Une coopération inter-agences en faveur de la réintégration

Report
from UN Development Programme
Published on 01 Apr 2013 View Original

Au Burundi, les provinces de Bururi, Makamba et Rutana ont été les plus touchées par le retour des populations victimes de la guerre : rapatriés, déplacés, ex-combattants, … Des milliers de personnes, qui se sont retrouvées sans terres ni références au terme des 15 années de conflits, ont été relogées dans les Villages Ruraux intégrés (VRI), construits dans les provinces du sud du pays.

Recevoir un toit et un petit lopin de terre (3 ares) dans un de ces villages de paix est un pas important vers une vie meilleure. Mais ce n’est pas suffisant pour couvrir les besoins de base d’une famille et assurer une réintégration sociale heureuse. C’est pourquoi, avec l’aide d’un important fonds européen, le PNUD, l’UNICEF et la FAO se sont associés et ont mis en œuvre avec le Ministère de la Solidarité un programme d’amélioration des conditions de vie des personnes installées dans les VRI et des communautés avoisinantes.

Objectif numéro un ? Assurer la cohésion et la paix sociale. Toutes les activités mises en place dans le cadre de ce projet visent à la fois les personnes rapatriées, mais également les plus vulnérables des communautés hôtes. L’UNICEF a pris en charge le volet adduction d’eau potable et assainissement des infrastructures liées à l'hygiène. La FAO a développé des activités potagères et agricoles pour assurer une meilleure alimentation. Le PNUD a déployé des projets de remise à l’emploi et de création de micro-entreprises.

Jean-Marie a 43 ans. Il a passé de longues années en dehors des frontières de son pays, exilé en Tanzanie suite aux affres de la guerre. En 2007, pensant que la vie était meilleure au Burundi, Jean-Marie a décidé de rentrer dans son pays natal avec sa femme et ses enfants. « Nous avons d’abord été placés dans un centre de transit où nous sommes restés pendant 3 ans, avec pour seule maison une tente. En 2010, nous avons obtenu un logement au VRI de Nkurye. Quand nous sommes arrivés sur place, il n’y avait pas de travail, les habitants du VRI recevaient uniquement une aide alimentaire, indispensable à leur survie. »

La cohésion sociale, pilier de la réintégration

Jean-Marie a été ciblé par le PNUD selon des critères de vulnérabilité pour participer au programme de création d’emploi. Il a travaillé contre rémunération à la construction du marché central de Giharo pendant 4 mois. Avec ses gains, il a pu s’acheter 2 chèvres, nourrir ses enfants et il a versé une cotisation pour lancer une association génératrice de revenus. « Au départ, ce fut difficile de nouer des contacts avec les populations des communautés d’accueil établies autour du VRI. Mais avec le temps, les participants au programme, quelles que soient leurs origines et lieux de vie, se sont familiarisés et nous sommes devenus amis ».

Grâce au programme de réintégration co-exécuté par le PNUD, Jean Marie a pu ouvrir un salon de coiffure et créer son propre emploi

Grâce au programme de réintégration co-exécuté par le PNUD, Jean Marie a pu ouvrir un salon de coiffure et créer son propre emploi

Sensibilisé par le PNUD à l’utilité de créer une micro-entreprise, Jean-Marie a épargné ses gains et s’est constitué avec 17 autres bénéficiaires en AGR, Association Génératrice de Revenus. « Notre projet consistait à créer un double commerce équipé d’un panneau solaire: à la fois salon de coiffure et magasin de recharge pour les téléphones portables. Nous avons pu ouvrir notre commerce avec l’aide du PNUD il y a 10 mois. Depuis, les lieux ne désemplissent pas. Ici, une coupe homme coûte 400 bif et la charge électrique du téléphone portable 300 bif, nos clients sont nombreux. Grâce à cette initiative, nos conditions de vie sont meilleures. Aujourd’hui, mes enfants vont à l’école. »

Fier de la réussite de son projet de micro-entreprise, Jean-Marie ose rêver et espère bientôt agrandir les lieux et acquérir d’autres panneaux solaires.

Les apports les plus importants du projet se situent dans la sphère sociale. «Quand nous nous regroupons pour les réunions, si un membre a un problème, il en parle au groupe et trouve du réconfort. Les membres aident à chercher des solutions aux soucis individuels et collectifs. Il y a un mois, un de mes amis proches a été hospitalisé entre la vie et la mort à Bujumbura. Les membres se sont cotisés pour me prêter de l’argent pour acheter un ticket de bus. J’ai pu me rendre à Bujumbura et aider mon ami. Je suis infiniment reconnaissant aux partenaires de l’AGR pour l’amitié qu’ils m’ont témoignée par ce geste de solidarité».

Envie d'en savoir plus? Le programme inter agences d’appui à la réintégration au sein des VRI a été le sujet d’un documentaire de 17 minutes. Cette video démontre concrètement les problématiques rencontrées par les plus vulnérables au sein des VRI et les solutions qui ont été mises en place avec le concours de l’UNICEF, de la FAO et du PNUD.