Un accord pour améliorer le retour des rapatriés de Mtabila.

Report
from UN Development Programme
Published on 09 Dec 2012 View Original

Avant la fin du mois de décembre 2012, plus de 35.000 réfugiés burundais devront avoir quitté le camp de Mtabila, situé en Tanzanie. De nombreuses familles y vivaient depuis plusieurs dizaines d’années, et la perspective d’un retour dans leur pays d’origine est synonyme d’incertitude et de précarité. La situation actuelle du Burundi en termes de surpopulation et de manque d’infrastructures de base rend encore plus difficile le retour des rapatriés. Face à cette crise silencieuse, plusieurs acteurs s’unissent pour soutenir les familles sans terre ni références qui viennent se réinstaller « au pays ».

Cinq années après que le dernier groupe rebelle ait déposé les armes au Burundi, mettant fin à plus de quinze années de conflits, 94 000 burundais sont toujours refugiés dans les pays voisins après avoir fuit les affres de la guerre. Parmi eux, plus de 37 000 personnes se trouvaient encore dans le camp tanzanien de Mtabila en août dernier.

Les gouvernements de la République du Burundi, de la République Unie de Tanzanie et le HCR se sont réunis à Genève, le 8 octobre dernier afin de s’accorder sur la mise en œuvre du processus de fermeture du camp de Mtabila. Un plan opérationnel inter-agences des Nations Unies pour le rapatriement de 35000 Burundais a été élaboré. Il résulte d’une approche intégrée, impliquant à tous les niveaux les acteurs concernés par la problématique.

Près de deux tiers des rapatriés s’installent dans les provinces de Makamba, Rutana, Bururi et Ruyigi. Plusieurs défis sont à relever dans le cadre de ce retour massif, qui risque de créer des tensions entre les retournés et les communautés hôtes. Les problèmes se concentrent autour de la question de la disponibilité des terres cultivables. En termes de sécurité alimentaire, des problèmes d’accès aux semences et aux unités de transformations agricoles viennent aggraver le manque de parcelles cultivables. Les enjeux liés à l’éducation sont également de taille : 21.140 personnes rapatriées (60%) ont entre 0 et 18 ans. La capacité d’accueil des infrastructures scolaires, du système éducatif, les perspectives de mise à niveau (notamment en langues) sont pour le moment insuffisantes.

Réinsérer par la création d’emplois

Dans la perspective d’appuyer les populations concernées par le rapatriement, le PNUD met en œuvre un vaste programme d’appui à la réintégration socio-économique. Un accord de financement de 1.200.000 USD vient d’être signé avec le gouvernement des Pays-Bas pour concrétiser des actions de formation, de mise à l’emploi et de réinsertion. L’objectif global du programme est de contribuer à la consolidation de la paix, à la stabilité et à la sécurité dans les provinces accueillant un grand nombre de rapatriés.

Le programme est construit comme une complémentarité aux efforts du UNHCR déployés en appui au retour de refugiés. Il s’agira principalement de favoriser la réintégration pacifique des rapatriés dans les communautés à travers la promotion et la mise en œuvre d’activités de cohésion sociale et de développement économique durable.

Le programme a pour cible les bénéficiaires directs (dont au moins 30% de femmes) : 18.000 rapatriés, équivalent à 3691 ménages, dans les provinces de Makamba, Rutana, Bururi et Ruyigi. 2461 vulnérables des communautés d’accueil participeront également au projet. Par la suite, 77 initiatives de micro-entreprises pourront être mises en place par les bénéficiaires qui le souhaitent.

L’attention donnée aux femmes dans ce programme représente une valeur ajoutée sur l’impact global que le programme espère atteindre. Ces dernières ont été profondément affectées par le conflit et font face à des défis spécifiques quant à leur réintégration dans leurs communautés et dans l’accès à un revenu durable.

Au 31 décembre 2012, tous les occupants du camp de Mtabila devront avoir rejoint le Burundi. Les différents acteurs impliqués vont faire face dans les prochaines semaines à une véritable course contre la montre pour permettre aux familles de se réinstaller dans la dignité, et de se reconstruire un avenir.