Les populations de Massadougou et les femmes de Kakologo sensibilisées à la cohésion sociale et aux violences basées sur le genre

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from UN Operation in Côte d'Ivoire
Published on 13 Mar 2014 View Original

La caravane de sensibilisation de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, dénommée ONUCI Tour, a enregistré, le mercredi 12 mars 2014, deux étapes importantes dans son parcours avec des activités dans le village de Massadougou (le village des rois) à 27 km au nord d’Odienné, sur l’axe Samatiguila-Odienné, et dans le village de Kakologo, dans la sous-préfecture de Napié, à 560 km au nord d’Abidjan.

Massadougou est une petite localité de la sous-préfecture de Kimbrilla Sud, en marge du développement, qui ne dispose pas d’école et dont les populations refusent catégoriquement d’être rattachées à un autre département que celui d’Odienné. Ce village a donc reçu la visite de fonctionnaires de l’ONUCI venus les sensibiliser sur le renforcement de la cohésion sociale, le respect de l’autorité de l’Etat, la gestion pacifique des conflits et la sécurisation.

A la centaine de participants à cette séance, Ouattara Peyogori de la section des Affaires civiles de la Mission onusienne, a expliqué les avantages d’être une communauté soudée. « L’union est un remède au retard, si vous n’êtes pas unis à Massadougou, le village restera toujours à la traine. L’ONUCI vous exhorte, avant toutes choses, à la cohésion sociale, et à l’entente », a-t-il dit. « Vous devez penser développement », a-t-il conseillé.

Grâce à cette séance de sensibilisation, les populations sont sorties de l’ignorance, a fait savoir le Président des jeunes de Massadougou à la fin des échanges avec l’ONUCI. « Nous avons beaucoup appris. Par exemple pour nous, l’excision et le fait de battre les femmes, font partie de nos coutumes, de nos traditions. On ne savait pas que cela était interdit par la loi. Nous qui avons participé à la réunion, nous allons sensibiliser nos frères qui étaient absents », a-t-il indiqué.

A Kakologo, ce sont plus de deux cents femmes qui ont été sensibilisées sur les violences basées sur le genre, la cohésion sociale et le développement local. Dabla Touré du bureau des Affaires civiles a, au nom de l’ONUCI, relevé le rôle important de la femme dans la cohésion de la famille et de la communauté ainsi que dans le développement. Il a saisi l’occasion pour insister sur la tolérance zéro pour ce qui est de l’excision et du viol, avant d’encourager les associations de femmes à dénoncer les auteurs de ces pratiques néfastes.

Pour le Sous-préfet de Napié, Kouao Sopie Marie-Rose, cette initiative de l’ONUCI est louable car elle va raffermir davantage les liens et les relations entre les différentes associations de femmes, divisées par la politique. Elle les a donc exhortées à cultiver au quotidien la paix, le pardon et la tolérance pour une meilleure cohésion sociale entre les différentes communautés. Dans cette veine, l’administrateur gouvernemental prévoit également de relancer les Conseils de sous-préfecture pour échanger avec les cadres et toutes les compétences du département sur les solutions durables aux problèmes de développement et la résolution pacifique des conflits.

Selon la Présidente des femmes, Silué Tchemogo, le développement exige la solidarité et l’union entre fils et filles du village. Aussi a-t-elle invité les femmes « à renforcer et à développer les activités génératrices de revenus pour contribuer ainsi au développement du village ». Les femmes de Kakologo se sont d’ailleurs engagées à ne plus pratiquer l’excision, à déclarer les naissances et à s’inscrire dans le processus de réconciliation. Elles ont saisi l’occasion pour présenter aux autorités locales des doléances concernant la construction d’un magasin de stockage des cultures vivrières, d’infrastructures sanitaires et d’un barrage, la résolution pacifique des conflits liés aux dégâts de culture, un appui financier par le biais des structures de micro-crédits, la réhabilitation des pompes hydrauliques ainsi que le lotissement du village.

Les bureaux de l’Information publique, des Affaires civiles, la Police des Nations Unies et des observateurs militaires, ont pris part à cette rencontre d’information, d’échanges et de sensibilisation.