin 2002)
LIBERIA: Des milliers de personnes en fuite
Des réfugiés libériens et des Sierra-Léonais retournant chez eux ont continué d'arriver en grand nombre en Sierra Leone cette semaine, à la suite d'une attaque des rebelles qui serait survenue le 20 juin près de Sinje, dans l'ouest du Liberia. Le HCR dit avoir recensé 4 713 personnes ayant traversé la frontière à Gendema pour se rendre au Sierra Leone, du 23 au 27 juin. Le 24 juin, on comptait au moins 22 000 Libériens à l=B4intérieur des camps du pays voisin, selon l'agence.
Margaret Novicki, porte-parole de la Mission de l'ONU en Sierra Leone (MINUSIL) a déclaré à IRIN à Freetown que les forces armées du Sierra Leone avaient été déployées pour protéger la frontière et assurer que des Libériens armés ne puissent pas la traverser. Elle a indiqué que la MINUSIL maintiendrait aussi une forte présence le long de la frontière et allait poursuivre ses patrouilles régulières d'hélicoptères.
Toutefois, l=B4opération de surveillance s=B4est avérée difficile, dit-elle, en raison de l'existence de 27 points de passage non officiels, en plus des deux passages officiels.
Un commandant de police sierra-léonais a informé IRIN qu'au moins une dizaine d'anciens combattants libériens ont été déclarés chaque semaine aux autorités sierra-léonaises à la frontière, au cours des trois derniers mois.
Les combats au Liberia, entre forces fidèles au président Charles Taylor et rebelles appartenant aux Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), se sont intensifiés au cours des récentes semaines. Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a alerté le Conseil de sécurité le 19 juin de la possibilité que le conflit déborde en Sierra Leone.
Sinje, théâtre de l'attaque de la dernière semaine, est située à quelque 80 kilomètres de la capitale libérienne, Monrovia. Avant l'attaque, cette localité accueillait des milliers de réfugiés sierra-léonais et de Libériens déplacés.
Cinq infirmières enlevées à Sinje par les combattants des LURD se trouvaient toujours entre les mains des rebelles, dans la nuit de jeudi, a confirmé vendredi à IRIN un responsable des LURD. Il a déclaré que le groupe prévoyait les remettre à l'ONU ou à un autre organisme d'aide et n'attendait que de discuter des modalités pour le faire.
LIBERIA: Deux rencontres pour chefs de file prévues en juillet
Des projets visant à organiser deux rencontres séparées entre chefs de file politiques et de la société civile du Liberia ont été annoncés cette semaine, mais il n'est pas certain que les principaux acteurs y participeront.
Une conférence appelée le Forum des dirigeants libériens doit normalement se tenir du 8 au 11 juillet à Ouagadougou, au Burkina Faso, afin de discuter de solutions possibles aux problèmes sociaux et politiques du Liberia. La rencontre comprendrait des membres du parti au pouvoir du président Charles Taylor, les partis d'opposition, des groupes de la société civile et des rebelles qui luttent pour renverser le gouvernement Taylor, a annoncé jeudi à IRIN un membre du groupe de travail qui organise cette conférence.
Tenue sous les auspices du gouvernement hôte du Burkina Faso, les crises humanitaires, la sécurité, la réconciliation et les élections au Liberia auront une haute priorité dans l'ordre du jour de la réunion, a indiqué Dusty Wolokolie, le chef de l'équipe technique du groupe de travail.
Toutefois, un leader de l'opposition libérienne, Alhaji Kromah, a déclaré vendredi qu'il ne participerait pas à la rencontre si elle a lieu au Burkina Faso. M. Kromah était le chef du Mouvement de libération uni du Liberia, un ancien groupe rebelle qui a combattu les forces de Charles Taylor durant ce qu'il est convenu d=B4appeler la guerre des factions au Liberia (1989-1996).
Ouagadougou, écrit-il dans un communiqué envoyé à IRIN, ne constitue pas un lieu adéquat pour tenir cette rencontre, parce que le président burkinabé, Blaise Compaoré, demeure "un ardent partisan de Charles Taylor", y prétend-il. M. Kromah indique également que le lieu de la rencontre devait normalement être choisi le 28 juin.
Le gouvernement du Liberia a aussi annoncé que les chefs politiques libériens se réuniraient à Monrovia au cours du mois de juillet. Toutefois, des sources diplomatiques affirment que peu de leaders de l'opposition sont susceptibles d'y prendre part, en raison de craintes pour leur sécurité.
Selon cette source, l'opposition sera d'autant moins disposée à prendre part à la conférence prévue à la suite de la détention cette semaine à Monrovia d'un journaliste et de trois autres hommes, accusés par les autorités d'appartenir au groupe rebelle «Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie».
SIERRA LEONE: L'ONU réduira la présence de ses troupes dès décembre
Les Nations Unies vont commencer en décembre à réduire leur présence militaire en Sierra Leone, a confirmé jeudi à IRIN le commandant du contingent de l'ONU, le lieutenant général Daniel Ishmaël Opandé.
