Bulletin quotidien no 535 d'information sur l'Afrique Centrale et de l'Est

Report
from IRIN
Published on 31 Oct 1998
NATIONS UNIES
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)

Les rebelles contrôlent Buta, selon des journalistes

Des journalistes qui se sont rendus à Buta dans la province Orientale ont confirmé que la ville était sous contrôle rebelle. Les autorités kinoises avaient précédemment avancé que les forces du gouvernement avaient repris cette ville, située à quelque 250 km au nord de Kisangani. Des habitants de Buta ont rapporté au cours d'interviews que la ville était calme depuis sa prise par les troupes rwandaises et ougandaises au début du mois d'octobre, a fait savoir l'agence Reuters. Des rapports contradictoires sur l'actuelle situation de sécurité dans la région de Kalémie, dans la province du Katanga, continuent cependant d'être reçus.

Par ailleurs, la RDC a approuvé un marché entre la compagnie gouvernementale Gécamines et l'entreprise sud-africaine Iscor Ltd. Il s'agit d'une exploitation commune du cuivre et du colbat dans la region de Kamoto dans le Katanga, a rapporté Reuters hier (jeudi).

Les efforts diplomatiques se poursuivent malgré "le spectre de génocide"

La Sous-secrétaire d'Etat américaine aux affaires africaines, Susan Rice, actuellement en Angola dans le cadre de sa tournée régionale sur la crise en RDC, a déclaré hier que les pays impliqués dans la guerre avaient une "obligation morale" à empêcher la violence ethnique, a rapporté 'Associated Press'. "Le spectre du génocide est à nouveau présent", en RDC, a indiqué Mme Rice selon RFI. Par ailleurs, le Président sud-africain, Nelson Mandela, s'est rendu hier au Nigéria, o=F9 il devait discuter de la crise congolaise avec le général Abdulsalami Abubakar et d'autres dirigeants ouest-africains rassemblés pour le sommet de la CEDEAO (Communaute économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) qui se tient dans la capitale Abuja, ont fait savoir des agences de presse.

Le rapport de l'ONU fait état de "nettoyage ethnique"

Le gouvernement et les forces rebelles ont commis de graves violations des droits de l'homme depuis le début du conflit, y compris des exécutions sommaires, des détentions arbitraires et des violences sexuelles, a observé un enqêteur des droits de l'homme de l'ONU.

Dans son dernier rapport publié hier, le Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation en matière des droits de l'homme en RDC, Roberto Garreton, a déclaré que le gouvernement du Président Laurent-Désiré Kabila, avait adopté une "approche de nettoyage ethnique" pour combattre la rébellion. Il a ajouté que les Tutsis ou les gens soupçonnés d'être tutsis étaient exécutés sommairement par les forces du gouvernement.

"Beaucoup ont été jetés dans les fleuves Congo et Ndjili et tués. D'autres ont été brûlés vifs", a fait savoir M. Garreton dans son rapport. Il a accusé le gouvernement de recruter des enfants, alors que les rebelles sont également accusés de déportations et de tortures sur les civils.

Les ONG à nouveau autorisées à communiquer dans l'est

Les autorités rebelles militaires de Bukavu ont annoncé hier que les ONGs avaient désormais la permission d'utiliser leur matériel de communication dans le Nord et le Sud Kivu, ont fait savoir à IRIN aujourd'hui (vendredi) des sources humanitaires. L'utilisation des lignes de téléphone internationales a également été restaurée, mais seulement pour des "échanges d'informations d'ordre humanitaire", ont précisé les sources. Une ONG basée à Goma a rapporté que les rebelles lui avaient récemment restitué son matériel de communication, consfiqué au début des hostilités.

Par ailleurs, la porte-parole du CICR a informé IRIN que le CICR avait réouvert ses bureaux à Goma, Bukavu et Uvira. Le CICR prévoit principalement d'assister les personnes déplacées et les populations locales dont les maisons ont été détruites pendant le conflit, a-t-elle précisé, ajoutant que l'organisation allait également apporter son soutien aux structures de santé locales.

RDC/CONGO-BRAZZAVILLE

Les réserves du PAM sont pratiquement épuisées

Les distributions de nourriture à près de 150 000 personnes vulnérables dans Brazzaville et Kinshasa vont probablement cesser bientôt à cause de l'interruption continue de la circulation ferroviaire entre Pointe-Noire et Brazzaville, a déclaré le PAM. Dans un communiqué de presse reçu aujourd'hui par IRIN, le PAM a fait savoir que la fermeture le mois dernier de la ligne de chemin de fer, à cause de l'insécurité au sud de Brazzaville, avait empêché le transport de nourriture depuis Pointe-Noire. Le PAM utilisait la ville portuaire méridionale pour recevoir ses approvisionnements destinés aussi bien à la RDC qu'au Congo-Brazzaville. Les réserves du PAM dans les deux capitales sont désormais quasiment épuisées, a indiqué le communiqué.

