Affrontements entre jeunes du parti au pouvoir et de l'opposition

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from Agence France-Presse
Published on 07 Oct 2013

10/07/2013 11:52 GMT

BUJUMBURA, 7 octobre 2013 (AFP) - Des affrontements entre jeunes du parti au pouvoir et d'un parti d'opposition ont fait cinq blessés graves et des dizaines de blessés légers dimanche près de Bujumbura, ont indiqué des sources concordantes lundi à l'AFP.

"Des jeunes du parti MSD d'Alexis Sinduhije (l'un des principaux opposants burundais) faisant leur sport dominical se sont heurtés à un autre groupe des Imbonerakure (ligue des jeunes du parti au pouvoir) hier matin à Gihanga", a raconté Léopold Ndayisaba, administrateur de cette commune située à une vingtaine de km au nord de la capitale burundaise.

"Trois jeunes issus du parti (au pouvoir) Cndd-FDD et deux du MSD ont été blessés sérieusement et ont été admis à l'hôpital", a-t-il poursuivi, affirmant que les "blessés légers se (comptaient) par dizaines".

Selon des sources concordantes, les jeunes du MSD étaient une soixantaine et ceux du parti au pouvoir plus de 150. Tous en tenue de sport, ils faisaient une course à pied en entonnant des chants à la gloire de leurs formations politiques.

D'après le responsable local, membre du Cndd-FDD, "les deux groupes se sont affrontés violemment après une provocation des MSD".

"Un jeune du MSD qui a blessé quelqu'un devant les policiers a été arrêté ce matin en possession de chanvre, et il y a aussi des mandats d'arrêt dirigés contre d'autres jeunes responsables de ces violences", a-t-il dit.

Selon des sources policières à Gihanga, 12 mandats d'arrêts ont été émis, essentiellement contre des jeunes du MSD.

"Nous réfutons ces accusations, ce sont les jeunes Imbonerakure qui ont attaqué les premiers, et les autres n'ont fait que se défendre", a réagi Donatien Kwizera, président du Mouvement des jeunes solidaires du MSD, accusant "l'administrateur et la police" de "rouler pour le parti au pouvoir".

"Au moins deux membres de notre mouvement de jeunesse ont déjà été arrêtés et nous savons que d'autres arrestations vont suivre", a-t-il poursuivi, dénonçant "un coup monté par le parti au pouvoir".

Au Burundi, l'opposition, la société civile et la communauté internationale ont fait part de leur inquiétude face aux agissements des Imbonerakure, accusés de se comporter de plus en plus comme une milice au service du pouvoir, sous l'oeil complice de l'administration et de la police.

Les heurts entre groupes de jeunes rivaux se sont multipliés depuis un mois, après un appel "à la résistance" lancé par Alexis Sinduhije. Des incidents sont rapportés presque chaque jour par les radios privées, alors que les esprits commencent à s'échauffer à l'approche des élections générales de 2015.

esd/aud/jlb

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