Ce contingent constitue la plus importante mission militaire de l'ONU dans le monde à l'heure actuelle, comprenant 17 500 soldats et observateurs militaires provenant de plus de 37 pays. Quelque 322 employés civils internationaux et 552 nationaux font aussi partie de la Mission de l'ONU en Sierra Leone (MINUSIL).
M. Opandé a déclaré qu'il s'agirait d'un retrait graduel, pour éviter de créer un vide sécuritaire en Sierra Leone, ajoutant que cela dépendrait de la situation qui prévaudra dans le pays. Le Secrétariat de l'ONU a dépêché une équipe militaire au Sierra Leone, du 9 au 14 juin, pour aider la MINUSIL à établir des propositions de retrait des troupes.
Jeudi, lors d'une rencontre avec des dirigeants locaux dans le district de Kenema, le Représentant spécial du Secrétaire général en Sierra Leone, l'ambassadeur Oluyemi Adeniji, a déclaré que l'ONU voulait que les Sierra-Léonais "commencent à prendre la direction (du pays)" dès maintenant.
C=D4TE D'IVOIRE: Couvre-feu imposé à la suite de violences politiques
Un couvre-feu a été imposé cette semaine dans la ville ivoirienne de Daloa, à 400 kilomètres au nord-ouest d'Abidjan, à la suite d'affrontements entre partisans de partis politiques en campagne, qui ont fait cinq morts et 50 blessés. Le couvre-feu, imposé mercredi, sera en vigueur jusqu'au 15 juillet. Les rassemblements politiques sont bannis à Daloa de 18 heures (heure locale, et la même en temps universel) jusqu=B4à 6h du matin pour la durée du couvre-feu, a rapporté la presse nationale.
Les combats ont éclaté mardi lorsque des partisans d'un parti participant au pouvoir, le Front populaire ivoirien - Parti démocratique de Côte d'Ivoire (FPI/PDCI), ont affronté ceux d'un parti d'opposition, Rassemblement des républicains (RDR) alors que le premier se préparait à tenir un rassemblement politique. On a eu recours aux jets de pierres et à des machettes et ce alors que des boutiques et une partie du marché local étaient incendiés. Chaque partie rejette sur l'autre la responsabilité de ces troubles qui sont survenus trois jours après le début de la campagne pour des élections locales prévues pour le 7 juillet.
Le gouvernement a indiqué qu'il a prévu une somme de 50 millions de francs CFA (environ 70 000 dollars américains) pour venir en aide aux familles des victimes.
Le ministre de l'Intérieur, émile Boga Doudou, a déclaré aux représentants des partis politiques jeudi à Abidjan que son ministère ferait tout en son pouvoir pour rétablir la paix et maintenir l'ordre. Mais il a demandé aux partis de lancer un appel au calme et de respecter les autres durant la campagne électorale.
CAMEROUN: Les élections ont lieu ce dimanche
Quelque quatre millions d'électeurs camerounais sont inscrits pour voter dimanche lors des élections législatives et municipales reportées, d'abord prévues pour le 23 juin.
Le report, annoncé le 22 juin, était attribuable au fait que les préparatifs n'avaient pas été achevés. L'un des principaux problèmes était que les bulletins de vote n'avaient pas été imprimés par la société propriété de l'état qui en avait reçu le mandat.
Des sources au Cameroun ont déclaré à IRIN que le gouvernement avait accru ses efforts cette semaine pour garantir que le scrutin aurait bien lieu, notamment en accordant des contrats à plusieurs imprimeurs pour produire les bulletins de vote. Le ministre suppléant pour l'administration du territoire a aussi effectué une tournée de plusieurs provinces pour faire l'inventaire des problèmes restants et les aplanir. Le renvoi annoncé à la dernière minute avait coûté son emploi à son prédécesseur.
En tout, 48 partis politiques briguent les suffrages pour les élections législatives, alors que 26 partis sont dans la course pour les élections municipales.
NIGéRIA: Environ 300 Sierra-Léonais retournent chez eux
Environ 300 Sierra-Léonais réfugiés au Nigéria ont opté pour le rapatriement volontaire et devraient retourner dans leur pays d'ici la fin juillet, a indiqué jeudi à IRIN Marcellin Hepie, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
M. Hepie a déclaré que le reste des 2 061 réfugiés sierra-léonais ont choisi, pour différentes raisons, de demeurer au Nigéria. "Parmi ceux qui ont connu la guerre, beaucoup pensent qu'il est prématuré de retourner en Sierra Leone", a dit M. Hepie à IRIN. "Ils ne sont pas certains que la paix durera longtemps et veulent voir si leurs leaders sont sérieux concernant le processus de pax."
Selon lui, certains de ces réfugiés proviennent de zones proches de la frontière du Liberia, et plusieurs craignent que les combats dans ce pays ne débordent en Sierra Leone, comme cela s=B4est déjà produit. D'autres invoquent qu'ils n'ont plus de parents là-bas, parce qu'ils ont été tués ou habitent désormais à l'étranger.
Jusqu'à la fin de l'an dernier, le Nigéria accueillait 7 392 réfugiés, incluant les Sierra-Léonais, 3 194 Tchadiens, 1 645 Libériens et de plus petits nombres de réfugiés du Soudan et de Centrafrique.
