Conseil de sécurité : 2013 sera une année importante pour la Côte d’Ivoire où la situation est encourageante mais toujours fragile, déclare le chef de l’ONUCI

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from UN Security Council
Published on 17 Jan 2013 View Original

CS/10886

Conseil de sécurité
6902e séance – après-midi

Le Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et Représentant spécial du Secrétaire général a déclaré aujourd’hui au Conseil de sécurité que 2013 sera une année « importante » en Côte d’Ivoire; la situation étant encourageante mais fragile. M. Bert Koenders a appelé à des progrès dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité, du dialogue politique et de la réconciliation qui devraient être renforcés par les élections locales et législatives prévues cette année.

M. Koenders, qui présentait le trente et unième rapport périodique* sur l’ONUCI, a noté des avancées encourageantes vers la croissance économique dont le taux est déjà « impressionnant ». Mais il a souligné la nécessité d’améliorer la gouvernance, la justice et les droits de l’homme, racines de l’instabilité et causes potentielles de la violence.

La vague d’attaques qui s’est abattue entre août et octobre 2012, dans et autour d’Abidjan, ainsi qu’aux frontières avec le Ghana et le Libéria, a d’ailleurs mis en évidence le degré élevé de l’organisation paramilitaire parmi les groupes d’opposition et la vulnérabilité des organes de maintien de l’ordre et en conséquence, l’importance qu’il y a à accorder la priorité à la réforme du secteur de la sécurité.

Le Représentant spécial s’est donc félicité de la stratégie gouvernementale et a appelé à la matérialisation rapide de la politique nationale pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) et de l’Autorité pour la DDR, créée récemment.

Le Gouvernement ne s’est pas arrêté là, a poursuivi M. Koenders, en attirant l’attention sur un certain nombre d’initiatives qui ont contribué à « décrisper » l’atmosphère politique. Il a cité la libération provisoire des détenus politiques à la fin de décembre 2012, les réunions du Cadre permanent du dialogue (CPD) et la rencontre prévue demain 18 janvier, entre le Premier Ministre, M. Daniel Kanlan-Duncan, et le Front populaire ivoirien (FPI), parti de l’ex-Président, M. Laurent Gbagbo.

Le Représentant spécial a espéré que les élections locales et législatives partielles soient l’occasion de renforcer les processus démocratiques et contribuer à la réconciliation nationale. Ces élections a-t-il expliqué, ont été repoussées de février à mars 2013, afin que « tous les partis politiques significatifs » puissent y participer.

« Y compris le FPI », a précisé le représentant de la Côte d’Ivoire. M. Youssoufou Bamba a affirmé que « les autorités ivoiriennes sont conscientes que le renouveau naît de la réconciliation, du rassemblement, après une période de division traumatisante ». Le Président Alassane Ouattara, a-t-il ajouté, ne cesse d’« offrir une main tendue à l’opposition afin de détendre l’atmosphère politique » et d’associer chacun à la « concrétisation de notre vision de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergeant en 2020 ».

Le représentant a apporté des précisions sur la situation judiciaire des partisans de M. Laurent Gbagbo, qui « ne sont pas des détenus politiques mais des détenus de droit commun ». Il s’est attardé aussi sur l’évolution du processus de ratification par la Côte d’Ivoire du Statut de Rome portant création de la Cour pénale internationale (CPI).

Après l’amendement de la loi fondamentale ivoirienne, il restera au Parlement d’adopter le projet de loi autorisant le Chef de l’État à ratifier le Statut de Rome.

Dans le rapport présenté aujourd’hui, il est rappelé que la CPI a décidé, le 2 novembre dernier, que l’ancien Président Gbagbo était apte à être jugé pour les chefs d’accusation portés contre lui. L’audience de confirmation des chefs d’accusation est prévue pour février 2013. La CPI a aussi levé les scellés sur un mandat d’arrêt contre l’ancienne Première Dame, Mme Simone Gbagbo, pour crimes contre l’humanité perpétrés en Côte d’Ivoire pendant la crise postélectorale.

Les fondamentaux de la Côte d’Ivoire demeurent solides, a insisté le représentant ivoirien, en voyant de belles perspectives de relever les multiples défis politiques, sociaux et économiques. « Ainsi, avec le retour de la stabilité et l’amorce de la relance économique, soutenue par l’ambitieux programme de reconstruction, la Côte d’Ivoire redevient le poumon économique de l’Afrique de l’Ouest et une vitrine au plan économique, social et culturel. »

Or, a prévenu M. Bamba, l’offensive menée la semaine dernière par des groupes terroristes vers le sud du Mali pose un « danger immédiat pour tous les pays voisins du Mali, y compris la Côte d’Ivoire ». Il s’est, en conséquence, félicité de la réaction rapide de la France.

Compte tenu de l’évolution des menaces, le Secrétaire général, nous dit le rapport présenté aujourd’hui, a recommandé au Conseil de sécurité de ne pas réduire de 955 hommes l’effectif autorisé de la composante militaire de l’ONUCI, tant que l’évaluation qui doit être menée début 2013 n’aura pas été effectuée.

L’ONUCI a renforcé sa présence dans l’ouest du pays afin d’améliorer la protection des civils dans ces zones sensibles. Au 18 décembre 2012, la composante militaire de l’ONUCI était de 9 550 hommes, dont 9 275 membres du contingent, 178 observateurs militaires et 97 officiers d’état-major, le plafond autorisé étant de 8 837 hommes.

*S/2012/964

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