Bulletin quotidien d'information No. 934 pour la région des Grands Lacs
Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires - IRIN
Pour l'Afrique Centrale et de l'Est
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Malnutrition et souffrance confirmées au Katanga
Une mission menée conjointement ce week-end par le ministère de la santé en RDC, les ONG locales et internationales et les autorités administratives de la province du Katanga est venue renforcer les premières impressions de malnutrition généralisée, de déplacement prolongé des civils et de grave dépression économique dans la région, selon un rapport publié mardi par OCHA, chargé de la coordination de cette visite. Les habitants de cette ligne de front, qu'il s'agisse d'autochtones ou de personnes déplacées, vivent dans la peur des attaques et sont convaincus d'être injustement oubliés par le reste du monde, ajoutait ce rapport. Quelque 7 000 déplacés avaient trouvé refuge dans la ville d'Ankoro tandis que 70 000 autres personnes étaient dispersées sur une zone de 20 000 kilomètres carrés entre Manono et Kabolo, apprenait-on. Les déplacés ont insisté sur leurs besoins en vivres et en médicaments, mais aussi en semences et en outils - exprimant ainsi leur souhait de devenir autonomes, rapportait-on.
RDC: OCHA préconise la paix au-delà des efforts humanitaires
La mission - destinée à promouvoir et assurer l'accès humanitaire régulier aux populations les plus gravement touchées par la guerre en cours - s'est rendue à Malemba Nkulu, et les membres de la délégation ont promis de mettre en place des projets de nutrition, de cultures maraîchères, de santé et d'assainissement pour la population de 190 000 et 44 000 personnes déplacées. OCHA a annoncé l'arrivée sans encombre par voies ferroviaire, fluviale et routière d'un convoi de 300 tonnes de vivres en provenance de Lubumbashi. Six tonnes de matériel médical et de provisions non-alimentaires ont également été stockées à Lubumbashi, en prévision d'un acheminement prochain par Memisa-Belgique, indiquait le rapport. Suite au compte-rendu horrible des conditions dans la province occidentale du Kasai, révélées par la récente visite de la délégation du Conseil de sécurité de l'ONU, la mission multi-agences a aussi livré deux tonnes de vivres à Kananga, destinées à Demba - une position de front vulnérable et soumise à de nombreuses attaques, au nord ouest de Kananga. Au-delà du renforcement des interventions humanitaires, la situation dans les provinces du Katanga et du Kasai exigeait l'application urgente de l'accord de paix de Lusaka afin de réduire l'insécurité et de permettre le rétablissement d'échanges économiques bilatéraux de part et d'autre des fronts actuels, ajoutait OCHA.
RDC: L'Afrique du Sud 'bien placée pour aider au maintien de la paix'
Tandis qu'une équipe de responsables sud-africains a quitté le siège de l'ONU à New York pour présenter dans les jours prochains son rapport sur la proposition de participation de l'Afrique du Sud dans une mission de maintien de la paix de l'ONU en RDC, Cédric de Coning, du 'Centre for the Constructive Resolution of Disputes (ACCORD - Centre pour la résolution constructive des querelles) a déclaré à IRIN que l'Afrique du Sud était mieux préparée que la plupart des autres pays en matière de formation et de politique. Des contingents sud-africains feraient partie d'une force de maintien de la paix de l'ONU, s'interposant entre les parties belligérantes et contrôlant certaines régions 'afin de créer un environnement sûr pour l'aide humanitaire et de protéger les missions d'aide en assurant par exemple la sécurité des convois de vivres,' a-t-il précisé. La mission s'inscrirait dans le contexte plus large du processus de paix de Lusaka et la contribution de troupes sud-africaines renforcerait la position du pays dans le processus de médiation, ' parce que cela prouve notre engagement et montre que nous sommes prêts à passer aux actes,' a déclaré M. de Coning.