Les distributions de nourriture du PAM ciblent actuellement quelque 120 000 personnes vulnérables touchées par le conflit à Kinshasa, près de 10 000 réfugiés rwandais et burundais au Congo-Brazzaville, et plus de 21 000 personnes vulnérables dans la ville même de Brazzaville, a précisé encore le communiqué.

BURUNDI

Condamnation de l'attaque sur le village

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme au Burundi, Paulo Sergio Pinheiro, a condamné hier l'attaque au sud de Bujumbura, qui a fait au moins 34 morts et 25 blessés parmi les civils non armés. L'attaque perpétrée par un groupe d'hommes armés a eu lieu à Nyamaboko, pendant la nuit du 27 au 28 octobre. Selon l'AFP hier, les autorités locales ont fait savoir que les assaillants étaient des rebelles hutus. Une équipe de l'Opération terrain des droits de l'homme au Burundi s'est rendue hier sur les lieux du massacre pour mener une enquête sur cet incident. Dans un communiqué reçu aujourd'hui par IRIN, M. Pinheiro a exhorté toutes les parties belligérantes au Burundi de respecter les règles minimales humanitaires et des droits de l'homme.

RWANDA

Un prêtre reçoit la peine de mort

Un prêtre catholique accusé de génocide et de crimes contre l'humanité a été condamné à la peine capitale par un tribunal de Gitarama, a rapporté hier la radio rwandaise, retranscrite par la BBC. Le prêtre, Dominique Savio Rwesero, était impliqué dans le meurtre d'autres prêtres à Kabwayi en 1994. M. Rwesero a l'intention de faire appel, a déclaré la radio.

Par ailleurs, le procès conjoint de deux suspects de génocide, l'ex-préfet Clement Kayishema et l'homme d'affaires Obed Ruzindana, arrive à son terme au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, en Tanzanie, a déclaré le TPIR dans un communiqué reçu par IRIN aujourd'hui. Le parquet va demander l'acquittement jeudi, et la défense a commencé son plaidoyer le lendemain, a précisé le communiqué.

SOUDAN

Détails sur l'impact de l'insécurité

Des accès limités, l'insécurité et le manque de ressources entravent les efforts de l'OLS à répondre à la plus sérieuse crise humanitaire connue par le Soudan depuis le début de cette décennie, selon le rapport annuel du Secrétaire général de l'ONU sur l'aide d'urgence au Soudan présenté devant l'Assemblée générale. Ce rapport, reçu par IRIN aujourd'hui, indique qu'entre les mois d'août 1997 et juin 1998, plus de 200 membres de la communauté humanitaire ont été évacués de 37 localités au Soudan, et que des bombardements conduits au hasard par le gouvernement sur des régions o=F9 se trouvaient des civils ont été rapportés à au moins 31 occasions différentes.

Par ailleurs, des ONG travaillant dans les régions contrôlées par les rebelles ont connu de nouvelles restrictions de la même période, indique le rapport.

Le rapport fait cependant remarquer qu'en dépit d'une interdiction de vol de deux mois au total, le nombre des destinations de vols de l'OLS refusées chaque mois par le gouvernement avait baissé d'une moyenne de 17 à sept. Au cours de l'année, les agences de l'OLS ont acheminé plus de 54 000 tonnes de nourriture et plus de 4 500 tonnes de non-vivres en faveur des populations touchées, précise encore le rapport.

KENYA

Des bandits tuent au moins 139 personnes

Les autorités locales dans le district de Wajir, au nord-est du pays, ont déclaré pouvoir confirmer la mort de 139 personnes suite aux attaques de bandits qui ont eu lieu au début de la semaine, a rapporté aujourd'hui le 'Daily Nation'. Le journal a précisé que près de 500 bandits ont dimanche tranversé la frontière depuis l'Ethiopie et ont pillé plusieurs villages frontaliers. Des informations non confirmées indiquent que le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, a ajouté le 'Daily Nation'. Cinquante-deux villageois, surtout des jeunes filles, ont été enlevés dans cette région, a-t-il encore signalé.

Nairobi, samedi 31 octobre 1998

[FIN]

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