Burkina Faso : Aperçu des Besoins humanitaires 2016 (novembre 2015)

Besoins humanitaires et chiffres clé

La situation humanitaire se caractérise par l’insécurité alimentaire qui affecte 660 000 personnes en besoin d’assistance humanitaire1. 510 000 enfants continuent de souffrir de malnutrition aiguë, dont 152 000 sous sa forme sévère. La situation humanitaire est aussi caractérisée par la présence de 34 000 réfugiés maliens dont la majorité (32 000) sont dans la région du Sahel.

  1. 742 000 personnes ont besoin d’un appui nutritionnel, dont 510 000 enfants et 232 000 femmes enceintes et allaitantes. Parmi les enfants, 152 000 souffrent de malnutrition aiguë sévère. Malgré la tendance à la baisse des taux de malnutrition aiguë globale chez les enfants de moins de 5 ans2 la malnutrition reste un enjeu majeur de santé publique.

  2. 660 000 personnes, dont 32 000 réfugiés, ont besoin d’un appui alimentaire. Environ 174 000 personnes personnes sont en insécurité alimentaire sévère (IPC3) et ont besoin d’assistance humanitaire urgente. 151 000 de ces personnes se trouvent dans les régions du Sahel, de l’Est, du Centre-Nord et du Plateau Central.

  3. 34 0003 réfugiés maliens résident pour la plupart dans la région du Sahel. Ils restent dépendants de l’assistance humanitaire multisectorielle portant entre autres sur : la protection, l’éducation, la santé, l’eau et assainissement et les activités relatives aux violences basées sur le genre (VBG).

Impact de la crise

*Au cœur de la bande sahélienne, le Burkina Faso fait partie des 10 pays les plus pauvres du monde. Sa population croît à un rythme annuel moyen de 3% et est estimée à 18,5 millions d’habitants4. Environ 80% de cette population dépend essentiellement de l’agriculture de subsistance5 et est donc vulnérable aux aléas climatiques tels que la sécheresse ou les inondations. Ceci la rend la population vulnérable aux chocs qui peuvent éroder leur subsistance fragile et les exposer à des crises humanitaires. *.

En raison de l’instabilité consécutive aux évènements qui se sont succédé depuis le changement du régime en novembre 2014, le Burkina Faso reste politiquement fragile. Le coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015 aura été l’apothéose d’une situation tendue tout au long de l’année.

Suite à la sécheresse de 2011 et à la mauvaise campagne agricole de 2011 - 2012, environ 2,8 millions de burkinabés ont souffert d’insécurité alimentaire (IPC2 et IPC3) en 2012. Sur la période 2012-2015, un ménage agricole sur deux (45%)6 n’a pas été en mesure de couvrir ses besoins céréaliers avec sa seule production et un ménage sur trois est à risque de tomber dans la précarité céréalière. Grâce aux interventions du gouvernement et de la communauté humanitaire, et suite à des campagnes agricoles favorables, le nombre de personnes dans le besoin a progressivement diminué, passant de 1,3 million en 2014 à 940 000 en 20157 . Il y aurait 660 000 personnes dans le besoin (IPC2 et IPC3) réparties dans neuf des treize régions du pays, dont 34 000 réfugiés et 13 000 personnes affectées par les inondations8 . 174 000 personnes (en IPC3) - soit à-peu-près 1% de la population du pays, ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence, contre 265 000 en 2015. En outre, 32 000 réfugiés maliens et leurs hôtes auront besoin d’un appui alimentaire et d’un appui en intrants zootechniques et vétérinaires.

Les mauvaises pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la persistance de maladies infectieuses et parasitaires, le manque d’eau potable, l’insuffisance d’hygiène, d’assainissement, l’insalubrité des aliments sont les principaux facteurs favorisant la survenue de la malnutrition.
L’impact de la malnutrition est multiforme avec des conséquences néfastes et immédiates, telles que la réduction de la capacité de l’organisme des enfants affectés à résister aux maladies et de leurs capacités cognitives et productives sur le long terme.

Au Burkina Faso, 45% des décès d’enfants de moins de 5 ans sont liés à la malnutrition. L’analphabétisme, le faible niveau d’éducation des mères, la précarité des soins apportés aux enfants et le faible accès aux services sociaux de base ont un impact négatif sur la malnutrition et sur des secteurs tels que la santé (surcharge en termes de consultation), l’éducation (hausse des redoublements et absentéisme), l’agriculture (baisse de la productivité des populations). La lutte contre la malnutrition aiguë est donc une priorité, car elle est le reflet direct d’une détérioration rapide de l’alimentation et de l’environnement sanitaire.

Sur les 510 000 enfants affectés par la malnutrition aiguë globale, 43% se trouvent dans quatre régions hautement prioritaires (Nord, Est, Sahel et Hauts Bassins) et 21% dans deux régions moyennement prioritaires (Boucle du Mouhoun et Centre). Ces six régions à elles seules concentrent 64% des enfants en besoin d’assistance.

Quelle que soit la forme de la malnutrition les garçons sont plus touchés que les filles (57% contre 43%). De plus, 232 000 femmes enceintes et allaitantes souffrent de déficience énergétique chronique (IMC<18,5 kg/m²), dont 59% dans les six régions prioritaires précédemment mentionnées. Ce mauvais état nutritionnel des femmes augmente les risques de mortalité maternelle avec un impact défavorable sur leurs enfants en termes de morbidité et mortalité. Le nombre total des personnes en besoin d’un appui nutritionnel est ainsi de 742 000.

En matière de protection 181 000 personnes, y compris des femmes et des enfants, ont besoin d’assistance en matière de protection. La priorité reste le renforcement des standards et l’opérationnalisation de la protection des 34 000 réfugiés maliens. Il s’agira de poursuivre l’enregistrement continu des réfugiés, de faciliter la délivrance des actes d’état civil et de favoriser la délivrance des cartes d’identités. Un mécanisme de prévention et de mitigation des violences basées sur le genre doit être mis en place afin de renforcer la protection des populations hôtes et réfugiées.

De surcroît, les enfants vivant dans les zones les plus vulnérables du pays, sont affectés par les crises structurelles et aigues et font l’objet de pires formes de travail. Ils sont à risque de violences ainsi que de détresse psychosociale et ont besoin de l’assistance humanitaire Environ 82 % de la population du Burkina Faso a accès à l’eau potable mais seulement 18% possède et utilise les ouvrages d’assainissement améliorés9 . Il ressort aussi des disparités énormes d’accès au service de base entre la population urbaine et rurale. 97% de la population urbaine a accès à l’eau contre 76% en milieu rural. Alors que 50% de la population des zones urbaines ont accès à un assainissement adéquat, ce pourcentage est réduit à 7% en milieu rural. Le secteur WASH (Eau, hygiène et assainissement) identifie 747 000 personnes dans le besoin dont 32 000 réfugiés et approximativement 20 000 personnes parmi les populations hôtes dans la région du Sahel.
Environ 313 000 personnes, y compris des réfugiés, dans le Sahel et le Nord ainsi que les populations hôtes qui les accueillent sont dans le besoin d’un appui sanitaire.

Parmi eux 4 000 enfants de 0-5 ans souffrant des complications de la malnutrition aiguë sévère doivent être pris en charge.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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