[Pour l'entretien complet, voir le dossier d'IRIN-SA intitulé 'Interview on South Africa's role with UN peacekeeping mission]
RDC: Annan tente de reporter le budget de la MONUC
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a annoncé à la Commission administrative et budgétaire de l'ONU que les besoins financiers de la Mission d'observation de l'ONU en RDC (MONUC) s'élèveraient à quelque 58,7 millions de dollars bruts pour la période du 6 août 1999 au 30 juin 2000. Sur cette base, il a recommandé que le solde de 200 millions de dollars approuvés pour la mission pour la période du 6 août 1999 au 30 juin 2000 - un montant brut de 141 319 000 dollars - soit reporté de façon à répondre aux besoins initiaux estimés pour la période du 1er juillet 2000 au 20 juin 2001, précisait un communiqué de presse de l'ONU. M. Annan avait requis une enveloppe de 200 millions de dollars après que le Conseil de sécurité ait prolongé en février le mandat de la MONUC jusqu'en août 2000, autorisant une augmentation du personnel militaire jusqu' à 5 537 agents, dont 500 observateurs militaires, assistés de spécialistes dans les droits de l'homme, les affaires humanitaires, l'information publique, la protection de l'enfance, les affaires politiques, la médecine et l'administration. Les fonds ont été réservés à la mise en place d'une infrastructure de soutien de la mission, à l'acquisition des ressources nécessaires et à la mise en oeuvre des contrats nécessaires au déploiement en RDC du personnel militaire et civil supplémentaire de la MONUC.
RDC: La MONUC doit revoir ses moyens
On s'attend à ce que la MONUC demande une légère révision à la hausse de ses moyens afin de faire face a des responsabilités supplémentaires durant la démilitarisation actuelle de la ville de Kisangani au nord-est de la RDC, selon des sources diplomatiques. Le retrait des forces ougandaises, rwandaises et enfin des forces rebelles congolaises de Kisangani signifierait pour la MONUC assurer la sécurité des aéroports de Sim-Sim et Bankoka, patrouiller la ville et surveiller les points de passage sur les sites stratégiques, conformément à un plan d'exécution vu par IRIN. La démilitarisation de Kisangani a maintenant débuté et doit se poursuivre dans les quinze prochains jours, rapportent les organes de presse. Tandis que le déploiement de la phase II de l'ONU prévoit la présence d'un bataillon basé à Kisangani, l'usage de ces troupes pour soutenir l'effort de démilitarisation les détournerait d'autres affectations prévues et limiterait la flexibilité globale de la mission, d'o=F9 les chances d'une requête de personnel de soutien et d'infanterie supplémentaire, ont déclaré ces sources à IRIN. La supervision même du retrait de Kisangani des forces ougandaises, rwandaises et du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) devait être assurée par une trentaine d'observateurs militaires, issus du contingent supplémentaire des 500 agents de la MONUC déjà approuvé.
RDC: Les rebelles accusés d'harceler un défenseur des droits de l'homme
Le groupe congolais pour les droits de l'homme, l'Association africaine de défense des droits de l'homme (ASADHO), s'est déclaré préoccupé par les accusations de harcèlement et de détention du militant des droits de l'homme, Sylvain Mudimbi Masudi, par le mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie - Mouvement de libération (RCD-ML). Le directeur de l'ONG 'Amis de Nelson Mandela', basée à Kisangani, a été arrêté à Beni par le groupe rebelle d'Ernest Wamba dia Wamba alors qu'il revenait de Genève d'un colloque international sur les droits de l'homme, a affirmé ASADHO dans un communiqué parvenu lundi à IRIN. Il a plus tard été expulsé, de manière arbitraire et illégale, du territoire du RCD-ML près de la ville de Kasindi à la frontière ougandaise, lisait-on. Le rapport demandait expressément au RCD-ML d'autoriser Masudi à rejoindre son organisation à Kisangani et de mettre fin au harcèlement de plus en plus fréquent des défenseurs des droits de l'homme sur le territoire occupé par les rebelles.
