Burkina Faso : Rapport trimestriel de coordination humanitaire -1er trimestre 2014

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 31 Mar 2014

Ce rapport présente la situation humanitaire des mois de Janvier, février et mars 2014. Il a été produit sur la base des informations collectées auprès des partenaires humanitaires.

I. Bref aperçu de la situation humanitaire

Sur le plan sociopolitique, la classe politique reste toujours divisée sur les perspectives électorales de 2015 surtout en ce qui concerne l’éventuelle révision de la constitution et la mise en place du Sénat. Les partis de la majorité et ceux de l’opposition continuent de sensibiliser leurs militants afin de rallier le maximum de personnes à leurs positions respectives. La tension politique actuelle reste verbale ; cependant si elle devait évoluer en manifestations violentes, celles-ci pourraient avoir un impact négatif sur la situation et l’action humanitaire.

Sur le plan de la cohabitation entre les populations, le trimestre a été marqué par un conflit survenu le 21 janvier 2014 entre agriculteurs et éleveurs dans le village de Tendangou dans la province de la Kompienga. Ce conflit a occasionné un mort, quatre blessés, 430 personnes déplacées et de nombreux dégâts matériels. Pour restaurer la quiétude et soutenir les populations affectées, le gouvernement burkinabè a dépêché sur les lieux, la ministre des Droits Humains et de la Promotion Civique. Le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) soutenu par ses partenaires a fourni aux populations affectées une assistance en vivres et non vivres. La Croix Rouge Burkinabè a également apporté aux victimes une assistance composée de vivres et de non vivres.

Concernant la crise des réfugiés, selon l’UNHCR et la CONAREF1 , l’opération d’enrôlement biométrique dont les résultats ont été publiés en mars 2014, a permis d’enregistrer trente-quatre mille quatre-vingt-cinq (34.085) réfugiés contre 49.975 personnes enregistrées lors de l’opération de niveau II menée en 2012. La majorité des réfugiés sont sur les sites de Mentao (12.300 réfugiés), Goudoubo (9.973 réfugiés), Sagnioniogo (1.911 réfugiés) et Bobo-Dioulasso (1.154) et 25% de réfugiés installés dans les zones hors camps (Inabao, Tin-Hedja, Dibissi, Déou, etc.), dans la province de l’Oudalan.

Quant à la gestion de la crise nutritionnelle, selon la dernière enquête nutritionnelle nationale réalisée du 28 août au 26 septembre 2013, la prévalence de la malnutrition aigüe est de 8.2 % de MAG2 dont 1.7% de MAS3 . Sur la base de ces chiffres et des corrections effectuées en tenant compte des orientations internationales, ce sont au moins 430.000 enfants malnutris dont 115.000 de forme sévère et 315.000 enfants malnutris modérés qui devraient bénéficier d’une prise en charge en 2014. Au niveau des camps de réfugiés il ressort que certains enfants sont à risque de malnutrition aigüe. En effet, les prévalences MAG et MAS sont respectivement égales à 5.5% et 2.1% à Mentao, 10.6% et 1.0% à Goudebou contre 3.4% et 0.8% à Sag-nioniogo.

Sur le plan de la sécurité alimentaire, les résultats de l’atelier du Cadre Harmonisé tenu en mars montre qu’actuellement 19 provinces sont sous pression, soit une population vulnérable estimée à 3.278.949 (18% de la population totale du Burkina Faso) nécessitant la mise en place d’actions de résilience pour protéger les moyens d’existence. Par ailleurs, les résultats définitifs de la campagne agricole 2013-2014 donnent les chiffres suivants :

  • production céréalière nationale définitive: 4.869.723 tonnes, en légère baisse de 0,6% par rapport à la campagne écoulée, mais en hausse de 15,3% par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes.

  • taux de couverture des besoins céréaliers par province :

    • 10 provinces déficitaires (TCBC4 <90%),
    • 15 provinces en situation d’équilibre (TCBC compris entre (90 et 120%),
    • 20 provinces excédentaires (TCBC>120%).

Enfin, au cours de ce premier trimestre 2014, le Ministre de l’Action Sociale et de Solidarité Nationale, en collaboration avec le Coordonnateur humanitaire du Burkina Faso, a procédé au lancement du plan de réponse stratégique 2014-2016, en présence du Coordonnateur Humanitaire Régional pour le Sahel. Au total, vingt et une organisations ont soumis 56 projets dans ce plan de réponse stratégique d’un coût total de 109 millions de dollars afin de soulager les personnes affectées par l’insécurité alimentaire, la malnutrition et la crise malienne.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

To learn more about OCHA's activities, please visit http://unocha.org/.