Burundi: Aperçu des besoins humanitaires 2017 (octobre 2016)

BESOINS HUMANITAIRES

ET CHIFFRES CLES

La population du Burundi est de plus en plus affectée par l’impact de la situation socio-économique et la détérioration des conditions de vie. Les besoins humanitaires sont de plus en plus visibles : la communauté humanitaire au Burundi estime que le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire immédiate, y compris l’accès urgent aux services essentiels de base et à des moyens de subsistance, a presque triplé entre février et octobre 2016, passant de 1,1 million à environ 3 millions de personnes.

BESOINS HUMANITAIRE

1 Manque d’accès aux services de base Dix-huit mois après l’éclatement des violences au Burundi, l’accès des populations aux services sociaux de base est sévèrement restreint. L’insécurité et les facteurs macroéconomiques, y compris le recul du soutien fi nancier extérieur qui a entraîné des réductions budgétaires massives (dont l’éducation - 30%, la santé - 54%, les droits de l’homme - 65% et l’eau - 72%)1 ont considérablement entravé la prestation des services de base. Les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, qui dépendent de soins médicaux fournis gratuitement par l’État, sont particulièrement à risque.

2 Vulnérabilité exacerbée Le Burundi est classé 184ème sur 188 pays à l’indice de développement humain. En plus de l’instabilité et de la détérioration de l’économie, les catastrophes naturelles ont aggravé la vulnérabilité des communautés.
Plus de 4 millions de personnes ont été touchées par les inondations, les glissements de terrain, les fortes pluies et les tempêtes au cours de la dernière année. La majorité de la population n’a pas la capacité à résister et à rebondir face à ces chocs. Elle a besoin d’assistance et de protection.

3 Préoccupations en matière de protection Les hommes, les femmes et les enfants sont confrontés à une vulnérabilité et à des risques de protection croissants, y compris la violence basée sur le genre (VBG). Les personnes déplacées, les jeunes, les enfants et les femmes sont particulièrement exposés. Depuis 2015, un total de 321,000 burundais ont fui vers les pays voisins et on estime à 111,000 le nombre de personnes déplacées internes. En outre, plusieurs écoles sont occupées par des éléments armés, mettant en danger les enfants et le personnel éducatif.

PARTIE I: BESOINS HUMANITAIRES ET CHIFFRES CLES

POPULATION TOTALE 11,2M

NOMBRE DE PERSONNES VIVANT DANS DES ZONES AFFECTÉES 10,8M

NOMBRE DE PERSONNES AYANT BESOIN D’ASSISTANCE HUMANITAIRE 3,0M

IMPACT SUR

LES POPULATIONS

La dégradation de la situation socio-économique et les aléas climatiques ont engendré une détérioration importante de l’accès aux services de base, restreint les capacités de la population à faire face aux chocs et continuent de susciter des inquiétudes en terme de protection des populations, notamment auprès des enfants, des jeunes et des femmes.

Détérioration de l’accès aux services essentiels La population du Burundi est estimée à 11,2 millions de personnes1 . Avec une démographie galopante et une des densités de population la plus élevée au monde, où 90% de la population vit en milieu rural et essentiellement d’une agriculture de subsistance, la pression sur les ressources naturelles s’est fortement aggravée depuis 2015.
Le pays compte aujourd’hui environ 7,3 millions de personnes (soit 65% de la population) vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Les burundais subissent de plein fouet les conséquences de la détérioration de leur économie. Les défi cits structurels préexistants sont exacerbés par les mesures de réduction des appuis institutionnels et budgétaires de la communauté internationale aff ectant la capacité du gouvernement à répondre aux besoins de base de la population. Ainsi, le budget de l’Etat en 2016 dans le secteur de l’eau et l’environnement a été réduit de 72% par rapport à 2015, celui de la santé de 54%, de l’éducation de 30% et de l’agriculture de 14% .

A cela s’ajoutent la dépréciation de la monnaie burundaise, une pénurie de devises, une baisse importante des activités commerciales, l’augmentation signifi cative des prix des produits de première nécessité, la réduction des opportunités d’emplois ainsi qu’une augmentation des taxes.

Impact négatif sur la sécurité alimentaire, la santé, la nutrition et les moyens de subsistance Selon les dernières analyses , plus de 2,1 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, dont 806,000 en insécurité alimentaire sévère. Parmi les familles en insécurité alimentaire sévère, celles dirigées par des femmes ou par des jeunes/enfants sont les plus nombreuses. Selon l’enquête IPC publiée en juin 2016, des stratégies de détresse et de crise ont été adoptées par 10% et 25% des ménages dans les provinces du Centre/Est et du Nord/Est respectivement. L’état nutritionnel s’est aussi fortement détérioré. Près de 226,000 enfants souff rent de malnutrition aiguë, 56,000 dans la phase sévère. Les admissions d’enfants sévèrement malnutris à plus que doublé entre 2013 et 2016.
L’accès aux soins de santé s’est considérablement dégradé. Les décès maternels ont presque doublés, passant de 257 en 2014 à 459 en 2015. Le nombre de consultations en planifi cation familiale a diminué de 40%. L’OMS rapporte que le nombre de cas de malaria enregistrés entre janvier et octobre 2016 dépasse les 6 millions, avec plus de 3,000 décès . Cela correspond une augmentation de 85% par rapport à la même période de l’année dernière.

Dans le secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement, les évaluations réalisées en 2016 indiquent une situation inquiétante dans plusieurs provinces. Dans quelques communes de la province de Kirundo, un ménage sur deux consomme l’eau de surface. Le taux d’accès aux latrines, pour certaines communautés de Bujumbura Rural, a chuté de 49% en 2015 à 22% en 2016.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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