RWANDA: Inquiétude sur le coût des conseils de défense du TPIR
Le délégué américain Thomas Repasch a fait part vendredi de son inquiétude devant la 5ème Commission (administrative et budgétaire) de l'ONU concernant les 'dépenses énormes et croissantes des conseils de défense' du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Compte-tenu du fait que beacoup des personnes jugées étaient d'anciens hauts responsables au Rwanda, M. Repasch s'est montré surpris par leurs allégations de pauvreté - conduisant à un conseil de défense gratuit - et a demandé quels efforts étaient faits pour enquêter sur ces allégations, a indiqué un communiqué de presse de l'ONU. Le tribunal avait également été 'gêné par des problèmes d'ordre financier et de fonctions d'obtention, ' a-t-il ajouté, se demandant si des personnes compétentes avaient été recrutées pour traiter ces questions et si les règles d'obtention étaient observées. Warren Sach, un responsable de la planification et du budget du programme travaillant pour l'ONU, a indiqué que les renseignements sur l'obtention et la défense n'étaient pas aisément disponibles et qu'ils seraient communiqués aux membres de la commission lors de consultations informelles. Il a aussi souligné que les besoins linguistiques du TPIR, notamment les langues locales qui n'étaient pas des langues de travail officielles au sein de l'ONU, avaient posé des difficultés - surtout dans les cas o=F9 la traduction urgente de larges documents avait entraîné des problèmes de calendrier. Pour la question du personnel, M. Sach a expliqué qu'un poste de procureur adjoint devait se libérer fin mai et que des candidats potentiels étaient actuellement passés en revue pour un poste administratif à responsabilité.
RWANDA: Baligishema ne pouvait pas s'opposer au génocide
Parallèlement, le conseil de défense d'Ignace Baligishema, qui a plaidé non coupable aux accusations de génocide, complicité de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, a expliqué au TPIR qu'il n'avait pas les moyens de contrecarrer la violence génocide qui s'était emparée de la préfecture de Kibuye entre avril et juillet 1994. M. Bagilishema, ancien maire de Mabanza - et non Mabanda, comme l'a mentionné lundi par erreur IRIN - a fait venir des témoins qui ont déclaré que les attaques avaient été menées par des habitants du nord, des 'Abagika', issus d'autres communes, et qu'il avait demandé des renforts militaires qui n'étaient pas arrivés. 'La guerre [contre les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais] et l'introduction d'une politique multipartite ont apporté le désordre, qui s'est ensuite répandu... Je ne vois pas comment le maire aurait pu résister à de nombreuses bandes d'hommes armés et à l'ampleur de la violence. Il n'avait pas les moyens de le faire,' selon les propos du sociologue français François Clément, cités par l'agence d'information indépendante Hirondelle. Le psychiatre Al Housseynou Dia a confirmé pour la défense que M. Baligishema était 'un homme de bonne moralité' peu susceptible d'avoir encouragé les Hutus à tuer les Tutsis, rapportait Hirondelle.
BURUNDI: Mandela rencontre les leaders de la société civile
Une vingtaine de représentants des groupes de la société civile du Burundi se sont rendus en Afrique du Sud pour des consultations avec le médiateur du processus de paix d'Arusha pour le Burundi, Nelson Mandela, rapportaient lundi les organes de presse. La délégation, qui est partie dimanche, était composée de représentants d'organisations de la jeunesse, de groupes religieux, de la chambre de commerce et d'associations de femmes, rapportait la radio burundaise. Les participants étaient censés former des groupes de travail lundi matin mais 'des problèmes d'organisation' ont émergé 'lorsque certains membres d'un groupe anti-génocide, Amasekanya, ont refusé de s'asseoir à la même table que ceux qu'ils ont qualifiés d'auteurs de génocide,' a communiqué l'agence Net Press. Elle a précisé que le président d'Amasekanya, Diomède Rutamucero, a quitté la salle de réunion lundi, après avoir signé une déclaration qu'il a lue aux participants. Il s'excusait auprès des organisateurs du fait que son association ne pouvait 'ni initier un dialogue ni tenir des discussions avec les auteurs de génocide qui se trouvaient dans la salle'. Les représentants de la société civile devaient rentrer au Burundi le 2 juin, ajoutait Net Press.