NIGéRIA: Les femmes, principales victimes du trafic humains
Les femmes représentent environ 98 pour cent des Nigérians, victimes pour la plupart de trafic humains, qui ont été déportées par divers autres pays au cours des années récentes, ont révélé cette semaine les autorités nigérianes de l'immigration.
Selon ces dernières, 1 098 personnes, soit 1 081 femmes et 17 hommes, ont été ramenées d'Europe et d'Amérique du Nord au cours des trois dernières années. Environ 200 ont été rapatriées la semaine dernière.
L'Italie, l'Espagne, les états-Unis et l'Afrique du Sud faisaient partie des principales destinations vers lesquelles les trafiquants attiraient les femmes par la ruse puis les vendaient à des réseaux de prostitutions, ont indiqué des fonctionnaires.
L'absence d'une loi à cet égard a jusqu'à maintenant entravé la capacité du Nigéria à lutter contre ce trafic illégal. L'agence de presse du Nigéria a rapporté lundi les propos de Mike Mku, Conseiller spécial du président Olusegun Obasanjo en matière de trafic humain et de travail des enfants, selon lequel un projet de loi préconisant de plus lourdes sanctions sera bientôt introduit auprès du parlement.
NIGéRIA: Un état du sud établit une force de vigiles d'autodéfense
L'état d'Ebonyi, dans le sud-est du Nigéria, a légalisé le recours à une milice en tant que force pour lutter contre le crime. Le gouverneur d'Ebonyi, Sam Egwu, a signé le projet de loi le 21 juin, en faisant ainsi une nouvelle législation désormais en vigueur dans cet état.
Des groupes d'autodéfense, connus sous l'appellation de Bakassi Boys, opèrent depuis deux ans dans les états d'Anambra, Abia et Imo. Dans le sud-ouest du Nigéria, le Congrès du Peuple Oodoua (CPO), une milice ethnique, a joué un rôle semblable.
L'adoption de cette loi survient alors que prend forme une campagne internationale contre l'utilisation de telles milices, dont les méthodes de lutte contre le crime incluent d'imposer sommairement des peines de décapitation aux suspects ou consistant à les brûler vifs! Les gouverneurs de certains états s'opposent à cette campagne en invoquant leur droit d'adopter des lois pour garantir la sécurité de leurs électeurs.
Joseph Chukwu, porte-parole du gouverneur d'Ebonyi, a indiqué que la force de vigiles d'autodéfense mise sur pied par l'état ne fera que compléter la police et ne commettra pas d'exécution extrajudiciaire.
CAP-VERT: Le PAM lance un appel à l'aide
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une opération d'aide alimentaire d'urgence d'un montant de 1,3 million de dollars américains, pour aider à nourrir quelque 30 000 Cap-Verdiens menacés par la faim, a déclaré le PAM jeudi.
Les bénéficiaires ciblés par l'opération d'urgence du PAM sont des groupes vulnérables, tels que les personnes âgées ou handicapées, ainsi que les femmes chefs de famille. La plupart des personnes visées vivent sur les îles de Santiago et de Santo Antao, soit les îles les plus grandes et populeuses du Cap Vert, un archipel sahélien aride situé à 600 kilomètres à l'ouest du Sénégal.
L'appel du PAM faisait suite à une requête du gouvernement, la première qu'il ait faite en plus de 20 ans. Il survient aussi après qu'une évaluation alimentaire ait démontré que plusieurs familles, ayant déjà consommé leurs réserves de semences, n'ont donc plus rien à semer pour la saison de culture débutant en juin et juillet, a expliqué le PAM depuis son bureau régional de Dakar, au Sénégal.
Le Cap-Vert est sujet aux pénuries alimentaires, étant donné que le pays ne produit qu'environ 10 pour cent des céréales dont il a besoin chaque année. Le reste provient des dons de l'aide alimentaire bilatérale et des importations, toujours selon le PAM.
[FIN]
IRIN-WA
Tel: +225 22-40-4440
Fax: +225 22-41-9339
Email: IRIN-WA@irin.ci
[Les informations contenues dans ce bulletin vous sont parvenues via IRIN, un département d'informations humanitaires des Nations Unies, mais ne reflètent pas nécessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences. Si vous réimprimez, copiez, archivez ou renvoyez ce bulletin, merci de tenir compte de cette réserve. Toute citation ou extrait devrait inclure une référence aux sources originales. Les rapports d'IRIN sont archivés sur internet sous : http://www.irinnews.org. Toute utilisation par des sites web commerciaux nécessite l'autorisation écrite d'IRIN. ]
Copyright (c) UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs 2002
A selection of IRIN reports are posted on ReliefWeb. Find more IRIN news and analysis at http://www.irinnews.org
Une sélection d'articles d'IRIN sont publiés sur ReliefWeb. Trouvez d'autres articles et analyses d'IRIN sur http://www.irinnews.org
This article does not necessarily reflect the views of the United Nations or its agencies. Refer to the IRIN copyright page for conditions of use.
Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies. Voir IRIN droits d'auteur pour les conditions d'utilisation.












