La crise alimentaire et nutritionnelle du Sahel : L’urgence d’appuyer la résilience des populations vulnérables - version 2
Cadre stratégique de réponse régionale
Burkina Faso, Gambie, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, et Sénégal
RÉSUMÉ
À la suite de l’alerte lancée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) en octobre-novembre 2011 face à la crise alimentaire et nutritionnelle au Sahel, la FAO, en appui aux gouvernements nationaux et en collaboration avec les agences humanitaires actives en Afrique de l’Ouest et au Sahel, a préparé un cadre stratégique de réponse intitulé « La crise alimentaire et nutritionnelle au Sahel : l’urgence d’appuyer la résilience des populations vulnérables». Ce programme inclut une composante régionale et des interventions nationales au Burkina Faso, en Gambie, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Tchad, et au Sénégal.
Pour protéger efficacement les moyens d’existence menacés des populations et améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle, il est primordial de réduire les impacts négatifs de la crise sur la production alimentaire et sur les circuits de commercialisation et d’établir les conditions favorisant la réhabilitation et la restauration de l’autonomie. Parallèlement, il est essentiel de préserver la disponibilité, l’accès et la consommation de denrées de qualité, tout en renforçant la résilience des communautés, des individus et en particulier des femmes qui jouent un rôle fondamental à tous les niveaux des systèmes alimentaires.
L´objectif global du programme que la FAO se propose de mettre en œuvre vise à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables du Sahel.
Son objectif spécifique est de protéger et de renforcer la résilience des moyens d’existence des agriculteurs, éleveurs, agro-pasteurs, agro-sylvo-pasteurs et autres groupes vulnérables face à la crise de 2012. Les cinq résultats attendus du cadre stratégique de programme de réponse sont:
Résultat 1- Appuyer la résilience : la résilience des populations vulnérables est protégée et
améliorée.
Résultat 2- Gouverner les risques et les crises: les capacités institutionnelles nationales et
régionales de coordination et de gestion des crises et de réduction des risques d’insécurité
alimentaire et nutritionnelle sont renforcées.
Résultat 3- Observer pour préserver : l’évaluation des besoins, le suivi et les systèmes
d’alerte précoces (SAP) aux niveaux local, national et régional sont renforcés de façon
concertée et intégrée.
Résultat 4- Se préparer à la réponse : les plans de contingence et les capacités de
préparation aux crises/catastrophes sont renforcés aux niveaux régional, national et local.
Résultat 5- Informer et communiquer pour savoir : la gestion des connaissances et la
dissémination des bonnes pratiques de réduction des risques et de renforcement de la
résilience sont appuyée à tous les niveaux.
Les trois thèmes transversaux suivants appuient la réalisation des cinq résultats stratégiques :
le rôle central du développement des capacités ;
les partenariats et alliances stratégiques ;
l’importance cruciale de l’égalité du genre.
Sur la base des programmes d’urgence, de réhabilitation et de développement mis en œuvre ces dernières années et des expériences acquises, les interventions proposées sont conçues de façon à répondre aux besoins immédiats pour l’année en cours, (première phase du programme, objet du présent document) en apportant une assistance urgente aux populations vulnérables ciblées afin d’:
améliorer la disponibilité alimentaire en période sèche ;
assurer la protection des moyens d’existence des agriculteurs, pasteurs, agro-pasteurs et
autres groupes vulnérables afin d’éviter les ventes excessives de biens et des mécanismes
d’adaptation négatifs, en particulier la perte du cheptel des pasteurs les plus à risque ;
atténuer l’effet de la hausse des prix des céréales sur l’approvisionnement des populations
les plus pauvres.
Les interventions proposées selon les cinq axes de résultats sont des mesures proactives qui contribueront à réduire l’impact de la crise liée en partie à la sécheresse et qui sont plus efficaces et moins coûteuses que des mesures de réponse seules. Les périodes de pré-soudure et de soudure de mars-avril à septembre selon la zone considérée, sont critiques pour l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Il faut intervenir dès maintenant si l’on veut réussir à protéger les moyens d’existence des plus vulnérables et éviter l’escalade de la situation qui pourrait conduire à la famine. Le Programme de réponse visera dans une deuxième phase (en cours d’élaboration) et de façon continue, les besoins de redressement pour 2013 et, ensuite, les besoins à plus long terme en 2014 et 2015. Le programme sera ajusté le cas échéant afin de tenir compte de l’évolution de la situation agricole et alimentaire et de garantir la cohérence entre les interventions d’urgence, de réhabilitation et de développement ainsi que les investissements qui y sont relatifs.
Les cinq axes de résultats proposés seront maintenus dans les phases d’urgence, de redressement/réhabilitation et de développement afin d’assurer la continuité et la complémentarité des interventions en faveur de la résilience des personnes vulnérables et des institutions au niveau local, national et régional du Sahel. En cas de nouvelle crise, ce même cadre de cinq résultats stratégiques restera valable et la programmation future sera simplifiée car construite sur des piliers existants qui favorisent la coordination des actions et la structuration des activités et de la communication dans un même cycle « avant, pendant et après » de crises chroniques. Cette approche est fondée sur le principe qu’il est indispensable de prévoir, de mitiger et de se préparer à répondre aux crises et sur la nécessité de s’orienter vers une approche de gestion et réduction des risques de façon planifiée, flexible et adaptable, plutôt que sur les efforts et coûts de gestion de crise, quand il est souvent déjà trop tard.
Avec le concours de ses partenaires financiers, la FAO se prépare à atteindre plus de 60 pour cent des personnes en insécurité alimentaire et nutritionnelle en Mauritanie, et au Niger. La FAO vise plus de 40 pour cent des personnes affectées au Burkina Faso, Sénégal, et en Gambie. Au Mali et au Tchad la FAO vise plus de 10 pour cent des personnes affectées.
La FAO a estimé les besoins financiers immédiats pour protéger la résilience des agriculteurs, des pasteurs, des agro-pasteurs, des agro-sylvo-pasteurs et autres groupes marginaux, en 2012 à près de 80 million d’USD afin d’assister environ 6, 2 millions de personnes dans la région du Sahel 1 , soit près de 39 pour cent des 16 millions 2 de personnes estimées en insécurité alimentaires et nutritionnelle.
Les besoins estimés pour les interventions menées par la FAO pour l’appui d’urgence à la résilience représentent seulement 15 pour cent du montant total de la stratégie de réponse IASC pour la sécurité alimentaire, et seulement 10 pour cent des 723 millions estimés pour la sécurité alimentaire et la nutrition. A ce jour, seuls 21 pour cent des besoins financiers de la FAO sont financés. Les interventions immédiates proposées par la FAO offrent une garantie de viabilité car elles appuient de manière directe les moyens d’existence des personnes vulnérables afin de contribuer à leur autonomie et dignité de vie. Les détails de ces activités immédiates planifiées actuellement pour 2012, sont présentés dans le programme qui suit et dans les fiches région et pays.













