Première génération de démineurs ivoiriens : UNMAS assure une formation à des éléments des FRCI et de gendarmerie

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from UN Operation in Côte d'Ivoire
Published on 20 Nov 2012 View Original

Mardi 20 novembre 2012 - Dans une des salles de classe de l’Ecole de gendarmerie de Cocody (au nord d’Abidjan), l’ambiance est studieuse. Douze officiers des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et de la gendarmerie écoutent attentivement leur instructeur, M. Fabrice Davin, expliquer le module relatif aux généralités sur toutes les munitions qui existent en Côte d’Ivoire. Les stagiaires, qui composeront la première génération des personnes à même de prendre le relais et de traiter le problème de déminage depuis la fin de la crise en 2011, s’instruisent aux techniques de l’intervention sur la neutralisation et la destruction des explosifs, ainsi que sur les munitions en général. Cette formation est la deuxième du genre, après une première phase de développement des capacités sur la Neutralisation et la Destruction des Explosifs (NEDEX) achevée le 5 octobre. « Il y a un besoin de former ou de reformer du personnel et cette formation est indispensable », estime le chef des opérations du Service de Lutte Anti Mines des Nations Unies (UNMAS) de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), initiateur de la formation. Selon M. Michel Cipière, des dépôts de munitions ayant été pillés, des munitions se sont retrouvées ici et là à Abidjan et à l’intérieur du pays. UNMAS intervient en Côte d’Ivoire conformément à son mandat en trois volets. Il s’agit notamment de l’intervention sur munitions non explosées, du support aux activités de désarmement, et de l’appui à la reconstruction, à la réhabilitation des armureries et des dépôts de munitions. « Cette formation spécifique s’inscrit dans le cadre du premier volet qui est celui de l’intervention sur munitions non explosées », précise M. Cipière. Pendant six semaines, les stagiaires suivront une formation théorique sur les règles de stockage dans les dépôts de munitions (PSSM), d’une part, et sur le traitement des restes d’explosifs de guerre, de l’autre. « Nous leur apprenons les procédures à respecter lorsqu’on retrouve des munitions non explosées et également la démolition de ces explosifs », souligne M. Davin. Après une semaine d’exercices pratiques, les étudiants admis recevront un diplôme qui leur permettra non seulement de travailler de façon autonome comme démineurs en Côte d’Ivoire, mais aussi de mettre à disposition leur service à l’extérieur du pays, grâce aux connaissances des standards internationaux en matière de neutralisation et destruction d’explosifs. En effet, au terme de la formation, les forces de sécurité nationales seront capables de gérer en toute sécurité l’armement du pays. En général, il faut dire que la sécurité et la gestion des stocks de munitions apparait comme étant la meilleures manière de minimiser les effets hasardeux sur les populations et l’environnement qui se trouvent à proximité des dépôts de munitions. L’objectif est de prévenir des catastrophes humanitaires telles que la récente explosion au Congo Brazzaville. Cette tragédie rappelle l’étendue des conséquences de telles explosions aussi bien sur le plan humain que socio-économique.

UNMAS a lancé le 13 Aout 2012 la première phase de ses activités de développement des capacités nationales par une semaine de formation aux gestes élémentaires de première urgence. Le programme, mis en place par UNMAS conformément à la résolution RES/2000 (2011) et S/RES/2062 (2012) du Conseil de Sécurité des Nations Unies, vise à répondre aux besoins immédiats de la Côte d’Ivoire en promouvant « la stabilité, la réconciliation et le relèvement économique en Côte d’Ivoire à travers le renforcement des capacités des institutions sécuritaires qui sont responsables de la gestion et de la sécurisation des stocks d’armes et munitions. Le programme répond aux priorités nationales. Il s’agit de faire face aux demandes de Neutralisation et Destruction des Explosifs (NEDEX), d’appuyer le programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) de l’ONUCI à travers le contrôle et sécurisation des armes et munitions collectées lors des opérations de désarmement volontaire et l’appui technique concernant le stockage d’armes et de munitions sous contrôle de l’ONUCI. Il contribue également à appuyer la Reforme du Secteur de la Sécurité (RSS) en termes de gestion et de sécurisation des stocks d’armes et de munitions (Physical Security and Stockpile Management, PSSM) en conformité avec les standards internationaux, en particulier ceux de la Convention de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les Armes Légères et de Petit Calibre (APLC), leurs munitions et autres matériels connexes.