Mission conjointe d’évaluation à l’Ouest de la Côte d’Ivoire - novembre 2012

RESUME EXECUTIF

Objectif de l’évaluation

La mission d’évaluation conjointe (JAM) avait pour objectif de déterminer les besoin actuels des retournés et rapatriés en termes de sécurité alimentaire, d’accès aux services sociaux de base et de formuler une stratégie d’intervention.

Méthodologie de l’évaluation

La méthodologie utilisée a suivi les grandes lignes suivantes: - Examen des données secondaires et informations disponibles - Entretien avec des informateurs clés ; - Discussions de groupes lors des visites sur le terrain

Conclusions principales

Combien de personnes (retournées, rapatriées et déplacées) sont affectées par l’insécurité alimentaire?
En combinant les données secondaires et primaires, la mission évalue à environ 120 000 personnes déplacées et retournées et 32 000 personnes rapatriées du Libéria le nombre de personnes en insécurité alimentaire. Au total, environ 152 000 personnes retournées, déplacées et rapatriées sont vulnérables à l’insécurité alimentaire. Principalement, les personnes retournées après la campagne agricole 2012 – 2013 et celles retournées dans les villages frontaliers avec le Libéria sont les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire.

Pourquoi ces personnes sont-elles dans l’insécurité alimentaire ?
L’analyse des données a permis de classer les zones visitées selon des problématiques majeures. Ainsi, dans la zone de Bangolo, les problématiques majeures sont l’insécurité et l’occupation des plantations et champs par les allogènes restés sur place. Certes le retour s’est fait avant la campagne agricole, mais les retournés ont eu des difficultés pour accéder à leurs terres, plantations et champs.

En ce qui concerne la zone de Duekoué, les problématiques majeures sont le retour tardif des PDI et les conflits fonciers. Les populations retournées après la période des semis ont raté leur campagne agricole 2012-2013 donc ne disposent pas de stocks alimentaires et dépendent principalement de l’assistance alimentaire. Ces personnes dès leur retour ont été confrontées à des conflits fonciers.

En ce concerne la zone de Bloléquin et de Toulepleu, la problématique majeure est l’insécurité. La situation sécuritaire reste très fragile et provoque une mobilité incessante des populations. Les dernières attaques (en août 2012) ont obligé la majorité des populations à retourner de nouveau au Libéria perturbant ainsi la campagne agricole et leurs moyens de subsistance.