BURUNDI: Les pourparlers d'Arusha sur la sécurité avancent
Dans un même temps, la 'Commission Trois' du processus de paix du Burundi 'faisait des progrès' dans le cadre des pourparlers se déroulant à Arusha, a déclaré lundi à IRIN le responsable de l'équipe de médiation, Mark Bomani. La Commission Trois, chargée d'examiner les questions de paix et de sécurité, est 'en train de conclure des discussions portant sur la démobilisation, la réorganisation de l'armée, de la police et sur d'autres sujets', a précisé M. Bomani. 'Nous nous sommes mis d'accord sur plusieurs points et je dois dire que nous avons bien avancé,' a-t-il ajouté. La réunion devrait prendre fin ce week-end. Contrairement à des rapports de presse selon lesquels les représentants des Forces nationales de libération (FNL) et des Forces pour la défense de la démocratie (FDD) avaient 'décliné' l'envoi d'émissaires à la réunion en cours, M. Bomani a expliqué qu'ils n'étaient pas attendus à cette première série de discussions. Le ministre burundais de la justice, Therence Sinunguruza, a également indiqué qu'il n'était pas prévu que les deux groupes prennent part à ces négociations. 'Ils ont demandé aux médiateurs d'organiser une autre réunion en juillet afin de leur donner le temps d'assimiler ce qui avait été discuté auparavant,' a-t-il ajouté.
OUGANDA: Museveni dément 'le pillage des ressources congolaises'
Le président Yoweri Museveni, s'adressant au parlement ougandais lors d'une session extraordinaire consacrée à la présence du pays en RDC, a déclaré qu'il n'y avait rien de vrai dans les rumeurs selon lesquelles la présence de l'Ouganda au Congo était 'd'une façon ou d'une autre associée au pillage des ressources congolaises.' Les véritables richesses de la RDC étaient son réseau de transport fluvial, son agriculture et son potentiel commercial, avec une population de 50 millions d'habitants, a-t-il commenté. 'En fait, si l'Ouganda a un réel intérêt économique pour le Congo, c'est pour son marché. Vendre ce que nous produisons, voilà ce qui serait le véritable intérêt de l'Ouganda, tout le reste c'est des bêtises... Les UPDF ont des ordres très stricts comme quoi ils ne peuvent entreprendre des activités économiques sur le territoire du Congo,' a expliqué M. Museveni à l'assemblée. L'Ouganda avait aussi salué la proposition de l'ONU visant à établir une commission d'experts pour enquêter sur toute exploitation illégale des ressources naturelles du Congo, a-t-il ajouté. A Kisangani, le principal intérêt de l'Ouganda était l'aspect politique et non pas l'extraction de l'or, avec pour cheval de bataille la tenue d'élections - à Kisangani et en Province Orientale de façon plus générale - pour que les Congolais puissent élire leurs propres leaders et établir la démocratie, a conclu M. Museveni.
OUGANDA: L'armée pilonne une cachette des ADF
Un groupe de 40 rebelles des ADF (Allied Democratic Forces) qui avaient pénétré dans le district de Hoima au cours du week-end étaient maintenant piégés et subissaient le pilonnage intensif des UPDF (Uganda People's Defence Forces) dans la forêt de Muzizi, rapportait mardi le journal semi-officiel 'New Vision'. Les rebelles étaient venus du district de Kibale en passant par la forêt de Bugoma, après être venus de Beni dans l'est de la RDC, lisait-on. Le groupe rebelle avait pillé les récoltes de la population pour s'approvisionner en vivres et avait enlevé des individus pour s'en servir comme guides avant de les relâcher plus tard, selon les propos du commissaire du district de Hoima, Simon Mulongo, recueillis par le quotidien. Le pilonnage intensif des cachettes présumées des ADF à Muzizi avait continué lundi pour le quatrième jour consécutif, selon les propos du major Phineas Katirima, porte-parole des UPDF, cités par le journal.
Nairobi, le 30 mai 2000
[FIN]
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