Les populations de Michelkro sensibilisées sur les violences basées sur le genre et la cohésion sociale

Report
from UN Operation in Côte d'Ivoire
Published on 07 May 2014 View Original

« Vous remettez les machettes aux enfants du matin au soir, les privant de leur épanouissement ; vous les éloignez de l’école tout en les brimant. Les mutilations génitales et les traumatismes subis par les enfants ont des effets psychologiques sur la jeune fille d’aujourd’hui et l’adulte de demain » : ce cri d’alarme est du représentant de la section Protection de l’enfant de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Clément Dago, lors de la séance de sensibilisation sur les violences basées sur le genre organisée par la Mission onusienne à Michelkro, près de Duekoué, localité située à 510 km au nord-ouest d’Abidjan, le 6 mai 2014. La rencontre qui a eu lieu en collaboration avec l’ONG Bonne Action et le ministère de l’Agriculture, partenaires de l’ONUCI, a aussi été axée sur le maintien de la cohésion sociale

Clément Dago de la section Protection de l’enfant a dénoncé la maltraitance infantile qui sévit dans la région. Dans la foulée, Pierre Aby du bureau de l’Information publique a appelé à la protection des plus petits. « Vous devriez protéger vos enfants contre les affres de la maltraitance par une plus grande attention. Eloignez-vous des pratiques liées aux violences basées sur le genre (brimades, agression physique, viol…) qui ont des conséquences néfastes sur les victimes », a-t-il indiqué.

Le représentant des Affaires civiles de l’ONUCI, Jean Emile Vincent Nkiranuye a, de son côté, mis l’accent sur la cohésion qui doit régner au sein des populations. « La cohésion sociale, c’est le respect de la diversité, c’est aussi le respect des droits et des devoirs de chacun ; car il n’y a pas de droit de l’Homme sans devoir. Respecter l’autorité, c’est respecter aussi les lois », a-t-il souligné.

La Police des Nations Unies contribue aussi au maintien de la cohésion, a indiqué le Capitaine Hammami Moshen de la Police onusienne. « L’appui que nous apportons aux forces locales dans les patrouilles conjointes, l’assistance technique et dans bien d’autres domaines concourent à la protection des citoyens et contribue à asseoir la cohésion », a-t-il dit aux populations.

Jonas Siekpo de l’ONG Bonne Action a appelé les participants à cette séance de sensibilisation à privilégier le dialogue lors des conflits pour préserver la cohésion sociale. Il a également exhorté les populations a initier des actions de développement dans leur localité pour leur bien-être.

Quant à Koffi Teya du ministère de l’Agriculture, il a échangé avec les populations au sujet de la loi sur le foncier rural qui permet de sécuriser les terres et qui favorise la cohabitation entre les populations. « Cette loi met à la lumière les droits des ayants droits sur le foncier. Les contrats de métayage que vous établissez doivent être explicites », a-t-il recommandé aux habitants de Mcihelkro.

Les questions-réponses qui ont suivi ces interventions ont porté sur les violences basées sur le genre, le foncier rural et la cohésion sociale ainsi que sur le racket des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) dans les barrages.

Le Chef du village de Michelkro, Pierre Konan Koffi, s’est félicité de la tenue de cette activité et a promis de tout mettre en œuvre pour le maintien de la cohésion dans sa localité. Il a ensuite exprimé aux autorités locales les besoins liés à l’eau potable, au reprofilage de la route et la construction d’une école primaire.